Un tribunal de Bahreïn a condamné dimanche 50 opposants chiites, dont un dignitaire irakien, à des peines allant jusqu'à 15 ans de prison pour constitution d'un groupe clandestin ayant animé des manifestations violentes, selon une source judiciaire. Les cinquante personnes étaient accusées d'avoir formé le "Collectif du 14 février" qui organisait la contestation sur les réseaux sociaux contre la monarchie sunnite dans ce petit Etat du Golfe. Elles ont notamment été reconnues coupables d'avoir "eu recours au terrorisme" et "d'intelligence avec un Etat étranger". On ignorait dans l'immédiat le nombre exact de personnes jugées par contumace ou présentes au tribunal. Le religieux chiite irakien, sayed Hadi Modarressi, résidant actuellement à Kerbala (Irak) et qui a longtemps vécu à Bahreïn, a été condamné par contumace à 15 ans de prison. Il est accusé d'être le chef spirituel du "Collectif du 14 février", dont les autorités avaient annoncé le démantèlement en juin. Quinze autres personnes ont été condamnées à 15 ans de prison, quatre autres à dix ans, et les trente dernières à cinq ans de détention, selon la source judiciaire. Lors de l'annonce de l'arrestation des chefs du groupe radical en juin, les autorités les avaient accusés d'être à la solde de l'Iran et d'être responsables de violences dans le royaume, théâtre de troubles depuis la répression d'un mouvement de contestation déclenché en février 2011 par les chiites.