Le moral est à zéro. Qu'importe la raison, et ça fait cliché que d'en pleurnicher aux yeux de ceux qui vivent dans des nids douillets. Aussi, et aussi sûr que la médecine du travail est la preuve de la maladie du travail, contre mauvaise fortune, y a bon cœur… Pourtant, y a une raison de plus d'être mal à l'aise, d'autant que l'esprit vagabond fait des bonds sur la braise. La braise qui taraude l'esprit depuis jeudi dernier, journée «accordée» par les instances internationales aux droits des femmes. Oui, elle turlupine, cette journée taquine. Différemment vécue de par le monde, elle aura convoqué tous les lieux communs, un brin ringards. Des pays nantis aux contrées encore tapies à l'ombre du culte de la virilité (...), la titraille des journaux, télés ou radios aura tourné autour des «Femmes à la croisée des chemins», «Féminin, le songe et mensonge», ou encore «La femme entre mythes et réalités». Des titres déjà vus, lus et entendus depuis belle lurette... En fait, la femme devrait se passer de titres. Elle n'a d'ailleurs pas besoin de titre, car elle est le sujet sans jamais en être l'objet ! Aussi, revenons à l'essentiel sous le ciel de notre Algérie. Cette année, nos chers rayons de soleil ont chassé le gris du cie, et nul besoin d'une littérature de supérette pour les considérer, les chérir et les respecter à leur juste valeur. Ceci dit, nos compagnes de vie, amies, consœurs, sœurs, fiancées, épouses, mères etc. ne sont pas dupes. Elles savent que mars est le mois des fous, comme le dit si bien le dicton. C'est aussi le mois des hypocrisies et du printemps naissant. Pas du printemps arabe qui aura avorté, comme on le sait, d'un fœtus hideux en Tunisie, Libye ou Egypte. Non, c'est d'un printemps aux boutons de rose dont on parle ici. Femme mère, créatrice de vie sur terre. Femme dirigeante, intuitive et compétente. Femme enfant que l'on protège et l'on défend. Femmes enfermées, battues, voilées ou niées au nom d'un obscurantisme borné. Bref, elles sont toutes en nous, ces êtres chers à part entière. Pour le meilleur et pour le pire, elles agrémentent, pimentent ou meublent notre quotidien, sans jamais nous être indifférentes. Certes, l'homme et la femme ont des spécificités différentes, n'en déplaise à certains (...). Et pour cause, les femmes viendraient de Vénus, la planète de la déesse de l'amour et l'homme descendrait de Mars, planète synonyme de guerre. L'une ne pense, originellement donc, qu'à son aspect extérieur, qu'aux fleurs, qu'à être belle, et l'autre, celui qui vient de Mars, ne pense qu'à guerroyer, qu'à commander et s'imposer de manière souvent irrationnelle. Mais bon, ça, tout le monde le sait. Enfin, normalement. Par contre, pourquoi avoir casé la journée de la femme pile-poil en mars, mois des fous ? La légende, la légende seulement, veut que l'origine du 8 mars remonte à une manifestation d'ouvrières américaines du textile en 1857. Autant dire qu'en 1977, la reconnaissance par l'ONU de la Journée internationale des droits des femmes n'a été que suivisme légendaire et compagnie. Chez nous, pays de toutes les dérisions en termes d'équité, on peut dire que l'Algérienne ose presque tout, au diapason de l'homme. Comme lui, elle peut être harraga, gréviste, tranbendiste, émeutière ou raseuse de murs. Elle peut également resquiller, chaparder et même dire des grossièretés sur les réseaux sociaux. Bref, l'intégrale de l'homme qui doit se mettre dans la caboche que, plus sérieusement, l'Algérienne est également au boulot, cheffe d'entreprise, ministre, wali, responsable politique et tout cela sans manquer de servir la «chorba» à des bandes de machos ! Aussi, et même si le moral est en berne, reconnaissons et respectons ces rayons de soleil au-delà d'un 8 mars estampillé ONU…