L'histoire retiendra que depuis juillet 1962 et l'accession de l'Algérie à son indépendance, le club de football qui a fait le plus parler de lui sur le plan disciplinaire est le Mouloudia d'Alger. Il faut rappeler qu'en 1964, l'année où le championnat national venait d'être lancé, le club algérois avait été suspendu par le ministère de la Jeunesse et des Sports de toute activité pendant une période de trois mois. Cette sanction avait été prononcée à son encontre à la suite de graves incidents qui s'étaient déroulés lors d'un match au stade 20-août 1955 contre le MC Oran. Le Mouloudia d'Alger était, avant ce match, leader de la compétition. Cette suspension lui avait valu de perdre par pénalité trois confrontations et de dégringoler au classement. Lui qui aspirait à devenir champion d'Algérie avait fini par lâcher prise quand il avait repris la compétition. Il avait terminé celle-ci en étant relégué en championnat de Nationale 2. Parallèlement à la sanction qui avait frappé le club, quatre de ses joueurs avaient été radiés à vie à savoir le gardien Zerga et les défenseurs Metrah Sennane et Maarouf. 49 ans plus tard, l'histoire semble se répéter pour le vieux club algérois avec cette histoire de refus de ses joueurs et officiels d'aller recevoir leurs médailles à l'issue de la finale de la Coupe d'Algérie. Mais cette fois-ci le club a été épargné par la commission de discipline. Et cette dernière n'a pas voulu le blâmer plus qu'il n'en faut, ne serait-ce que parce que ses supporters se sont bien comportés le jour de la finale. Contrairement aux joueurs et dirigeants mouloudéens, ces derniers n'ont, à aucun moment, cherché à s'en prendre à l'arbitre du match et à la Fédération. Ils ont, pour tout dire, admis la défaite des leurs et ont fini par rentrer chez eux dans le calme. Le MCA a ainsi évité le couperet alors que la règlementation commandait à la commission de discipline d'avoir la main lourde à son encontre. Il s'agit, ici, de faire référence à l'article 10 des règlements de la Coupe d'Algérie relatif à la publicité sur les maillots. L'alinéa 4 de cet article parle de cérémonie de remise de médailles et de Coupe auxquels les deux clubs finalistes sont obligés de se soumettre avec des maillots floqués au sigle du sponsor de la compétition. Ce dernier a besoin de cet important outil de communication pour se faire connaître vu que la cérémonie est retransmise en direct à la télévision. En refusant de se présenter à ladite cérémonie, le Mouloudia a contrevenu aux dispositions de l'article 10 en question. Il était donc passible du retrait de trois points dans son classement en championnat et d'une exclusion de deux ans de la Coupe d'Algérie. La commission de discipline de la Ligue du football professionnel n'a pas voulu aller jusque-là mais a tout de même opté pour la sanction très contraignante de retrait de la prime de la Fédération aux deux finalistes, prime qui s'élève tout de même à 1 milliard de centimes. Il faudrait maintenant savoir si le chèque de 5 milliards de centimes remis à chacun des deux finalistes par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, sera retiré au Mouloudia. Amrouche s'en sort bien Concernant les dirigeants, l'entraîneur et les joueurs incriminés, le moins que l'on puisse dire est que eux-mêmes devaient s'attendre à être sévèrement sanctionnés. On remarquera que le président du conseil d'administration de la SSPA-MCA, Hocine Amrouche, s'en sort bien alors qu'il pouvait être considéré aussi coupable qu'Omar Ghrib. C'est tout de même lui le premier responsable du club professionnel. Quelqu'un qui dit qu'il n'a pas pu faire revenir les joueurs sur leur décision peut difficilement être considéré comme patron du club professionnel. Hocine Amrouche est d'autant plus responsable que le jour de la finale, il avait déclaré, à chaud, que les joueurs ne faisaient que réagir à un arbitrage incorrect de Djamel Haimoudi. Après quoi, ayant remarqué la gravité des faits, il avait tenté de rattraper le coup en allant demander, en vain, aux joueurs d'aller prendre leurs médailles. Le Code de l'éthique du football algérien lui commandait de garder son sang-froid à tout moment et en toutes circonstances. Il aurait dû s'interposer quand Ghrib a demandé aux joueurs de rejoindre leur vestiaire. C'est ce qui était attendu de lui en tant que patron du club. Il ne l'a pas fait ou alors trop tard. Il n'en reste pas moins qu'il a écopé d'une amende de 200 000 dinars ce qui fait de lui le premier président du MCA à être sanctionné dans l'histoire du club. Il reste Omar Ghrib dont l'exclusion, à titre définitif, du milieu du football semble ne susciter aucun sentiment de regret. Il faut dire qu'il avait réussi à faire l'unanimité contre lui en dehors de ses propres supporters. L'homme a, semble-t-il, cru qu'il était intouchable et se permettait des sorties médiatiques où il attaquait tout le monde sans être inquiété. Même le wali d'Alger avait eu sa part de remontrances de la part de ce personnage et lui aussi n'avait pas réagi. Son exclusion à vie va sûrement être accueillie avec soulagement par bon nombre de gens au premier rang desquels un très fort contingent de supporters du vieux club algérois qui exigeait depuis longtemps son retrait des affaires du Mouloudia. La Sonatrach va certainement se prononcer contre lui par le biais de la SSPA. C'est une page qui se tourne dans le club algérois qui, aujourd'hui, a besoin d'être mieux géré.