La ligue des luttes associées de la wilaya de Bouira n'a plus d'argent pour assurer les multiples dépenses de ses sélections. Dans une requête qui a été adressée à la direction de la jeunesse et des sports (DJS) de la wilaya en début du mois en cours, Rabah Galou, président de ligue, fait appel aux autorités locales pour venir en aide financièrement aux clubs de luttes associées qui s'apprêtent à participer dans plusieurs compétitions prévues pour cette année. «Devant la crise financière sans précédent que vivent notre ligue et les clubs affiliés ainsi que les dettes acculées de l'année 2017, il nous est impossible de continuer d'assumer le reste des dépenses durant les prochaines compétitions, si aucune solution n'est trouvée. Nous tenons à vous informer que les frais des participations aux compétitions nationales de l'année en cours, nous les avons assurées avec nos moyens financiers personnels», lit-on dans la requête de la ligue des luttes associées. Ainsi, il faut souligner que la subvention que la ligue tant attendue pour l'année 2017 ne leur a pas été versée parce que la ligue en question n'a pas pu déposer le dossier dans les délais réglementaires, selon M. Galou. La crise financière que traversent les clubs de lutte qui sont affiliés à la ligue de Bouira risque de compromettre l'avenir de cette discipline dans la wilaya. Il faut souligner qu'un club qui participe à une compétition de quatre à cinq jours doit disposer des frais de transport, de restauration et d'hébergement. Ce que la ligue ne peut pas fournir en l'absence de subventions publiques conséquentes et de sponsoring. Pour ce qui est de la subvention du fonds de wilaya, elle est entre 10 à 20 millions de centimes, d'après M. Galou. Pour faire face à cette situation, le président de la ligue affirme qu'il couvre les dépenses par son propre argent. «La subvention du fonds de wilaya ne couvre même pas un quart des dépenses. La discipline demande des équipements spécifiques très chers et qu'on ne trouve pas facilement sur le marché national. Depuis plus de quatre années, nous n'avons acheté aucun maillot. Les dettes de l'année précédentes sont toujours impayées», souligne Galou Rabah qui affirme que pour pourvoir un nouveau club de cette discipline, il faudra d'abord acquérir des tapis spécialisés qui coûtent jusqu'à 180 millions de centimes. Il convient de préciser que des athlètes ont excellé dans la discipline de la lutte à Bouira. La lutteuse Khellal Lina du club de Chorfa a décroché le titre de championne d'Afrique en remportant la médaille d'or lors du championnat d'Afrique qui s'est déroulé en février dernier au Nigeria. La même athlète a récidivé avec une autre médaille d'or lors des 3es championnats méditerranéens de luttes associées qui se sont déroulés du 29 au 31 mars dernier à Alger. Trois autres lutteurs de Bouira ont décroché des médailles de bronze lors de la même compétition. À cela s'ajoutent les quatre coupes d'Algérie obtenues par des athlètes en individuel lors d'une compétition de coupe nationale cadets & juniors organisée à Oran. La championne d'Afrique Khellal Lina, de catégorie juniors, participera au championnat du monde de la lutte qui se déroulera du 2 au 7 septembre 2018 dans la ville de Kranj, en Slovénie. Une bonne raison pour que les responsables du secteur sportif de la wilaya s'implique et vole au secours de ces club de lutte qui décrochent des médailles d'or à l'étranger sans pour autant avoir de moyens suffisants pour mieux se préparer.