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A FONDS PERDUS
Autodestruction Par Ammar Belhimer [email protected]
Publié dans Le Soir d'Algérie le 23 - 12 - 2008

Peut-on r�ellement dissocier march�s financiers et �conomie r�elle, comme le sugg�re avec force la classe politique qui se trouve aujourd�hui � la t�te des Etats capitalistes avanc�s ? De toute �vidence, non. Retour aux fondamentaux : le capital est constitu� de sommes de valeurs dont l�objectif exclusif est l�auto-valorisation, l�accumulation, la reproduction avec la qu�te permanente du gain, le profit, le surplus, la plus-value.
D�o� ces passages, toujours d�actualit�, o� Marx explique que le capital en tant qu�argent cherchant � cro�tre sans fin n�a pas de limites : �Le capital, en tant qu�il repr�sente la forme g�n�rale de la richesse � l�argent �, a la tendance, effr�n�e et illimit�e, de d�passer ses propres bornes. Sinon il cesserait d��tre du capital, c�est-�-dire de l�argent qui se produit lui-m�me (1). Aussi, �le proc�s de production capitaliste appara�t seulement comme un interm�diaire in�vitable, un mal n�cessaire pour faire de l�argent (2). Dans l�ensemble, trois tendances lourdes se dessinent depuis la nuit des temps capitalistes. 1. Le fondement du capitalisme n�est pas tant la �production � que l�exploitation du travail. 2. La tendance du capitalisme � s��manciper du �r�el� tangible du proc�s de production est aussi vieille que l�essor industriel. Elle est d�crite par Marx au milieu du dix-neuvi�me si�cle : �A mesure que se d�veloppe la grande industrie, la cr�ation de la richesse r�elle d�pend moins du temps de travail et du quantum de travail employ� que de la puissance des agents mis en mouvement au cours du temps de travail, laquelle � son tour � leur puissance efficace � n�a elle-m�me aucun rapport avec le temps de travail imm�diatement d�pens� pour les produire, mais d�pend bien plut�t du niveau g�n�ral de la science et du progr�s de la technologie, autrement dit de l�application de cette science � la production. � La mani�re dont le syst�me disjoncte est �troitement associ�e � sa soif d�appropriation maximale du travail d�autrui : �Dans cette mutation, ce n�est ni le travail imm�diat effectu� par l�homme lui-m�me, ni son temps de travail, mais l�appropriation de sa propre force productive g�n�rale, sa compr�hension et sa domination de la nature, par son existence en tant que corps social, qui appara�t comme le grand pilier fondamental de la production et de la richesse. Le vol du temps de travail d�autrui, sur quoi repose la richesse actuelle, appara�t comme une base mis�rable compar�e � celle, nouvellement d�velopp�e, qui a �t� cr��e par la grande industrie elle-m�me.� C�est alors, tout naturellement, dans l�immat�riel que se r�fugie le capital : �Le d�veloppement du capital fixe (les machines) indique jusqu�� quel degr� le savoir social g�n�ral, la connaissance, est devenue force productive imm�diate, et, par suite, jusqu�� quel point les conditions du processus vital de la soci�t� sont elles-m�mes pass�es sous le contr�le du general intellect, et sont r�organis�es conform�ment � lui. Jusqu�� quel degr� les forces productives sociales sont produites, non seulement sous la forme du savoir, mais comme organes imm�diats de la pratique sociale ; du processus r�el de la vie.