Les recommandations de prise en charge de l'otite moyenne aiguë chez l'enfant, notamment en matière de traitement antibiotique, sont trop peu suivies par les médecins libéraux - généralistes et pédiatres -, selon une enquête conduite dans le département du Nord. Autrefois, précisent les auteurs de ce travail, l'otite moyenne aiguë était supposée d'origine bactérienne et cela conduisait à prescrire systématiquement un antibiotique. Mais depuis, face à la montée des résistances aux antibiotiques et dans la mesure où cette affection guérit souvent spontanément, des recommandations ont été émises par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé en 2005. Elles prônent notamment une phase d'observation de 48 heures avant de donner un antibiotique, pour les enfants de plus de deux ans, alors que chez les plus jeunes la prescription est systématique. Et quand un antibiotique est nécessaire, les recommandations précisent la posologie et la durée de prescription. Pour évaluer le respect de ces dernières en médecine de ville, les auteurs ont enquêté auprès de 129 généralistes et de 46 pédiatres libéraux, interrogés par téléphone. Or, seuls «9,3 % des généralistes et 28,3% des pédiatres avaient une prescription conforme aux recommandations», indiquent-ils. Notamment, l'observation de 48 heures avant de décider de la prescription d'un antibiotique chez les plus de deux ans était respectée dans seulement 46% des cas chez les généralistes et 54% chez les pédiatres. Le choix de l'antibiotique correspondait effectivement aux recommandations dans 87,5% des cas et la posologie était conforme dans environ 95% des cas. En revanche, la durée préconisée pour le traitement n'était pas souvent correctement suivie. Chez les enfants de plus de deux ans, elle était respectée par 48% des généralistes et par 70% des pédiatres. Chez les moins de deux ans, l'antibiotique était donné d'emblée par seulement 73% des généralistes et 79% des pédiatres. Enfin, la recommandation de recours à un oto-rhino-laryngologiste si l'antibiothérapie était un échec après 48 heures est respectée par 81% des généralistes et par 72% des pédiatres.