Après avoir rompu sa série noire la semaine passée à Batna, grâce à l'arrivée aux commandes de Djamel Menad, le CRB a confirmé samedi son net redressement en prenant le meilleur sur son voisin mouloudéen sur le score de deux buts à zéro. C'est le deuxième derby gagné par le CRB cette saison, une performance que le Chabab n'avait pas réussie la saison passée. A Belouizdad, on s'empresse d'ores et déjà à évoquer l'effet Menad, suite à ce deuxième succès de rang obtenu toujours sur le score de deux buts zéro et qui a permis aux Belcourtois de retrouver leur deuxième place du classement, à deux points (tiens, tiens encore le chiffre 2), du leader usmiste. Les supporters du Chabab pouvaient donc fièrement scander le fameux refrain «Allez Chabab zoudj», en référence à leur chiffre porte-bonheur. D'autant que leurs favoris n'avaient eu aucune peine à se défaire de leur meilleur ennemi de la capitale. Deux réalisations signées par l'inusable Ammour et le joker Kherbache et qui ont permis donc aux Rouge et Blanc de la capitale de sceller définitivement le sort d'un derby gâché par l'état lamentable du terrain qui servait à tout sauf à la pratique du football. Ce qui explique en grande partie le piètre spectacle fourni par les deux équipes, au grand dam des quelque 30 000 spectateurs qui ont bravé le froid glacial qui a gercé leurs mains en cette fin de soirée du début du mois de décembre. Cela dit, les inconditionnels du Chabab ont quitté le temple olympique satisfaits par le résultat obtenu par leur équipe qui n'avait plus battu le Mouloudia sur ce même terrain du 5 Juillet depuis l'année 2005, eux qui avaient déployé avant le coup d'envoi du match un somptueux et gigantesque tifo sur lequel on pouvait lire cette inscription en anglais «While i'am alive, the lion is tamed» (tant que je suis en vie, le lion sera toujours dompté). Après avoir eu quelques doutes dans la première demie heure de jeu où leurs joueurs avaient du mal à rentrer dans le match, ils allaient être rassurés dans le dernier quart de cette première période où les camarades de l'étincelant Rebih ont mis le pied sur l'accélérateur. Menad bat Bracci Le CRB aurait pu regagner les vestiaires avec un avantage d'un but au tableau d'affichage, n'était une grossière erreur arbitrale. En effet, on jouait les dernières minutes du premier half lorsque sur un corner bien botté par Rebih, Abdat saute plus haut que Chaouchi pour placer une tête imparable. Alors que l'arbitre central a désigné le centre, son juge de touche a jugé qu'il y avait une charge commise par le défenseur du CRB sur le gardien mouloudéen, ce que les images de la télévision ont contredit. Mais supérieur sur tous les plans face à un adversaire certes amoindri par l'absence de trois de ses titulaires, le Chabab a fini rapidement par concrétiser sa domination après les citrons sur un coup franc magistral de Amar Ammour, en pleine lucarne, qui n'a laissé aucune chance à l'ex-portier international (47'). C'était le tournant du match puisque la faute à l'origine de ce coup franc a entraîné l'expulsion de Djeghbala pour cumul de cartons. Jouant en infériorité numérique, le MCA était déjà KO. Les Vert et Rouge étaient incapables de réagir à ce but, en dépit des changements opérés par François Bracci qui a joué la carte offensive à outrance. Mais en face, le dispositif tactique mis en place par Djamel Menad, illustré par un 3-4-3, a complètement fermé le champ d'action des joueurs du Mouloudia qui ont été privés de pratiquement tous les ballons en milieu de terrain. Désarçonné, le Mouloudia a frisé la catastrophe. Heureusement pour lui que les joueurs du CRB n'avaient pas su exploiter les boulevards qu'ont laissé les défenseurs mouloudéens partis à l'abordage. Il n'empêche qu'en fin de partie, le joker Kherbache va porter le coup de grâce au Doyen grâce à un joli exploit individuel. La messe était déjà dite pour le MCA et Bracci assista impuissant à son premier revers dans un derby algérois. Ce jour-là, il était tombé tout simplement sur plus fort…