Avril 1980 et avril 2001, deux dates charni�res pour l�Alg�rie r�publicaine. Elles sont synonymes de sacrifices de la jeunesse alg�rienne offerts au long combat pacifique pour la d�mocratie dans notre pays. Dans le sillage de ces sacrifices, la mouvance d�mocratique a certes conquis des espaces, malheureusement vite remis en cause par le r�gime au pouvoir depuis 10 ans. Cette mouvance a, par ailleurs, facilement pr�t� le flan aux critiques pour n�avoir pas su pr�server ces avanc�es d�mocratiques. Avril 2009, n�est-il pas venu le temps des �valuations et des remises en cause des fausses certitudes ? �O� sont les partis de l�opposition ? Que font-ils ? Ils ne se manifestent que pendant les campagnes �lectorales !� Combien de fois avons-nous entendu cette r�crimination sinc�re des citoyens inquiets. Manifestement, la pr�sence des partis de l�opposition sur le terrain est largement en de�� des attentes populaires et surtout des espoirs suscit�s. Toujours est-il que les couches populaires ne se font aucune illusion sur la nature du syst�me en place. �Ils sont capables de tous les exc�s pour garder leurs privil�ges �, entendons-nous tr�s souvent. La derni�re campagne �lectorale a fait appara�tre un �chantillonnage de ces d�passements. Pour le malheur du pays, les lois de la R�publique et la morale ne sont plus un probl�me pour un grand nombre d�Alg�riens pr�s du pouvoir. Pour parvenir � leurs fins � s�emparer de tout ce qu�ils peuvent prendre, ils s�affranchissent des interdits. Pour ce faire, il leur suffit de se faire identifier comme �tant list�s � proximit� du pouvoir. Une nomenklatura � la sovi�tique. D�s lors, la l�thargie de la mouvance d�mocratique exacerbe davantage la d�ception des citoyens. L�absence av�r�e ou erron�e des d�mocrates sur le terrain est � chercher en partie dans leur d�sorganisation. Combien de militants de valeur ont �t� marginalis�s ou exclus ? Hormis une minorit� insignifiante sans repr�sentativit� et qui accepte la r�mun�ration pour d�ployer de la nuisance contre l�opposition d�mocratique, la majorit� des exclus restent fid�les � leurs convictions et poursuivent la lutte en solitaire. Ils constituent un �norme potentiel � int�grer, pour peu que les directions des partis politiques se d�partissent des m�thodes ant�rieures de gestion qui ont caus� tant de d�g�ts dans leurs rangs ; refus de l��mergence des personnalit�s ou de courants de pens�es divergents mais compl�mentaires comme cela se fait ailleurs, absences de d�bats� Parce qu�ils ne r�glent les d�saccords internes que par le recours � l�urne, chaque scrutin co�te cher � ces partis politiques. Leurs dirigeants ne prennent pas le temps de recul n�cessaire pour faire un �tat des lieux de leurs instances organiques et politiques qui subissent des �rosions inqui�tantes. Il est vrai aussi que la mouvance d�mocratique est la principale cible du pouvoir en place. Elle a subi les affres de la manipulation et les pressions politiques et �conomiques. Le pouvoir fait tout pour priver cette opposition de l�acc�s aux moyens logistiques pour s�ancrer et activer dans la s�r�nit�. Ne dit-on pas que c�est dans l�adversit� que les retrouvailles sont fortes ? La situation du pays impose cette conciliation. Encore faudrait-il que les �vinc�s �vacuent leur col�re, souvent l�gitime mais bien inutile dans cette conjoncture que traverse le pays. En la mati�re, le lobbying des militants est important pour �viter des positions extr�mes et d�attaques politiques aussi bien superflues que d�vastatrices, particuli�rement lorsqu�il s�agit de personnes ou d�instances du m�me camp. Cela a �t� d�plor� par les citoyens lors de la campagne pour le boycott de la derni�re pr�sidentielle. �La lutte pacifique pour la d�mocratie est un bien collectif�, disent souvent de simples citoyens. Cr�er une dynamique des r�formes Entre prendre le pouvoir, ou du moins une partie du pouvoir, et imposer des r�formes d�mocratiques, la mouvance d�mocratique, estiment les observateurs, n�a