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LA PORT�E POLITIQUE DE LA CORRUPTION EN ALG�RIE
La d�mocratie est subvertie de l�int�rieur
Publié dans Le Soir d'Algérie le 13 - 07 - 2009

A un premier niveau d�analyse, l��mergence d�une corruption � la fois syst�mique et g�n�ralis�e peut �tre li�e � la nature n�opatrimoniale des Etats africains. Dans Le Soir d�Alg�rie du 6 juillet 2009 � et dans cette m�me rubrique, nous avions �voqu� �l��mergence d�une corruption � la fois syst�mique et g�n�ralis�e (qui) peut �tre li�e � cette nature n�opatrimoniale�. L�Alg�rie n��chappe pas � cette analyse, faisant partie du triste lot des Etats pr�dateurs et d�liquescents, o� les violences de toutes sortes y font rage, o� l��conomie est en faillite, o� s�vit une pauvret� de masse, et o� la fuite des capitaux ne cesse de prendre des proportions alarmantes.
Dans l�article d�aujourd�hui, nous avons choisi de traiter de la port�e politique de la corruption en Alg�rie. En raison de cette nature patrimoniale de l��tat, l�analyse de la corruption ne peut en Alg�rie se r�duire � une simple analyse de type �conomique. La finalit� de la corruption n�est pas seulement l�enrichissement et la survie �conomiques, elle est aussi profond�ment politique : c�est la survie politique des dirigeants qui est ici en jeu. Il faut insister sur le fait que dans un contexte structurel de raret�, le contr�le du pouvoir politique reste la cl� de l�acc�s aux ressources �conomiques. Les enjeux de la comp�tition politique ne se r�duisent donc pas seulement au simple contr�le de positions de pouvoir pour le pouvoir. Ils sont difficilement dissociables d�enjeux �conomiques plus imm�diats.
La valeur marchande du bulletin de vote
D�o� la difficult� majeure pour institutionnaliser, pacifier la comp�tition politique et donc d�mocratiser la vie politique. Les enjeux �conomiques et politiques sont en fait indissociables, car il faut des ressources �conomiques pour obtenir des ressources politiques et inversement. Dans le contexte autoritaire ayant pr�c�d� l�actuelle transition (pseudo) d�mocratique (transition qui ne cesse de se prolonger dans le temps), le pouvoir ne disposait pas de l�gitimit� intrins�que v�ritable. La seule fa�on de faire accepter son pouvoir �tait de pratiquer une redistribution de type client�liste fond�e sur le favoritisme. Le patronage politique et la distribution des pr�bendes �taient syst�matiquement pratiqu�s. Il y avait d�ailleurs une sorte d�affinit� �lective entre l�autoritarisme et la corruption. Aussi aurait-on pu esp�rer que l�av�nement du multipartisme (consacr� par la Constitution de 1989), suite aux ��v�nements� d�octobre 1988, aurait pu transformer cette situation. Cela n�a pas �t� vraiment le cas, ce n�est pas la d�mocratie qui a permis de d�patrimonialiser l�Etat, mais plut�t le patrimonialisme qui a subverti la d�mocratie. De plus, avec le multipartisme et des �lections disput�es � aucune �lection depuis 20 ans n�y a �chapp� �, le bulletin de vote a retrouv� une valeur marchande qui avait disparu sous le r�gime du parti unique et des �lections non comp�titives. Les pratiques de corruption �lectorale qu�on avait connues � la fin de la p�riode coloniale, mais qui n�avaient pas pu emp�cher la pression contre le colonialisme de s�exprimer, sont r�apparues.
Seuls les gens �riches� ont des chances d��tre �lus
Le multipartisme a introduit ainsi une nouvelle opportunit� de corruption qui a �t� imm�diatement saisie. La corruption a subverti v�ritablement les m�canismes �lectoraux en Alg�rie. Ce n�est pas seulement du fait des hommes politiques, mais aussi de celui des �lecteurs : il existe une attente de g�n�rosit� de la part des �lecteurs, � laquelle l�homme politique se doit de r�pondre, s�il veut �tre pris au s�rieux. Mais cette corruption �lectorale, pour �tre v�ritablement efficace, doit se camoufler en �change de dons et s�articuler au client�lisme. Si la corruption �lectorale s�exprime sous la forme d�un simple achat des suffrages, les �lecteurs peuvent accepter l�argent, car c�est toujours bon � prendre, mais ils ne se sentent pas n�cessairement oblig�s de voter dans le sens voulu. Quoi qu�il en soit, le co�t des campagnes �lectorales a explos� en grande partie en raison de la corruption �lectorale � laquelle s�ajoute le recours au marketing politique moderne. C�est pourquoi seuls les gens riches, ou financ�s par des amis riches, ont des chances d��tre �lus. Cela favorise �videmment les dirigeants au pouvoir par rapport � ceux de l�opposition, car ils b�n�ficient de l�acc�s direct aux ressources de l�Etat. La d�mocratie se trouve alors subvertie de l�int�rieur.
Le recours intensif � la corruption �lectorale
On pourrait penser qu�il ne s�agit que d�une maladie infantile des d�mocraties : les r�gimes d�mocratiques occidentaux, � leurs d�buts, connaissaient largement ces pratiques de corruption �lectorale, qui ont maintenant pratiquement disparu. Mais d�autres formes de corruption politique plus subtiles les ont remplac�es, alors que l�utilisation de la communication politique moderne a fait, l� aussi, exploser les d�penses �lectorales. Le recours intensif � la corruption �lectorale, s�il n�est pas efficace dans toutes les circonstances, fausse largement les m�canismes d�mocratiques dans son principe m�me, et aussi en portant atteinte � l��galit� entre les candidats et les partis. La corruption politique ne prend pas seulement la forme de la corruption �lectorale au sens d�achat des voix. Elle s��tend aussi � l�achat et � la cooptation des opposants, ce qui fausse la comp�tition. Elle s��tend de m�me � l�ensemble du financement politique. Le recours intensif � la corruption, combin� avec l�utilisation privative des moyens de coercition et d�administration de l�Etat, a permis effectivement la survie politique d�un grand nombre de dirigeants et d�hommes du pouvoir. La corruption politique, en corrompant le syst�me politique lui-m�me, emp�che les m�canismes d�mocratiques de jouer le r�le qu�on est en droit d�attendre d�eux dans la lutte contre la corruption, dans la mesure o� les m�canismes de responsabilit� jouent difficilement dans un tel contexte. Si le recours aux m�canismes d�mocratiques peut para�tre en principe comme la meilleure m�thode pour d�patrimonialiser l��tat, l�exp�rience montre que c�est souvent l�inverse qui se produit : c�est le patrimonialisme qui permet de bloquer ou de subvertir la d�mocratie.


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