Ali Fergani �tait jeudi dernier l�h�te de l�Association sportive de Bouzegu�ne (ASB), dans le cadre d�une semaine culturelle et sportive organis�e au complexe Colonel Mohand-Oulhadj, pour rendre hommage au martyr Bouda-Mohand-Sa�d. Le h�ros de Gijon, qui s�est dit heureux de se retrouver dans sa r�gion natale et de l�accueil qui lui a �t� r�serv� par la population, a anim� une conf�rence- d�bat devant une foule nombreuse, compos�e de jeunes et de moins jeunes. Parmi l�assistance, il y avait Boudi Makhlouf, un cadre sportif.
Le r�le des pouvoirs publics Satisfait du travail fait par l�ASB en direction des jeunes, Fergani fera part de sa volont� de leur venir en aide, convaincu qu�une prise en charge effective permettra � cette frange de sportifs de s�exprimer � travers les activit�s sportives pour peu que les moyens suivent. Un r�le d�volu, selon l�orateur, aux pouvoirs publics. Question sur laquelle a rebondi Boudi Makhlouf pour rappeler aux �lus locaux leurs missions dans ce domaine. Apr�s avoir fait l��tat des lieux du football alg�rien, l�h�te de Bouzegu�ne entrera dans le vif du sujet en proposant des solutions concr�tes pour faire sortir le sport-roi de la l�thargie dans laquelle l�ont plong� les aventuriers du football. Sur demande du public, les d�bats s�ouvriront sur l��pop�e de l�EN 1982 et l�historique victoire face � la RFA. Un exploit encore vivace dans les esprits et les c�urs des pr�sents qui ont tenu � ce que l�un des h�ros de cette �poque leur fasse revivre ce match fantastique. L��pop�e de 1982 Humble, l�orateur expliquera que 1982 fut une suite logique d�un travail en profondeur entam� lors des JM de 1975 puis les 8es JM de Split en 1979, la m�morable victoire face au Maroc par 5 � 1 � Casablanca et la Coupe d�Afrique des nations en 1980 au Nigeria apr�s une longue absence. Fergani expliquera que la grande force de l�EN de l��poque �tait son homog�n�it�, r�sultat d�une parfaite symbiose entre les joueurs locaux et les joueurs �migr�s vite entr�s dans le moule. Fergani fera remarquer, � cet effet, qu�un joueur comme Dahleb, qui fut une star en France, a go�t� au banc des rempla�ants devant la rude concurrence des joueurs locaux. La victoire � Lagos devant le Nigeria par 2 � 0 a valu � l�Alg�rie un grand respect en Afrique et dans le monde. Tous ces r�sultats avaient eu pour effet de remonter le moral des joueurs qui, apr�s les matchs contre le P�rou et le Real � Alger, avaient fini par se transcender au point de transformer le complexe d�inf�riorit� en complexe de sup�riorit�. Trahis par l�inexp�rience Revenant sur le match de l�Allemagne, Fergani affirme que les joueurs de l�EN ne nourrissaient pas de crainte envers la RFA mais plut�t du respect, convaincus de leur talent �Si on n�avait pas �t� trahis par l�inexp�rience, on serait all�s tr�s loin dans cette coupe�, dira-t-il. L�analyse de Fergani, qui a �voqu� le match de la honte RFA�Autriche qui a barr� la route � une qualification des Verts au second tour, sera confort�e par les excuses pr�sent�es � l�Alg�rie vingt-cinq ans apr�s par l�ex-d�fenseur allemand Hans Peter Briegel pour le comportement honteux de son �quipe face � l�Autriche que la RFA pouvait battre par 2 � 0, score qui aurait permis � l�Alg�rie de se qualifier au second tour. L�EN : une bonne �quipe qui demande � progresser Interrog� sur l�EN actuelle, l�ex-entra�neur des Verts trouve que l��quipe s�est d�compress�e apr�s le match gagn� avec panache contre l�Egypte, score confirm� contre la Zambie chez elle. Il avoue, toutefois, que le prochain match sera difficile et que le destin de l�EN est entre ses mains. L�enfant de Bouzegu�ne note aussi que l�EN a gagn� en coh�sion en 2004 en Tunisie. Cela co�ncide, selon lui, avec l�exp�rience des nationaux �voluant dans des championnats �trangers. Des joueurs totalement m�tamorphos�s par le niveau de leurs clubs. Une progression que le h�ros de Gijon conditionne toutefois par une remise en cause de notre foot, une concurrence saine entre joueurs. En plus clair, par l�instauration du professionnalisme. La FAF, les pr�sidents de club et le reste Les questionnements toucheront �galement la FAF et sa gestion fortement d�cri�e par certains intervenants qui l�accusent de bien des maux, notamment les contrats des joueurs. A ce sujet, l�orateur charge certains pr�sidents de club qu�il accuse de mauvaise foi en faisant signer sur des feuilles blanches des joueurs faisant preuve de na�vet�. Au sujet des sommes faramineuses propos�es � des joueurs au talent contest�, Fergani s�en prend � certains dirigeants qui font dans la surench�re en proposant des sommes �normes sans rapport aucun avec le niveau des joueurs. �A notre �poque, ce n��tait pas comme �a�, d�plore l�orateur qui pense que la solution se trouve dans le professionnalisme, comptant sur cela sur la Fifa. Toujours au sujet de la formation et des recrutements , le conf�rencier d�plore que des clubs comme la JSK et le MCA soient d�pourvus de centres de formation et de terrains r�pliques, trouvant anormal que ces grandes �quipes recrutent des joueurs malgr� leur statut de grands clubs cens�s faire dans la formation. Tout comme il d�plore le non-engagement des pouvoirs publics estimant que faute de bilan, l�Alg�rie a nettement est revenue en arri�re apr�s 1982. �Il faut changer les statuts des clubs�, s�insurge Fergani qui sugg�re que ces derniers soient g�r�s comme des entreprises en injectant l�argent par des actions. L�exemple des clubs formateurs L��pop�e de 1982 reviendra comme un leitmotiv durant les d�bats. Au sujet du secret de la r�ussite des joueurs de cette �poque, Fergani �voquera la favorable conjoncture dans laquelle �voluaient alors les footballeurs qui, comme lui, avaient la chance de tomber sur des clubs formateurs et de grands dirigeants et techniciens comme le NAHD, l�OMR, l�ASMO et des hommes comme Amar Boudissa qui ont favoris� l��closion de grands joueurs � l�instar du NAHD qui avait fourni � l�EN de l��poque quatre grands joueurs : Fergani, Merzekane, Guendouz et Madjer, un quatuor pilier fut de l��pop�e de 1982. Un consensus �tait trouv� � l��poque pour que les joueurs concilient football et �tudes, contrairement � aujourd�hui o� aucune chance n�est donn�e aux joueurs de s�entra�ner et d��tudier en parall�le, fera remarquer, avec beaucoup de regret, Fergani. Les efforts de la FAF Revenant sur le r�le de la FAF, l�orateur ne manquera pas de souligner la nouvelle dynamique enclench�e par cette institution sportive pour sortir le football alg�rien du marasme dans lequel il baigne. Il �num�rera certaines d�cisions prises pour encourager les jeunes joueurs durant le pr�sent championnat. A cet effet, l�ex-coach des Verts fera remarquer que seuls un joueur et demi repr�sentent les locaux dans les sorties officielles de l'actuelle EN anim�e quasi exclusivement par des joueurs �voluant dans les championnats �trangers.