Le passage au filtre du fichier Cnep des acquéreurs de l'Aadl a révélé de graves résultats. Ils étaient inscrits sur les programmes 2001 et 2002. Ils avaient réglé leur apport initial de 10%. Ils avaient même reçu leur affectation. Donc ils connaissaient leur site. L'immeuble où devait se trouver leur appartement. Coup de théâtre : à la veille du week-end dernier: le passage au filtre du fichier Cnep des acquéreurs de l'Aadl a révélé de graves résultats. 2000 fraudeurs ont ainsi été débusqués à travers les 24 wilayas concernées par la location-vente. Ils étaient bénéficiaires de crédits immobiliers consentis par la Cnep alors que tous avaient «attesté sur l'honneur» le contraire. Le gros des fraudeurs est concentré dans la wilaya d'Alger où l'on en dénombre 1500. C'est là un grand coup de filet qui démontre que rien n'est jamais acquis à l'Aadl pour les tricheurs. Les contrôles se poursuivent parallèlement aux étapes du processus de réalisation des programmes. Que va-t-il arriver à ces fraudeurs? D'abord, ils seront poursuivis en justice. Leurs affectations vont être annulées. L'apport initial qu'ils avaient versé leur sera certes remboursé, mais amputé de 10% représentant les frais administratifs engagés jusque-là par l'Etat. Avant ce passage au fichier de la Cnep, il y a eu le filtre des biens de l'Etat qui avait fait ressortir 2000 demandeurs-fraudeurs qui avaient bénéficié d'une cession ou d'une acquisition par le passé. Mais c'était avant l'étape de paiement de l'apport personnel des 10%. Leurs dossiers se trouvent entre les mains de la justice. L'Aadl compte pousser ses investigations au-delà des organismes immobiliers. La prochaine étape sera «le passage au fichier électoral pour la vérification des certificats de résidence», nous apprend M.Lazhar Bounafâa, DG de l'Aadl. Ce n'est pas tout. S'agissant du contrôle des certificats d'hébergement fournis, il sera demandé au logeur de fournir une kafala établie par-devant un notaire. Tout cela pour combattre les faux documents administratifs vendus dans des circuits notoirement connus. «Notre objectif est d'arriver à ne faire bénéficier des logements de la location-vente que cette classe moyenne de la population qui est vraiment dans le besoin. Nous écarterons et combattrons tous les spéculateurs», ajoute le DG de l'Aadl. A l'évidence, on s'éloigne des attributions injustes qui ont fait tant et tant de tort à la population à travers tout le pays. La résorption de la crise du logement y gagne aussi. Les efforts de l'Etat consentis dans ce sens n'iront plus aux «multidemandeurs» de logements dont certains ont fait fortune dans la revente. Il a été remarqué à l'Aadl que bon nombre des demandeurs versés dans le programme financé par la Cnep qui s'étaient présentés au guichet pour contester leur inscription à ce programme, en insistant pour figurer sur ceux de l'Aadl, se sont avérés déjà contractants avec la Cnep. Ils appréhendaient d'être découverts. Et ils l'ont été. Au même titre que les acquéreurs des programmes de l'Aadl d'ailleurs. Moralité, le fichier national constitué de plusieurs filtres n'épargne ni ceux-ci ni ceux-là. Les convocations de justice vont parvenir, dès cette semaine, aux fraudeurs. Les tribunaux auront un rôle décisif dans l'assainissement des mentalités en cours et initié par l'Aadl. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis, une fausse déclaration est assimilée à une atteinte à la sécurité de l'Etat et est passible de 3 à 5 ans de prison. En dépit de toutes les étapes franchies par le demandeur, la remise en cause est systématique dès que l'un des fichiers fait ressortir une fausse déclaration. Quoi qu'il en soit, «nous ne remettrons les clés qu'à ceux dont il sera prouvé qu'ils n'ont rien», promet M.Bounafâa. Le contrôle, par passage aux filtres informatiques, se poursuit. D'autres surprises ne sont pas à écarter. C'est d'autant de places de gagnées. Tant mieux pour ceux qui attendent un toit depuis la nuit des temps. Tous demandent que soit publiée la liste des acquéreurs afin qu'ils puissent participer à débusquer les éventuels fraudeurs restants.