«Nos hommes n'ont presque plus de cibles à toucher, ayant terminé très rapidement les objectifs qui leur étaient assignés», a affirmé le commandant de l' «USS Entreprise». Les pilotes du porte-avions «USS Entreprise», engagés dans les frappes contre l'Afghanistan, sont à la recherche de nouvelles cibles après avoir accompli «avec succès» leur mission depuis dimanche. Après les raids en plein jour, l'aviation américaine a poursuivi les bombardements sur l'Afghanistan durant la nuit d'hier. En effet, pour la troisième nuit consécutive, les taliban ont actionné leurs batteries antiaériennes contre les avions ennemis à Jalalabad, dans l'est du pays. Les attaques de la nuit de lundi ont eu pour cibles l'aéroport de Kindahar et un relais de télévision. Durant ce bombardement, cinq bombardiers B-1 et B-2 et 10 appareils ont décollé des porte-avions américains. En outre, deux navires de guerre et un sous-marin ont tiré 15 missiles de croisière Tomahawk. Londres a indiqué que les forces britanniques ont participé aux bombardements de lundi soir avec les moyens logistiques. Outre les 35 civils tués, parmi lesquels quatre démineurs afghans, travaillant pour une organisation non gouvernementale, des sources iraniennes ont annoncé la mort du commandant des forces aériennes taliban. En revanche, le mollah Omar Mohammad a échappé aux frappes près de son domicile à Kandahar (Sud-Est). De son côté, l'Alliance du Nord a déclaré avoir lancé des attaques contre les taliban dans les provinces de Badghis, Ghor, Balkh et Samangan. Son porte-parole Abdullah a affirmé que près de 12.000 combattants taliban et 40 commandants ont rejoint l'opposition dans la province de Baghlan au Nord-Est. Au moment où s'effectuent les bombardements, soutenus par 90% des Américains, les rues de Kaboul se vident de plus en plus. Selon des témoins, la ville semble avoir retrouvé la même atmosphère que celle des années 90. C'était l'époque où le pays était entre les mains des factions qui se déchiraient pour le pouvoir. Dans le monde musulman et arabe, les tensions s'exacerbent. Jakarta, la Thaïlande, le Pakistan, la Turquie et Gaza ont été le théâtre de manifestations contre les bombardements sur l'Afghanistan. En Occident, dans les milieux islamistes, le sentiment anti-américain nourri par ces frappes est porté à son comble.