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Des va-t-en-guerre sous des dehors de colombes
Manœuvres militaires et politiques en Israël
Publié dans Le Temps d'Algérie le 03 - 06 - 2009

Après des manœuvres militaires programmées au moment où s'ouvrait laborieusement à Genève la conférence du désarmement de l'ONU,
où il était présent, Israël s'est lancé cette semaine dans ce qu'il a appelé un «exercice d'alerte et de défense passive».
Cette nouvelle mise en scène d'apparence innocente, destinée selon les dirigeants extrémistes de cette entité belliqueuse, à prévenir «des attaques de missiles, des bombardements aériens massifs et des catastrophes naturelles», cache en réalité d'autres desseins inquiétants.
Les analystes arabes et musulmans et même occidentaux indépendants y ont vu sourdre plusieurs messages, délivrés à plusieurs parties. Les explications apaisantes d'un Netanyahu ou d'un Barak, pour qui ces exercices n'étaient dirigés contre aucun pays voisin, et le message rassurant adressé notamment à la Syrie et au Liban se trouvent démentis par la déclaration tonitruante du porte-parole du ministère de la Défense.
Ce dernier a en effet dit aux médias occidentaux que l'exercice «doit permettre de tester les capacités» d'Israël à «répondre à des tirs de roquettes depuis le Liban et la bande de Ghaza, et de missiles depuis l'Iran ou la Syrie». Chasser le naturel, il revient au galop ! Chez les dirigeants israéliens, la sécurité est, depuis la création de cette entité importée d'Occident, une phobie permanente. Ils prennent très au sérieux tout propos qui met en cause l'existence d'Israël sur une terre qui, pourtant, n'appartient pas historiquement aux sionistes ayant chassé tout un peuple pour s'installer sur ses biens usurpés par la force.
Le mythe de l'invincibilité a vécu
Depuis que l'armée israélienne, pourtant suréquipée, avait reçu une raclée en 2006, au Sud Liban, remettant en cause aux yeux des Israéliens eux-mêmes l'idée de son invincibilité, et qui a été corroborée en janvier dernier à Ghaza, les militaires sionistes n'ont plus la cote auprès des leurs. Ces manœuvres visent par conséquent à rasséréner une opinion publique désabusée. Ont-elles atteint ce but ? Pas si sûr, puisque les habitants du Nord, soumis aux tirs de roquettes de la résistance palestinienne, vivent toujours dans la peur.
Cet étalage de la force enrobé, pour les besoins de la consommation occidentale, d'exercices défensifs civils est aussi destiné aux pays voisins. Ce n'est pas pour rien, du reste, que dès l'annonce de ces manœuvres que l'armée libanaise a été mise en état d'alerte maximum. Les combattants du Hezbollah étaient aussi à l'affût, et le chef de ce mouvement, Hassan Nasrallah, affirmait que ces opérations serviraient à «préparer une nouvelle agression contre le Liban».
Ces appréhensions se trouvent confortées par les incessantes arrestations au Liban d'espions au service de l'entité sioniste dont les dernières remontent à quelques jours seulement. Il n'est pas fortuit également que ces exercices aient lieu alors que le pays du Cèdre se prépare à organiser des élections législatives dont les sondages donnent comme favoris le parti de Nasrallah et celui de Michel Aoun, ennemis jurés d'Israël.
«Non, cela ne veut pas dire qu'une guerre est à l'horizon», se laisse dire le porte-parole du ministère de la Défense (de la guerre), ajoutant que «l'armée ne cache rien au public ni à personne. Il faut juste que la population sache comment agir en cas d'attaque conjuguée de missiles sur plusieurs fronts». Pourtant, les observateurs ont remarqué qu'une «tension à la frontière nord d'Israël avec le Liban était perceptible depuis le début de l'exercice».
Les faucons en Israël assimilent une victoire du Hezbollah au Liban à un danger pour leur avenir, d'autant que l'ogre iranien, qui est le principal os qui défie les sionistes, a proposé d'armer l'armée libanaise sous-équipée et sans aucune envergure. Ils s'adonnent ainsi, pour amoindrir les chances du mouvement chiite à faire circuler toute sorte de rumeur pouvant nuire aux candidats issus de cette mouvance.
Guerre psychologique
La dernière manœuvre concerne l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Les services israéliens ont vendu une information à un journal influant allemand selon laquelle l'attentat contre Hariri était l'œuvre du Hezbollah. Ainsi, ce canular a fait sourire les plus sérieux dans l'Establishment politique libanais.
Le quotidien libanais As-Safir estimait à ce propos que «le rapport publié par le journal allemand Der Spiegel sur l'implication de dirigeants du Hezbollah dans l'assassinat de Rafic Hariri n'était pas surprenant pour la résistance, vu que certaines parties politiques et sécuritaires libanaises et étrangères propageaient des rumeurs identiques en parallèle à la libération des quatre officiers il y a un mois et demi». L'analyste ajoute que «des questions se posent sur les responsables de cette information infondée. Serait-ce Israël ? Ou serait-ce une partie locale pareille à celle qui a inculqué à Zouheir Siddiq de faux témoignages ? Ou bien y auraient-ils de partenaires hors Liban qui pratiquent bien la langue arabe ?».
