Il n'a jamais réussi à soulever la Coupe d'Europe avec l'un de ses clubs, ni à faire qualifier son pays à la Coupe du monde. George Weah a quand méme pu devenir président. L'un des joueurs légendaires des années 1990 est élu chef de l'Etat du Liberia. Il était l'un des princes du parc au Paris Saint Germain. Il est, aujourd'hui, président du Liberia. A 51 ans, George Weah est devenu le premier grand footballeur élu chef d'Etat. Star du ballon rond dans les années 80 et 90, il a su s'imposer dans la vie politique libérienne. George Weah, ancienne idole du Paris Saint-Germain, a été élu le 28 décembre président de la République du Liberia avec 61,5% des suffrages, lors du second tour du scrutin. Sénateur depuis 2014, George Weah briguait pour la deuxième fois ce poste. Son parti, le Congrès pour le changement démocratique (CDC), avait été créé par ses soutiens en vue de l'élection présidentielle de 2005. Il avait alors perdu au second tour, contre celle qui allait administrer le pays jusqu'à sa défaite de 2017, Ellen Johnson Sirleaf. Lors des élections de 2011, George Weah avait été désigné pour devenir vice-président de Winston Tubman, en cas de triomphe de celui-ci à la présidentielle. Là encore, le prix Nobel de la paix Ellen Johnson Sirleaf remportait les suffrages. Désormais président, George Weah aura notamment pour tâche de réduire les inégalités, dans un pays où 64% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté. Avant ce parcours politique, George Weah avait une notoriété en Afrique et en Europe, et particulièrement en France, pour son parcours sportif. Footballeur professionnel, il s'est d'abord fait connaître à Monaco à la fin des années 80 où il est devenu, au bout de quatre saisons, l'un des attaquants fétiches de son entraîneur de l'époque… Arsène Wenger. Le Paris Saint-Germain (PSG) le recrute en 1992 pour en faire son buteur. Au bout de trois saisons, le Libérien devient l'un des princes du Parc. En effet, l'épopée du PSG en Ligue des champions entre 1994 et 1995 fait de George Weah l'un des plus grands attaquants exerçant sur le continent européen. Il signe en 1995 avec le prestigieux club italien du Milan AC, jouant aux côtés d'autres stars comme Roberto Baggio ou Paolo Maldini. Cette même année, il obtient le fameux Ballon d'or, qui récompensait jusqu'alors les meilleurs joueurs européens, mais qui a été ouvert aux joueurs du monde entier à partir de 1995. Depuis, aucun Africain n'a réussi à décrocher le prestigieux prix. Après son départ du club italien en 1999 et 58 buts en 149 matches, «Mister George», 32 ans, part pour Chelsea. Le début de la fin pour la carrière sportive de George Weah. Son élection à la présidence du Liberia lui a logiquement valu des compliments de la part d'autres sportifs, tels que l'attaquant ivoirien Didier Drogba ou son ex-coéquipier David Ginola, qui lui ont tous deux adressé leurs félicitations. Alors que le Liberia a été ravagé par une guerre civile qui a duré quatorze ans (1989-2003), la population souffre de la pauvreté, du chômage et du manque d'accès aux services de base. Les habitants espèrent que George Weah parviendra à relancer l'économie libérienne et qu'il luttera contre la corruption, endémique. Pour les plus pauvres, «Mister George» incarne la réussite d'un des leurs et serait à l'abri de la corruption en raison de la fortune qu'il a amassée pendant sa carrière de footballeur. Critiqué pour son manque d'expérience, il s'est doté d'un mastère en gestion en 2011, écrit la presse. George Weah a promis, pendant sa campagne, de lutter contre la corruption. Mais son programme reste flou, selon ses détracteurs, qui lui reprochent de ne pas avoir un plan d'action assez solide pour lutter contre ces maux. En tant qu'enfant des bidonvilles, membre de la communauté kru, George Weah joue de son statut de fils du peuple : c'est peut-être cela son principal programme. Des milliers de libériens ont explosé de joie après le triomphe de George Weah.