Le taux de mortalité maternelle et néonatale en Algérie est «élevé». C'est le constat qu'a fait hier le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la santé, Dainius Puras. Il est clair, a-t-il expliqué d'emblée, que les nombreux cadres pour la protection et la promotion des femmes mis en place «méritent une plus grande attention». Le taux relevé est lié essentiellement, dit-il, aux obstacles à la réalisation des droits de santé sexuelle, la violence contre les femmes, les violences domestiques… Pour le rapporteur qui dit, dans un point de presse, avoir visité quelques établissements hospitaliers à Alger, Djelfa et Oran, le décès des femmes sur les tables d'accouchement et/ou de leur nouveau-né, n'est pas lié à l'état de ces infrastructures. Les hôpitaux, affirme-t-il, sont en «bon état». A une question sur les prestations de services de maternité qui pourraient, peut-être, comme dénoncé par des citoyens, être la cause de mortalité maternelle, l'envoyé spécial de l'ONU affirme une seconde fois que «non». «Il ne s'agit pas de remettre en question le système médical», répond-il, mais de plutôt mettre l'accent sur les déterminants sociaux. «Il faut regarder ce problème dans une perspective un peu plus large. Il faut examiner non seulement les décès mais les causes, à savoir l'équité et les zones les plus reculées où ces décès sont enregistrés», explique Dainius Puras. Ce dernier, qui regrette que l'Algérie n'ait pas pu atteindre l'objectif du cinquième millénaire, appelle à relever les déterminants sociaux. Parmi eux, l'onusien a soulevé le droit à la santé des mères célibataires. «L'engagement au plus haut niveau du gouvernement doit être associé à des mesures pratiques pour assurer l'égalité réelle à travers le pays.» Il citera l'exemple de l'interruption thérapeutique de grossesse qui est autorisée en Algérie, mais sous quelques exceptions. «Les cas de viol et d'inceste ne sont pas inclus.» Une marginalisation qui peut conduire, dit-il, à des avortements clandestins «dangereux».