� (3) 3. Le syst�me capitaliste lui-m�me repose sur une parfaite abstraction : la valeur, dont l�argent est le support, de plus en plus souvent immat�riel, � l�heure de la mon�tique, des transferts et des flux financiers �lectroniques. Sans cette abstraction de la valeur, il n�y a pas de capitalisme, ni de pr�tendue ��conomie r�elle�. On retrouve ici un pr�cieux fil conducteur, une lame de fond : le d�veloppement des forces productives, et en particulier celui de la technologie, n�a jamais �t� ni le ressort, ni la finalit� de la production capitaliste. Il en a �t� un sous-produit, r�sultant de la concurrence capitaliste et par la lutte contre la tendance � la baisse du taux de profit. Rien ne saurait enfreindre la loi immuable du profit comme cat�gorie centrale de la vie sociale moderne. �Sinon, il cesserait d��tre capital : c�est-�-dire de l�argent qui se produit lui-m�me�, disait Marx. Selon la loi de la baisse tendancielle du taux de profit, �la v�ritable barri�re de la production capitaliste, c�est le capital lui-m�me (4). Le cycle sans cesse raccourci A-A� (de l�argent qui g�n�re davantage d�argent) domine. Dans ces conditions, la propri�t� du capital elle-m�me devient de plus en plus un leurre. Elle est aussi virtuelle que la bulle financi�re. Elle est aujourd�hui, et de fa�on quasi-totale, entre les mains des institutions financi�res, bancaires et autres. Ce transfert de la propri�t�, qu�on ne souligne jamais assez, aux mains des intervenants sur les march�s boursiers leur donne par ailleurs la haute main sur les d�cisions industrielles strat�giques. Propri�t� virtuelle, mais aussi absence de r�gles et de morale ? Michael Lewis, dans son portrait d�sormais classique du Wall Street des explosives ann�es 1980, d�crit comment, alors banquier d�investissement, il en �tait arriv� � �inventer des mensonges plausibles� pour rassurer des clients quelque peu nerveux. Si on lui demandait pourquoi le dollar chutait, il r�pondait : �Les Arabes ont vendu des quantit�s consid�rables d�or contre des dollars, qu�ils ont ensuite �chang�s contre des marks.� Pour le financier devenu �crivain, �la plupart du temps, personne ne sait pourquoi le march� fluctue. Celui qui peut inventer une bonne petite histoire fera un excellent courtier. Comme personne n�a jamais tr�s bien su ce que les Arabes faisaient de leur argent et pourquoi, on n�a jamais pu r�futer un bobard les impliquant �. (5) Au XIXe si�cle, les �causes qui contrecarrent la loi� (de la baisse tendancielle du taux de profit) entraient vite en jeu. Lorsqu�on relit le chapitre XIV du livre III du Capital qui leur est consacr�, trois des causes, examin�es par Marx vers 1870, pourraient trouver chaussure � leur pied dans le contexte actuel : - primo, ce qui figure dans le sous-titre �commerce ext�rieur � (et qui pourrait �voquer les pays dits �mergents, comme l�Inde ou la Chine) ne semble plus d�actualit� ; ce levier donne n�anmoins de la �r�serve� compte tenu des d�bouch�s qu�il procure; - secundo, ce qui rel�ve de la �baisse des prix des �l�ments du capital constant� �tait, jusqu�� une date r�cente, rudement mis � mal par la hausse des prix du p�trole et de nombreuses mati�res premi�res sous l�effet de leur rar�faction ; ce levier peut �galement encore donner de la marge en raison de l�actuelle baisse des cours ; - tertio, �l�augmentation du capital par actions� s�est transform�e en facteur positif pour le redressement du taux de profit. Dans l�ensemble, ces leviers agissent aujourd�hui dans le sens d�un durcissement des conditions des salari�s : �augmentation du degr� d�exploitation du travail� ; �r�duction du salaire au-dessous de sa valeur� ; �surpopulation relative�. En bout de course, il se dessine un mouvement d�autodestruction d�un syst�me qui, pour des raisons tenant � ses fondements m�mes, ne peut pas se donner de limites.
A. B.

(1) Marx, Fondements de la critique de l��conomie politique (Grundrisse), �ditions Anthropos, Paris, 1969, volume I, p. 283-84.
(2) Marx, Le Capital, �ditions Sociales, livre II, volume 1, page 54.
(3) Marx, Manuscrits de 1857-1858 ( Grundrisse), Le chapitre du capital. VII, 3, �ditions sociales, 1980, t. II, p. 192, 193, 194.
(4) Marx, Le Capital, livre III, chapitre XV.
(5) Michael Lewis, Liar�s Poker : Rising through the Wreckage on Wall Street, Norton, New York, 1990, p. 186.


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