Les résultats réalisés au cours de l'année agricole 2008-2009 ne reflètent pas réellement les potentialités des différentes wilayas. C'est ce qu'a relevé, hier, Rachid Benaissa, ministre de l'Agriculture et du développement rural, lors de la réunion des cadres tenue hier au siège de son département. Lors de la signature des contrats de performance, certaines directions des services agricoles avaient avancé des prévisions trop différentes des résultats atteints. Ainsi, annoncer un taux d'évolution de 300% par rapport aux prévisions signifie, selon le ministre, la méconnaissance des réelles potentialités des wilayas. Mais il a assuré que la précédente année agricole est celle de la consolidation et a instruit les cadres à redoubler d'efforts pour gagner la bataille de la sécurité alimentaire. D'ici 2014, le nombre de projets de proximité de développement rural devra atteindre 12 000, a-t-il insisté, ajoutant que sur 1949 projets inscrits actuellement, seuls 900 ont été effectivement engagés au profit de 25 000 ménages ruraux, soit une population de 150 000 habitants. Outre le renforcement de l'encadrement technique et la mise à niveau de l'administration, censée accompagner le redéploiement de la filière agricole qui a bénéficié de l'aval du gouvernement, une coordination entre les différents intervenants est amorcée. Une évolution appréciable En termes d'évaluation de l'année agricole 2008-2009, certaines filières ont enregistré une forte croissance comme les céréales qui ont affiché une évolution de 209% entre 2008 et 2009 alors que la collecte des céréales a grimpé de plus de 300% entre les deux périodes comparées. La filière lait, quant à elle, a enregistré une hausse de 7% entre 2008 et 2009 en termes de production, mais accuse encore un faible taux de collecte qui n'a pas dépassé les 37%. La hausse de la production du lait frais a permis de réduire le volume de l'importation de la poudre de 40 000 tonnes en 2009. L'intégration du lait frais produit localement dans l'industrie laitière est appelée à augmenter dans les prochaines années à la faveur des mesures prises par le ministère. Un site de stockage sera également réalisé destiné à la régulation, a annoncé M. Henni, directeur général de l'Office national interprofessionnel du lait (Onil). Mais les rendements demeurent faibles par rapport aux réelles potentialités. Des stocks de sécurité pour réguler le marché Il a été recommandé, à cet égard, de revoir le mode de fonctionnement de l'encadrement technique du secteur agricole vu «l'écart grandissant en matière d'appropriation et de diffusion des connaissances». Les répercussions de l'évolution de certaines filières restent, cependant, absentes sur le marché qui continu d'observer une flambée des prix. Selon le ministre, «le marché demeurera instable jusqu'à l'instauration d'un système de régulation». De l'avis du ministre, l'expérience lancée pour la pomme de terre à travers la création d'un système de régulation a porté ses fruits eu égard au maintien «de son prix abordable» en septembre malgré l'absence de la production de saison. En l'absence de ces quantités déstockées, dans le cadre du système de régulation (Syrpalac), sur le marché, les prix auraient pu doubler, a-t-il prévenu. Malgré cela, le ministre s'est voulu rassurant en disant que les prix seront stables grâce à la constitution de stocks de sécurité prévue dans le cadre de l'office national interprofessionnel des légumes et viandes (ONILV).