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Mais où est donc le fric ?
Chéraga
Publié dans Le Temps d'Algérie le 18 - 04 - 2009

Djemaï est un employé modèle digne de confiance. Il revient des Hauts Plateaux avec un sachet censé contenir une importante somme d'argent qu'on ne retrouvera pas le lendemain à l'usine...
Mais où est passé la grosse somme d'argent ? Vous poserez mille fois la question, vous n'aurez aucune réponse.
L'inculpé de vol a mené la vie dure à ce terrible juge de Chéraga (cour de Blida). Il a tenté de ne pas répondre aux questions et lorsqu'il voulait bien répondre, il le faisait à côté.
«Redressez-vous, soyez digne, répondez juste aux questions du tribunal. Pourquoi vous être inquiété sur la présence de la somme d'argent les jeudi, vendredi et samedi avant le départ sur Sétif», demande à demi-mots le président qui a encore rappelé au détenu qu'il était prié de répondre et qu'il n'était pas question de harcèlement ni de «torture» et le mot est sorti de la bouche du magistrat et ce, devant l'insistance de maître Mahmoudi, le conseil de l'inculpé. «il faut que la défense soit fixée sur la relation entre votre client et le propriétaire de la somme, en l'occurrence la victime», crache le conseil qui se plie à la décision du tribunal.
Cette malheureuse histoire est née de la mauvaise gestion qui sévit chez certains privés qui exercent sans facture, ni C.C.P., ni compte bancaire, sources de sûreté et qui évitent donc toute transaction «orale» et soignée pour toutes les parties. Djemaï S. paie sa loyauté et son esprit de discipline dans son boulot.Redha, un jeune témoin salarié à l'usine de parfum victime dudit vol sera dispensé de la prestation de serment.
«Jeudi vers sept heures, j'étais au premier étage où je suis hébergé car étant de la famille. la victime est arrivée dans le bureau. Il a trouvé la porte close. Il m'a informé que l'argent déposé dans le tiroir du bureau du patron avait disparu», marmonne gauchement Redha qui informe le tribunal qu'il n'a pas vu l'inculpé présent sur les lieux du vol à cette heure matinale. «Ce n'est que vers huit heures que je l'ai vu dans les parages», ajoute le jeune témoin que le juge trouve assez harassé en ces quatorze heures du lundi à vendredi, ce n'est pas la lassitude qui dérange le jeune témoin, mais le trac d'être à la barre, en qualité de témoin dans une affaire où il n'a rien à gagner.
Saïd L. un gardien de 78 ans essayera d'éclairer le tribunal en sa qualité de gardien de nuit.
«Moi, j'ai la clé de la salle d'attente et nul ne peut accéder au bureau sans passer par les lieux que je surveille. Le jour où il avait ramené un sachet de farine plein, je ne saurais vous dire de quoi, je l'ai vu avec l'arrivée du gardien de jour, il était environ neuf heures. L'inculpé m'a demandé de fermer la porte alors qu'il avait sur lui une autre clé», raconte le vieillard.
Le président lève la tête en direction de l'inculpé : «Vous, au lieu de lui ordonner de fermer la porte à clé, vous auriez pu lui demander de faire attention», suggère le juge qui a compris que le gardien n'a pas sur lui la clé du bureau, mais de la salle d'attente.
Samia M. et l'agent commercial n'aideront pas tellement le tribunal par leur témoignage bancal et nébuleux. Dès qu'il s'agit de savoir si l'inculpé a été vu après les heures de travail, ni vu, ni lu, ni connu, ni su, rien.
Et ce magistrat qui adore chercher la vérité en s'amusant par sa manière de poser de bonnes questions, commençait à désespérer.
Le docteur Mahmoudi, le défenseur de l'inculpé, lui, commençait à trouver le tunnel long à traverser.Maître Malia Bouzid pour la partie civile s'indigne pour ce dossier qui a vu cent quatorze millions de centimes s'évaporer dans les aires de l'usine. L'inculpé a reconnu avoir été sur les lieux du vol le jeudi “noir”. Il était le seul là avoir ramené la somme de Sétif et le seul à avoir rodé dans l'aire de l'usine. Le procureur requiert dix- huit mois ferme et une amende ferme de vingt mille dinars.
Maître Bouchama pour l'inculpé dit son désappointement devant ce dossier sombre. «On n'a pas encore appris qui était qui ? Qui fait quoi ? Qui commande ? Cette société est dirigée par une même famille.L'inculpé a bossé vingt ans dans la boîte et le jour du procès, la partie civile n'a pas daigné se déplacer, prouver l'abus de confiance, le vol ou ce que vous voulez», s'indigne l'avocat qui regrette que la justice «est interpellée non pas pour rendre justice, mais être manipulée» puis l'avocat attire l'attention du tribunal sur le «sachet» que personne n'a vu entre les mains de l'inculpé.
«Il est revenu à l'usine vérifier si l'argent était encore dans le tiroir avant de répartir sur Sétif travailler» a protesté le conseil qui a vivement réclamé la relaxe.Le Dr Mahmoudi débute sa plaidoirie par un poème sur les femmes. La centaine de brebis. Ensuite, il a déclaré que la somme a été annoncée dérobée pour que les impôts l'aident à essuyer les larmes. L'ingratitude est mise à l'index «la vérité, monsieur le président, réside dans le fait que mon client ignore le montant qui a été fourré dans le sachet de farine.
Il ne s'est jamais posé la question pourquoi une telle somme n'est pas virée dans un compte, ou encore pourquoi est-ce que le patron ne l'attendait pas dans le bureau de l'usine. Bête et discipliné, il a appliqué à la lettre : remettre le sachet dans le bureau de la société. Peut-être qu'il n'y avait dans ce fameux sachet que des coupures de journaux, un gros doute subsiste dans ce pseudo abus de confiance.La relaxe est le seul verdict dans ce douloureux dossier, a presque crié le conseil.
Maître Bouchama, la dernière avocate à intervenir, ne mettra pas beaucoup de temps à expliquer au juge les contradictions dans les déclarations.
«Notre client a refusé d'appliquer une grave note mettant en cause les impôts. C'est une vengeance mal entreprise, mal élaborée. La relaxe sera la réponse de la justice qu'on n'a pas le droit de malmener par des affaires malheureuses.»
Maître Bouzid réplique que l'usine est très bien structurée pour être étiquettée «d'endroit de pagaille».
S. Djemaï, le détenu, est appelé à prononcer le dernier mot : «Je suis innocent».L'affaire, mise en examen sous huitaine, a posé de sérieux problèmes de zones d'ombre au juge qui est tenu de juger sur pièces et les pièces ne sont pas légion...


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