Après le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Mohamed Tahmi, c'était au tour, lundi soir, du président du Comité olympique algérien de rendre visite aux journalistes algériens venus couvrir les Jeux méditerranéens de Mersin. Cette mission s'est poursuivie par la tenue d'une conférence de presse au centre de presse principal de cette compétition, sis en plein campus universitaire. Le responsable du mouvement olympique algérien a, d'emblée, tenu à féliciter les Turcs pour ce qu'ils ont accompli en si peu de temps, sachant que Mersin a suppléé au retrait de la ville grecque de Larissa en janvier 2011. «Ces Jeux sont parfaitement organisés et nos amis turcs ont démontré qu'ils avaient la capacité d'organiser quelque chose de plus grand, a dit Mustapha Berraf. Je pense aux Jeux olympiques d'été de 2020 pour l'organisation desquels Istanbul s'est portée candidate. Nous sommes fiers d'une telle candidature car émanant d'un pays ami et frère.» Signalons qu'une équipe de la télévision nationale turque a couvert cette conférence de presse et a posé au président du COA une question relative à cette candidature. «J'ai la conviction que la Turquie est de ces nations parfaitement capables d'accueillir une manifestation sportive de la dimension des Jeux olympiques. A travers ce qu'elle a réalisé à Mersin, certes pour des Jeux méditerranéens qui sont moindres que les Jeux olympiques mais dont ils n'ont obtenu l'organisation qu'il y a deux ans à peine, elle a démontré qu'elle sera au rendez-vous de 2020 si Istanbul obtient le vote du CIO», a-t-il répondu à nos confrères de la télévision turque. Une forte délégation algérienne Poursuivant son intervention, le président du COA a indiqué que «l'Algérie a accordé une grande importance à ces Jeux de Mersin en y engageant une très forte délégation, parmi les plus nombreuses qui participent à ces 17e Jeux méditerranéens. Je tiens ici à remercier les sponsors du COA qui nous ont aidés dans cette participation à savoir Air Algérie, Mobilis, Alliance assurance et Jomma. Je tiens, également, à remercier les médias nationaux qui sont venus couvrir l'évènement.» Le président du COA s'est ensuite penché sur les problèmes du sport algérien en soulignant que «nous avons été confrontés à des difficultés de stratégie. Vous n'êtes pas sans savoir que ces dernières années, le mouvement sportif national a vécu une période de perturbations avec de nombreuses Fédérations sportives soumises aux aléas de crises incessantes. Il était difficile dans de telles conditions de préparer convenablement une élite pour un évènement comme les Jeux méditerranéens. Je pense qu'il va falloir agir conjointement avec le ministère de la Jeunesse et des Sports pour faire une évaluation avec sérénité et sans passion. Il n'en reste pas moins que tout n'est pas gris. De nombreux athlètes ont raté des médailles de peu ici à Mersin. Je pense au judo qui aurait pu nous valoir plus de podiums. Ces ratages ont été la conséquence d'une préparation inadéquate surtout sur le plan psychologique. Les miracles n'existent pas en sport. Seuls le travail et la volonté sont des gages de réussite. Nous avons projeté avec le MJS de récompenser et encourager les plus méritants tout en éliminant les tricheurs. Le charlatanisme ne doit plus avoir cours dans le mouvement sportif national. Ce que j'ai remarqué en venant à Mersin c'est que dans le club Algérie règne une grande ambiance de fraternité. C'est déjà un pas positif.» Interrogé sur l'intervention de M. Mohamed Tahmi, qui trois jours auparavant devant la même asssitance avait déclaré «nous n'avons plus d'élite sportive en Algérie. Il va nous falloir en reconstruire une», le président du COA a dit être en accord avec les propos du ministre. «Effectivement il y a une élite à reconstruire tout en perfectionnant celle de certaines disciplines, a déclaré Mustapha Berraf. Notre ministre sait de quoi il parle puisque lui-même est un enfant du sport et qu'il a été président d'une Fédération sportive. Toutes les actions que le mouvement sportif national va accomplir se feront en parfaite harmonie avec le MJS. M. Tahmi est quelqu'un d'ouvert et un homme de dialogue. Nous sommes persuadés qu'avec lui les choses ne pourront aller qu'en s'améliorant.» Le président du COA s'est aussi exprimé sur le cas des athlètes qui auraient pu participer aux Jeux méditerranéens mais qui ne sont pas là. «Il ne faut pas se voiler la face pour dire que chez nous il y a des athlètes qui sont marginalisés uniquement parce qu'ils ne plaisent pas à X ou Y, a-t-il dit. Ce n'est pas normal que des athlètes comme Soraya Haddad et Antar Zerguelaïne ne soient pas là. Je suis d'avis que ceux qui ont des capacités à faire valoir doivent revenir dans le circuit car le sport algérien a encore besoin d'eux. J'ajoute que j'ai été sidéré de voir que Hamani, le boxeur, médaillé d'or algérien aux derniers Jeux méditerranéens est aujourd'hui dans la délégation française qui participe aux Jeux de Mersin. Je n'étais pas au Comité olympique algérien ces dernières années. Je ne sais pas ce qui s'est passé avec cet athlète mais il faut éviter que cela se renouvelle. En tout cas nous prospectons au sein de notre émigration et je peux vous révéler que de nombreux athlètes très bien classés dans certaines disciplines françaises nous ont fait savoir qu'ils voudraient concourir pour l'Algérie.» «Oui aux entraîneurs étrangers compétents» Mustapha Berraf a, d'autre part, indiqué qu'il a pu obtenir de l'Italie ainsi que d'autres pays européens des bourses de préparation pour des sportifs algériens. Concernant la médaille de bronze obtenue par Mouataz Djediat en lutte, un sport rarement médaillable dans une telle compétition, le président du COA estime que «cela est le résultat du travail accompli dans cette équipe nationale qui dispose d'un entraîneur étranger des plus compétents. Nous sommes pour le recrutement de tels techniciens mais il ne faut plus faire appel à des techniciens étrangers de bas niveau. Il faut faire confiance aux compétences locales qu'on associera aux grands coaches étrangers qui viendront préparer notre élite nationale». Continuant son intervention sur la lutte, le président du COA fera savoir qu'il est contre le retrait d'une telle discipline du programme olympique. «C'est une des plus vieilles disciplines olympiques et l'enlever des JO ne sera pas normal, a-t-il fait savoir. Je pense qu'il y a des histoires liées au marketing dans ce dossier. En tout cas l'ACNOA va se réunir le 11 juillet prochain pour voter une résolution qui demandera que toutes les grandes décisions du mouvement olympique international soient prises par la vraie famille de sportifs». Répondant à une question sur la possibilité de voir l'Algérie organiser un grand évènement sportif, le président du COA a affirmé que «cela n'est pas à l'ordre du jour mais je ne vous cache pas que notre intention sera de présenter notre candidature pour l'organisation des Jeux olympiques africains de la jeunesse de 2017». Pour terminer sa conférence de presse le président du COA a indiqué que des primes sont prévues pour récompenser les athlètes médaillés à Mersin. C'est ainsi que pour une médaille d'or, il y aura 5000 dollars de prime, pour une médaille d'argent 3000 dollars et 1500 dollars pour une médaille de bronze. «Ceci sans compter ce que le MJS octroiera selon le barème arrêté par la règlementation en vigueur», a conclu Mustapha Berraf.