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Mémorial
Publié dans L'Expression le 28 - 10 - 2004


L´Algérie célèbre le demi-siècle de la Révolution du 1er Novembre 1954. Un événement considérable qui a participé à la mutation de la vie des Algériens en leur rendant leur dignité et en les sortant de la condition «d´indigène», dans laquelle les a enfermé la puissance coloniale. Un événement mémorable de dimension universelle qui a bouleversé la donne coloniale induisant un combat pour les libertés devenu la priorité de la communauté des nations. De fait, ce n´est pas tous les jours que l´on célèbre un tel événement marqué du sceau de l´indélébilité, lorsque l´on sait qu´un cinquantenaire d´une Révolution ne se fête qu´une fois dans la vie. Evénement devenu épopée, la guerre d´Algérie a fait école. Aussi, la célébration d´une telle épopée se prépare-t-elle des mois, -quand ce n´est pas des années-, à l´avance non pas seulement au point de vue des festivités, mais sans doute, surtout, au plan du discours, de l´analyse et de l´explication d´une Révolution prise en exemple par tous les peuples soumis au joug du régime colonial. 1954-2004 ! Combien de livres, de films, de pièces de théâtre, de tableaux picturaux, de conférences et de débats pour dire, montrer et expliquer les cinquante ans d´une Révolution qui a, outre d´avoir changé l´Algérie, imposé dans la nomenclature universelle le thème de la décolonisation ont été produit? où sont les études historiques, sociologiques, politiques, les conférences et débats censés consacrer cet évènement d´une part, raviver les mémoires sur une période charnière du vécu des Algériens, d´autre part. On pouvait s´attendre à ce que soit publié pour cet événement majeur de l´Histoire de l´Algérie, dix, cent, mille livres, films et pièces de théâtre pour dire et expliquer la Révolution, parler des hommes qui l´ont initiée, s´attarder sur les parcours contrastés des uns et des autres, faire connaître les «Six» qui ont pris sur eux de défier, à mains nues, la quatrième puissance mondiale en prenant la décision historique, de déclencher l´action du 1er Novembre 1954. Qui sont ces hommes? Quel a été leur destin avant la Révolution, après l´Indépendance? Quel film, quel tableau de peinture, quelle pièce de théâtre les ont immortalisés? Combien de conférences et débats pour dire la symbolique du 1er Novembre, ses faits d´armes? Quel mémorial a-t-on édifié en souvenir de la Révolution et des hommes qui l´ont conduite? Beaucoup de questions en vérité, peu de réponses sur des faits qui intéressent au premier chef les Algériens et, singulièrement, la génération post-indépendance tenue dans l´ignorance de ces pages glorieuses de l´Histoire de l´Algérie écrite avec le sang des martyrs de la Révolution. C´est cela le paradoxe, et pas des moindres, d´un pays capable de révolutionner les perceptions que le monde se faisait du fait colonial, mais incapable dans le même temps, par paresse ou indigence intellectuelles, sans doute les deux à la fois, de témoigner des faits de notre Histoire récente, laissant ainsi dans l´oubli des pans entier de la mémoire nationale collective. Il ne s´agit pas ici d´accabler nos historiens et sociologues, - qui brillent par ailleurs par leur absence du champ de la réflexion historique et sociologique -, mais il faut bien constater que les pages du livre de l´Histoire de la Révolution de Novembre demeurent blanches, et ce n´est pas, à tout le moins, les «séminaires» sur l´écriture de l´Histoire «officielle» de la Révolution, revue et corrigée - dont on attend toujours la publication, qui vont rétablir les faits d´un mouvement national phagocyté et pris en otage par des clans. Le contrôle drastique du pouvoir sur l´écriture de l´histoire de la guerre d´Algérie, n´a pas permis aux historiens de faire les investigations et recherches nécessaires éclairant cette période névralgique de la Révolution nationale Aussi, l´écriture de l´Histoire est-elle une affaire d´historiens qui n´aurait jamais dû être laissée à des bureaucrates et fonctionnaires qui, de fait, n´ont rien produit de probant sur la Révolution dont nous célébrons le cinquantenaire. D´ailleurs et ceci peut expliquer cela, les rares textes «indépendants» sur la révolution algérienne dûs à des historiens algériens ont été édités à l´étranger. Aussi, nonobstant ce que l´Algérie officielle fait, ou va faire, pour célébrer cet événement, qu´a produit la société civile pour dire les 50 ans d´une Révolution à laquelle peu d´écrits ont été consacrés. La Révolution des «masses», selon le label consacré, a d´abord été celle de la volonté d´hommes obstinés et décidés a franchir le Rubicon. C´est leur volonté à vivre libre qui a forcé le destin de beaucoup d´autres hommes entraînés dans une aventure qui paraissait alors insensée. Mostefa Ben Boulaïd, Mohamed Larbi Ben M´Hidi, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf, Mourad Didouche, Belkacem Krim, ont été ces fameux «Six» qui ont su soulever la montagne forçant le destin d´une nation qui ne s´est pas résignée à la soumission, comme en attestent les nombreuses insurrections dont la dernière en date, celle de mai 1945, a été noyée dans le sang. Ces hommes, nos contemporains, sont de la lignée de ces hommes farouches, nos ancêtres, que sont Jugurtha, Qoceila, La Kahina, l´Emir Abd El Kader qui, au long des siècles et des dominations étrangères, ont su résister à tous les impérialismes. En 1999, une grande figure du mouvement national, Messali Hadj, est réhabilitée, un grand penseur numide, Saint Augustin, est redécouvert, mais à côté de ces actes de bon sens, combien de militants nationalistes restent à réhabiliter, combien d´autres héros qui ont jalonné la longue route de l´histoire de ce pays sont encore à (re)découvrir et à replacer au Panthéon de la Nation? Ce sont là des pages qui demandent à être remplies, car, souvent, est mise en avant l´histoire séculaire de ce pays, mais où sont les textes, les témoignages, qui disent cette histoire, qui racontent une nation et les hommes qui l´ont construite, qui ont façonné cette spécificité algérienne à nulle autre pareille. Aussi, le cinquantenaire de la Révolution de Novembre est, et doit être, l´occasion d´un nouveau départ et l´opportunité de rétablir les faits historiques d´un pays que l´on a tenté de faire accroire vierge de toute historicité.

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