pas, pour le moyen terme, les instruments de ses ambitions. De plus les tentatives isol�es pour int�grer le pouvoir ont �t� des exp�riences n�gatives qui ont co�t� tr�s cher, au plan de la popularit�, � leurs auteurs. L�opposition d�mocratique n�a pas, en outre, d�termin� ses priorit�s. Ce n�est pas le cas des islamistes qui en imposant, particuli�rement depuis 1999, des lois restrictives et une �conomie de bazar se sont entrouvert par la suite les portes du pouvoir. Malheureusement, ils ne sont pas pr�s de s�arr�ter � mi-chemin. Ils exigent, en effet, l�amnistie g�n�rale pour revenir en force. M�me le GSPC participe � cette offensive. Et pour cause, au moment de la proclamation des r�sultats que l�on sait, des informations s�curitaires, pass�es inaper�ues, ont n�anmoins circul�. Droukdel a effectivement choisi le moment o� le pouvoir r�glait le sort de l��lection pr�sidentielle pour faire une incursion sur la sc�ne s�curitaire. Il a d�sign� des nouveaux ��mirs� de katibat et de r�gions. C�est certainement un message destin� au pouvoir afin de lui signifier que ce mouvement insurrectionnel n�est pas fini. De m�me, la s�curit� du pays est tr�s pr�caire, notamment � ses fronti�res, cela pose probl�me d�autant plus que la situation, politique �conomique et sociale de la jeunesse n�incite plus � l�optimisme. Les frustrations n�es de ces crises et des coups de force du pouvoir sont un terreau pour la violence urbaine et du pain b�ni pour les islamistes radicaux. Seule une opposition forte et cr�dible pourra absorber cette violence et la transformer en �nergie saine. D�un autre c�t�, la tentative d�sesp�r�e de donner une assise sociale et de l�gitimer le pouvoir en place s�est finalement r�v�l�e un cuisant �chec. Le r�gime est plus que jamais isol� de la population et par cons�quent fragilis� � l�int�rieur comme � l�ext�rieur du pays. C�est une opportunit� pour les d�mocrates. On l�a vu pendant la campagne �lectorale lorsqu�ils se sont mis dans la situation de cr�er l��v�nement, le camp d�mocratique a sem� plus que le doute, mais la panique au sein des hautes sph�res du pouvoir l�obligeant ainsi � r�agir de mani�re disproportionn�e. Les d�mocrates ont donc de la marge pour man�uvrer. Les sorties m�diatique du FFS, du RCD et de quelques personnalit�s nationales sur la n�cessit� de regrouper les forces d�mocratiques n�ont pas laiss� indiff�rents grand nombre de citoyens qui esp�rent maintenant la concr�tisation de cette noble ambition. Dans l�urgence, un p�le d�mocratique constitu� aura au minimum pour t�che de d�noncer et de trouver les moyens politiques pour contrer la pr�dation que subit l�Alg�rie. Au moins sur ce point, les divergences ne seront pas importantes. Ils sont en effet tous d�accord sur les risques qui p�sent sur notre pays si des balises ne sont pas mises sur le chemin du pouvoir. Au plan populaire, ce ne sera que payant pour un ancrage plus important des r�publicains dans la soci�t�. En outre, Il est heureux de constater que les appels de ces derniers jours pour une convergence des d�mocrates sont faits dans un esprit rassembleur. Ils �vitent des positions radicales. Ils s�adressent m�me � l�aile gauche des islamistes qui ne d�cr�te pas que la d�mocratie est �kofr�, celle qui rejette la violence et accepte le principe de l�alternance pacifique au pouvoir. Ils sont nombreux ces Alg�riens dans l�administration et � la p�riph�rie du pouvoir, pour qui la d�mocratie n�est pas l�apanage uniquement des seuls partis politiques. Ils attendent probablement une mouvance rassembleuse, fiable, solidaire, qui active conjointement pour des solutions d�mocratiques aux probl�mes du pays et qui pr�conise un discours politique pond�r�. C�est pour un grand nombre de cadres une situation qui leur permet au minimum se s�affranchir des pressions du pouvoir pour ne pas devenir les complices passifs. En clair, ils souhaitent que l�opposition d�mocratique leur propose une d�marche s�curisante pour l�avenir du pays avant de la soutenir.