L'écrivain Kamel Daoud, prix Goncourt du premier roman 2015, a reçu jeudi soir le prix Jean-Luc Lagardère du « journaliste de l'année» pour ses chroniques dans Le Point, a annoncé Lagardère. Dans une cérémonie organisée jeudi soir, Kamel Daoud a reçu le prix Jean-Luc Lagardère en présence du Premier ministre français Manuel Valls, qui l'a de nouveau soutenu, du président de Lagardère Active, Denis Olivennes, et du président du jury Laurent Joffrin, directeur de la rédaction du journal français Libération. «Kamel Daoud est un intellectuel courageux et insoumis», a salué M. Valls le lauréat en poursuivant : «Ne pas vous soutenir c'est vous laisser seul. La liberté d'informer, c'est le droit à l'irrévérence et au blasphème, un principe fondamental que la France défendra toujours», a-t-il lancé. Kamel Daoud a appris l'attribution du prix le 11 février, jour de la parution de la tribune des universitaires français contre lui, a souligné de son côté Denis Olivennes. «C'est le courage du journaliste qui est récompensé aujourd'hui, dans la lignée de ces grands écrivains journalistes, comme Albert Camus ou François Mauriac», a jugé M. Olivennes. La presse française a écrit par ailleurs, que ce prix est «paradoxal», sachant que «Kamel Daoud a arrêté le journalisme», a ajouté Laurent Joffrin. «J'ai été jugé, condamné, le jour même où j'ai été salué, soutenu», a répondu Kamel Daoud avec émotion. Si un Algérien remporte ce titre, c'est que «la francophonie se porte mieux que la cacophonie», «le français n'est pas ma langue maternelle, mais peut-être une langue fraternelle», a-t-il dit. En effet, Kamel Daoud avait décidé d'abandonner le journalisme après avoir fait l'objet de nombreuses accusations. «Nous vivons désormais une époque de sommations. Si on n'est pas d'un côté, on est de l'autre», a-t-il écrit. «Je vais donc m'occuper de littérature (...) j'arrête le journalisme sous peu», dit-il. Le jury de 17 journalistes a attribué à l'auteur de Meursault, contre-enquête ce prix doté de 10 000 euros, décerné en 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo, le journal satirique qui a publié des caricatures du Prophète Mohamed (QSSSL). Rappelons par ailleurs que Kamel Daoud vient de remporter un procès contre Abdelfatah Hamadache Ziraoui qui, en 2014 demandait son exécution publique pour «apostasie». Hamadache a été condamné à six mois de prison dont trois fermes.