Non seulement Israël veut nuire coûte que coûte au mouvement chiite, qui l'avait chassé en 2002 du Sud Liban et lui a infligé une correction en 2006, mais à travers lui la Syrie, qui vient de renouer avec l'Europe et les Etats-Unis après un long isolement diplomatique. La Syrie, qui revendique son Golan, a menacé récemment de recourir à la force pour récupérer son territoire. Ce qui, pour les faucons de Tel-Aviv, constitue une déclaration de guerre.
D'où l'explication d'un haut gradé israélien à propos des objectifs des manœuvres. Celui-ci a dit qu'Israël se prépare à se «défendre» contre une éventuelle attaque syrienne. Cette sortie belliqueuse n'a pas empêché le président américain Obama à charger son émissaire au Moyen-Orient, Georges Mitchell, de se rendre chez Al Assad, dans les prochains jours, pour renouer le dialogue. Cette nouvelle orientation de la politique étrangère américaine, qui a déjà impliqué l'Iran, n'est absolument pas bénie chez les dirigeants israéliens.
En réalité, ce n'est guère la Syrie qui inquiète les faucons sionistes. Israël a tout fait pour que son voisin se réconcilie avec la Jordanie et l'Arabie Saoudite, dans l'objectif très recherché de la couper de l'Iran, que beaucoup de dirigeants de pays arabes de la région ne portent pas dans leur cœur.
L'Iran dans le collimateur
C'est surtout l'Iran qui est dans le collimateur, d'autant que ce pays ne cesse de développer des missiles qui peuvent parcourir plus de 1000 km et par conséquent atteindre Israël. Mieux, l'Iran malgré les démentis de tout bord, y compris de l'AIEA, est fortement soupçonné de préparer l'arme nucléaire. En parlant des manœuvres militaires et préparatifs des civils à quelque attaque, un général israélien a directement mis en cause l'Iran. «Il s'agissait du premier exercice simulant des attaques menées depuis l'Iran, distant de plus de 1000 km», a-t-il dit. Pour lui, «l'Iran pourrait disposer d'assez d'uranium pour produire sa première bombe atomique d'ici la fin de l'année».
Netanyahu n'a pas caché récemment, lors de sa visite chez Obama, comme ses prédécesseurs du reste, qu'Israël ferait tout pour empêcher l'Iran de disposer de l'arme nucléaire. Pour tous les dirigeants de l'entité sioniste, la seule solution au problème iranien réside dans une attaque des installations nucléaires iraniennes. En dépit des mises en garde des Etats-Unis contre cette option jusqu'auboutiste, rien n'assure que les dirigeants israéliens l'éviteront.
Et les manœuvres de cette semaine en sont le présage. La folie meurtrière des sionistes est connue. «Les Israéliens – dont 80% se déclarent favorables à une frappe contre l'Iran selon les derniers sondages – sont en tout cas persuadés que les manœuvres n'ont pas été déclenchées par hasard», relève un expert militaire, pour qui ces manœuvres «servent à chauffer l'opinion en vue d'une période difficile».
Enjeux militaires et écrans de fumée
Or, cette fois-ci, elle risque de mettre en danger toute la région, d'autant que les Iraniens ont promis, en cas d'attaque contre eux, de riposter avec vigueur et de transformer Israël en enfer sur terre. Les Iraniens ont toujours tenu parole. Des analystes estiment aussi qu'Israël «tient à adresser au président américain d'abord, qu'il presse de s'engager de manière plus coercitive contre les Iraniens faute de quoi il agirait tout seul». Obama, qui va aujourd'hui s'adresser au monde arabo-musulman depuis Le Caire, ne va pas suivre cette démarche au risque de perdre toute crédibilité dans la région, lui qui cherche à effacer la sombre image que gardent les musulmans de son prédécesseur et des Etats-Unis.
Les pressions exercées contre Netanyahu, pour l'amener à s'aligner sur l'option internationale à propos du problème palestinien, sont très mal accueillies à Tel-Aviv. «Si les enjeux militaires sont réels, cet exercice ressemble fortement à un écran de fumée sur ce qui se prépare réellement. En fait, les véritables manœuvres se passent à l'étranger, à la frontière irako-iranienne, dans des bases prêtées par les Américains, aux confins du Soudan où des raids israéliens ont décimé des convois d'armes iraniennes à destination de Ghaza ainsi qu'au large de Gibraltar, à 4000 km de Tel-Aviv, où l'aviation israélienne s'exerce à combattre à très longue distance de ses bases», révèle un expert militaire occidental.
Ce que pense Obama n'est donc qu'un leurre destiné à la consommation arabe. Ce que pense l'armée américaine reste la grande énigme que seuls les dirigeants sionistes en Israël et dans le monde savent.


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