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Avant la guerre
Publié dans L'Expression le 20 - 08 - 2006

Tout aurait pu continuer à aller comme avant. Les jours se seraient écoulés d´une façon monotone, et la vie des villageois serait réglée comme aux temps primitifs, par la succession des saisons, les mariages, les naissances, les décès, les années d´abondance, les mauvaises récoltes qui obligeaient certains à aller chercher du travail ailleurs. Hormis les activités agricoles que tout le monde accomplissait avec soin, car ils savaient tous planter, semer, tailler ou greffer les rares arbres fruitiers noyés dans les champs de figuiers (les oliviers occupaient les pentes stériles et étaient abandonnés à leur sort dix mois sur douze), chaque famille avait une spécialité professionnelle: certains étaient sculpteurs sur bois et leur réputation dépassait les frontières de la région, d´autres étaient forgerons, potiers, tisserands...
Le village pouvait vivre en autarcie s´il n´y avait pas ces satanées mauvaises récoltes. Mais il n´y avait pas que les disettes qui bouleversaient l´ordre normal des choses: les envahisseurs qui n´avaient rien à conquérir dans ce trou perdu, avaient, après une guerre courte mais sanglante, installé leur pouvoir à eux. Ils firent voter la population pour le choix d´un caïd, nommer un garde-champêtre, dressèrent une gendarmerie montée à quelques kilomètres de là et surtout firent construire une grande école aux murs blancs, en dehors du village, sur un terrain dont le propriétaire avait fui les exactions des vainqueurs. Cette école et les missions catholique et protestante qui se greffèrent ne purent faire concurrence à la vieille mosquée, qui regroupait à chaque occasion les jeunes et les vieux mâles du village mais la mosquée était discrète. Des élèves venus de régions très pauvres, étudiaient le Coran et ils étaient pris en charge par la population qui cotisait chaque vendredi de quoi faire bouillir l´austère marmite de la zaouia. Mais la guerre, c´est la guerre. Avec l´arrivée des envahisseurs, des maladies décimèrent la population. Les épidémies avaient produit une cohorte d´orphelins que les solidarités habituelles n´avaient pu prendre en charge. C´est l´occasion saisie par les missions étrangères pour s´occuper des orphelins: les nourrir d´abord et les éduquer ensuite. Ce sont les nourritures spirituelles qui commencèrent à changer la physionomie et le comportement des villageois. Beaucoup, munis d´un léger viatique scolaire émigrèrent en Europe, revenant une fois par an au pays pour s´y marier et faire des enfants. Certains se marièrent en Europe et s´y installèrent définitivement, abandonnant leurs parcelles à des cousins avides qui se vouèrent des haines mortelles pour le partage de ces terres. Cependant, et il faut le noter, malgré la misère, l´école et le travail souterrain des missions ; peu changèrent de religion. Les jeunes fréquentaient bien les foyers culturels créés par ces missions, apprenaient des métiers dans les centres de formation professionnelle gérés par les missionnaires, mais ceux qui avaient changé de temple se comptaient sur le bout des doigts. Le village entier n´oublie pas ce photographe, un colosse aux cheveux gominés, allant en dandinant (il boitait à cause d´un accident de travail) tous les dimanches au temple protestant, son violon sous le bras. Comme c´était un virtuose et qu´il était de bonne éducation, il était respecté mais marginalisé. Sa façon de vivre, sa bonhomie, les formules bien tournées qu´il employait lui évitaient les sarcasmes que beaucoup réunissaient sous la chéchia, mais qu´ils n´osaient pas prononcer. D´ailleurs, il évitait toute discussion sur ce sujet: ses parents étaient des musulmans et lui ne l´était pas. Où était le problème.? Il disait, chaque fois que quelqu´un, à l´occasion d´un enterrement, évoquait le problème de la religion: «Il vaut mieux un bon chrétien qu´un mauvais musulman». Contre cela, il n´y avait pas de parade.

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