Le dollar n'en finit plus de dégringoler. Et l'euro de grimper. Jeudi, à 15 heures, la monnaie européenne a dépassé le seuil hautement symbolique de 1,40 dollar ! Une ascension quasi-historique : il y a à peine un mois, l'euro valait moins de 1,27 dollar (+5%) et début juin, il s'échangeait sous 1,19 dollar (+17%), son plus bas de l'année. A 15 heures, l'euro vaut exactement 1,4018 dollar. Du jamais vu depuis le 27 janvier dernier, soit depuis plus de huit mois. Non que les nouvelles soient extrêmement bonnes en Europe (ce qui aurait pu faire monter l'euro). Au contraire, elles restent plutôt mauvaises, mais les marchés semblent ne plus s'en affoler. En réalité, cette poussé de fièvre s'explique par la chute de dollar. Pourquoi le billet vert est abandonné ? Parce qu'aux Etats-Unis, les bonnes nouvelles économiques sont prises au sérieux. Or, quand les Etats-Unis vont bien, le reste du monde ne s'en porte que mieux. Ce qui redonne de la vigueur à l'aversion pour le risque des investisseurs (ils sont plus enclins à prendre des risques). Cela se traduit notamment sur les marchés d'actions, qui remontent, mais aussi sur le marché des changes : les monnaies dites «valeurs refuges» (celles qui sont achetées quand les marchés ont «peur»), comme le dollar, sont délaissées et reculent, tandis que les monnaies plus risquées, comme l'euro, sont achetées et donc, s'apprécient. Mais les Etats-Unis ne vont pas si bien. Si le débat sur une double récession - le fameux «double dip» - semble se dissiper, les chiffres récents sur l'immobilier et l'emploi outre-Atlantique témoignent encore des difficultés de la première puissance économique du monde.