Strauss-Kahn sortant du commissariat de Harlem (New York) les mains menottées au dos, encadré par deux policiers Des bruits courraient dans les dîners parisiens que des révélations allaient tomber comme de la grêle sur un champ de blé, mais dans la posture du harceleur en position dominante... Ce titre de film de François Truffaut et actualité cannoise oblige, ne peut que tomber à point, lorsque l´on évoque le cas Dominique Strauss-Kahn, grand argentier du FMI et dont une bonne partie de l´intelligentsia socialiste attendait le come back hexagonal qui s´apparenterait, au «Retour de l´enfant prodigue», pour utiliser un titre de Youssef Chahine, cette fois...Certes, la présomption d´innocence est de fait une exigence que serait en droit de revendiquer Strauss-Kahn, comme tout justiciable jouissant de droits élémentaires garantis, de surcroît par la loi...Mais voilà, et sans vouloir anticiper sur les suites judiciaires en perspective, disons que l´affaire s´avère, le moins qu´on puisse dire, bien compliquée et complexe pour celui qui incarnait, jusqu´à la semaine dernière, le candidat d´une certaine gauche et qui serait tout de même devenu le candidat par résignation de l´ensemble des Français décidés à en finir avec la droite «bling, bling» incarnée par l´actuel locataire de l´Elysée, Nicolas Sarkozy... La semaine dernière, Le Canard enchaîné parlait d´une «Gauche «vroum, vroum», faisant allusion à la dernière apparition publique du Big Boss du FMI au volant d´une Porsche... Or si les signes apparents de richesse sont dénués de tout caractère délictuel, même si cela peut choquer des contribuables et futurs électeurs, où la crise sociale est loin d´être un orage saisonnier, l´atteinte à l´intégrité d´autrui, et au cas où elle s´avèrerait pour Strauss-Kahn, pourrait être considérée comme une raison indiscutable d´un bannissement politique irréversible...Certes, il y a toujours cette réputation bien gauloise valorisante, par bien des côtés, à l´endroit des émules de Don Juan et d´Eros, avec un bémol pour tout ce qui serait obtenu par la force...Par la force de l´argent ou par l´abus d´une domination dominante...Et dans ce cas d´espèce, Strauss-Kahn peut être analysé à l´aune des travaux psychanalytiques d´Ernest Jung ou de Herbert Marcuse, relatifs à la confusion pour les gens de pouvoir entre les différentes formes de possession qu´induit, par trop souvent, l´exercice du pouvoir...Surtout quand celui-ci atteint des sommets vertigineux...La marge de lucidité devient alors si minime... Et quand l´affaire éclate sur le sol américain cela ne peut que compliquer» voire aggraver les choses pour le concerné... Il y a déjà eu le syndrome Bill Clinton et antérieurement à lui, celui de Roman Polanski (toujours sous le coup, depuis quarante ans, d´une condamnation pour viol sur mineure). On savait depuis quelques mois que la campagne électorale pour la présidentielle française de 2012, allait être chaude (euphémisme!), mais personne ne se doutait que le signal de départ allait être donné si tôt et surtout de pareille manière...Des bruits courraient dans les dîners parisiens que des révélations allaient tomber comme de la grêle sur un champ de blé, et mettant en scène un Strauss pas seulement porté sur la bagatelle, comme on dit, mais dans la posture du harceleur en position dominante... Bien sûr que la rumeur l´aurait, dans ce cas, disputé à la calomnie, mais il en serait resté quelque chose à l´arrivée...Et la dernière petite phrase, lâchée, sur un ton bravache, à des journalistes, lors d´un dîner avec des journalistes parisiens, en avril dernier: «j´aime les femmes et alors?» sortant de la bouche d´un homme public, réécoutée à la lueur de la récente actualité strauss-kahnienne, n´est pas faite pour circonscrire le départ de feu repéré au niveau d´un grand palace newyorkais, par une nuit de mai...On est, comme peuvent le constater certains, bien loin des «Folles nuits d´Alger» dont la rumeur avait bien meublé un été ronronnant algérois des années 1970... Aujourd´hui et indépendamment de l´issue à venir, cette affaire va signifier la mort politique de l´homme qui comptait dans la haute finance et au Parti socialiste. En tout cas Marine Le Pen s´en chargera et avec un certain acharnement, si tout le monde décidait face à la position, en question, du missionnaire d´opter pour celle de l´autruche...