Pour Hillary Clinton, la majorité des victimes d´Al Qaîda de Ben Laden ont été des musulmans. Ajoutons que Ben Laden, qui a été déchu de sa nationalité saoudienne, et son organisation n´ont jamais essayé d´inquiéter Israël, ne fût-ce qu´avec un seul pétard... Ben Laden n´est plus. Fait exceptionnel, c´est le président des Etats-Unis, Barack Obama, lui-même, qui en a fait l´annonce le 1er mai dernier. Plusieurs jours après, l´événement fait la Une de tous les médias de la planète «étouffant» par, là-même tous les autres sujets brûlants. La Libye, la Syrie, le Yémen, la réconciliation palestinienne, sans oublier le risque nucléaire au Japon. Même les marchés financiers en ont été secoués. Normal, serait-on tenté de dire pour un homme qui a réussi à mettre le monde sens dessus dessous toute une décennie. Mais restons lucides et examinons les réactions des uns et des autres. Il y a ceux qui sont restés un temps tétanisés comme ils l´ont été lors de la révolution tunisienne et celle de l´Egypte qui l´a suivie. Le président français, comme pour la Tunisie, s´est «tâté» plusieurs jours avant de qualifier, hier, dans l´hebdomadaire L´Express que c´est «un succès historique». Une avarice verbale peu habituelle chez l´hyperprésident. Tout comme le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, qui s´est contenté d´un communiqué de trois lignes pour dire que «c´est un triomphe retentissant pour la justice, la liberté et les valeurs partagées par tous les pays démocratiques qui luttent côte à côte dans leur détermination contre le terrorisme». Difficile de trouver plus impersonnelle position. Surtout que, le relayant, la presse israélienne parle de «justice de western» dont on comprend mieux ce propos «par-dessus la jambe» un peu plus loin dans cette même presse que pour «les organisations affiliées à Al Qaîda...Israël n´était pas leur priorité». En réalité, Al Qaîda n´a jamais inquiété Israël. Le mot «priorité» n´est utilisé que pour brouiller les cartes. Un peu plus loin encore, les journaux hébreux se lâchent en rapportant que «les responsables politiques israéliens craignent que le président Obama, renforcé par l´élimination d´Oussama Ben Laden, n´accentue à présent sa pression sur Israël pour qu´il accepte la création d´un Etat palestinien». Traduction: la disparition de Ben Laden n´est donc pas une bonne nouvelle pour Tel-Aviv. Idem pour la France de Sarko qui, selon le patron du renseignement français, Bernard Squarcini, dans un entretien au journal La Provence, mardi dernier, n´avait pas été informé de l´opération américaine contre le fondateur d´Al Qaîda et qui pense que «la mort de Ben Laden va rehausser la menace d´un cran...Il faut être vigilant et inquiet. Il faut désormais surveiller tous les intérêts français au Sahel». Ici non plus, ce n´est pas la joie. Même ambiance dans les studios de la chaîne qatarie Al Jazeera. Ces exemples suffisent pour expliquer la focalisation exclusive des médias du réseau mondialiste, sur les circonstances de l´opération américaine à Abbottabad. Ils cherchent des «poux» et se font presque accusateurs. Pour un peu, ils lanceraient leurs ONG des droits de l´homme contre Obama et l´Amérique. En attendant, c´est Salman Rushdie que Libération s´en est allé «réveiller» pour accuser le Pakistan de «double jeu» dans l´élimination de Ben Laden et à qui il «demande des explications». Voilà quelqu´un qui peut jurer n´être pas prétentieux. Par contre, ce que l´on savait mais qui vient d´être confirmé et appuyé par Hillary Clinton, la secrétaire d´Etat américaine, c´est que la majorité des victimes d´Al Qaîda de Ben Laden ont été des musulmans. Si ce n´est pas clair pour tout le monde, ajoutons que Ben Laden, qui a été déchu de sa nationalité saoudienne, et son organisation n´ont jamais essayé d´inquiéter Israël, ne fût-ce qu´avec un seul pétard. Ceci dit, c´est toute la configuration politique mondiale qui est bouleversée. C´est l´acte 2 de «l´histoire qui s´écrit sous nos yeux». La riposte comme au Yémen, en Libye et en Syrie ne tardera certainement pas. Un gros coup des terroristes n´est pas à écarter. Mais rien ni personne ne pourra arrêter l´Histoire en marche. Une Histoire qui ne va plus dans le sens qu´on lui connaissait jusque-là! ([email protected])