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La perfection du «toucher»
LES ARCANES DE LA FINANCE ISLAMIQUE DE LACHEMI SIAGH
Publié dans L'Expression le 25 - 04 - 2012

Quoi qu'il en soit, il faut avant tout reconnaître aujourd'hui que «le caractère éthique de la finance islamique» permet toutes les heureuses audaces et c'est ce que Lachemi Siagh explique dans son ouvrage Les Arcanes de la finance islamique (*).
Néanmoins, peut-être faut-il reconnaître aussi qu'il y a toujours un petit malaise quand la pieuse moralité lorgne vers la profane main qui compte l'argent et pas du tout quand le monnayeur, fort religieux, est tourné vers les affaires, c'est-à-dire quand l'homme de foi qui s'occupe de ses intérêts financiers ou d'autrui, question lourde de sens par elle-même et la réponse aussi par son indiscrétion. Longtemps, à tort ou à raison, cette observation acharnée sous toutes ses formes s'est durant des siècles développée dans les esprits de bonne foi. Et pourtant, le commerce est né avec la formation naturelle de la société humaine et ainsi les affaires commerciales n'ont jamais été empêchées et n'ont jamais manqué de professionnels. On pourrait même penser que dire «la fortune est aveugle et l'argent n'a pas d'odeur», c'est accabler d'outrages la profession de financier et, par ailleurs, c'est reconnaître, a contrario avec Lachemi Siagh, que «le domaine de la finance a été peu exploré et est resté presque vierge», - ce qui est exact.
Lachemi Siagh sait de quoi il parle. Sa longue formation universitaire (docteur en Management stratégique et titulaire d'un MBA à HEC Montréal), son expérience professionnelle (maîtrise de l'éthique occidentale des affaires et de la culture islamique, notamment dans le domaine des pratiques financières internationales comparées) et surtout ses activités dans les hautes fonctions de la finance un peu partout dans le monde (Amérique du Nord, Moyen-Orient et Afrique du Nord) attestent ses compétences d'expert dans le domaine le plus en vue de l'économie mondiale. Son ouvrage est celui d'un spécialiste à jour des connaissances actuelles, sans toutefois se circonscrire dans un effet d'écriture complexe et sans attrait pour le commun des lecteurs. Le ton est donné dans un paragraphe éclairant, précédent l'introduction: «Malgré le triomphe des thèses des littéralistes musulmans au IXème siècle qui a enfermé le monde musulman dans l'immobilisme, l'avènement de la finance islamique constitue aujourd'hui un renouveau de l'effort d'interprétation (Ijtihad), d'inférence (Qiyas) et de consensus ('Ijma') cher aux courants rationalisants.»
Dès les premières lignes de son introduction, il consolide son affirmation: «Les premières organisations économiques où les pratiques économiques et financières islamiques peuvent être observées aujourd'hui sont précisément les institutions financières islamiques. La religion dans les pays musulmans a donné naissance à un système unique où les questions managériales et stratégiques peuvent être observées. Ce système bancaire islamique est caractérisé par des formes d'organisation bien différentes des banques commerciales classiques, avec une mission et des objectifs propres, des stratégies et des structures adaptées. Les exigences principales de l'environnement religieux, telles la prohibition de l'intérêt (Riba), l'imposition de la Zakat (impôt religieux), l'interdiction des opérations spéculatives (Gharar), etc. se sont reflétées au sein de ces organisations par des produits nouveaux (Mourabaha, Moucharaka, Ijara, Istina, Soukouk, etc.), et des institutions nouvellement créées comme le conseil de la Charia et le comité de la Zakat.» D'autres indications spécifiquement liées aux opérations bancaires sont présentées, ce sont les activités prohibées par le Coran (l'alcool, l'industrie porcine, les jeux de hasard,...) et les activités illicites: assurance commerciale, par exemple, remplacée par la Kafala, un concept islamique d'assurance alternative.
L'ouvrage de Lachemi Siagh, portant sur les arcanes de la finance islamique, se développe sur huit chapitres. Trois sont consacrés à des rappels tels que «Les composantes de l'Islam», «Les courants de pensée islamique» et à la présentation des «Principes de la finance islamique». Les chapitres IV et V sont les plus développés, car ils précisent «Les instruments financiers islamiques», ceux «de dette» (Mourabaha/prêt conventionnel, Moukarada/obligation assimilable au titre, Ijarah/ leasing, Istina, etc.) et d'investissement impliquant «Les acteurs de la finance islamique» (banques, fenêtres islamiques/banques conventionnelles occidentales, fonds islamiques, etc.). Selon l'auteur, «Aujourd'hui, il existerait quelque 500 institutions financières à travers le monde.». Les chapitres VI, VII et VIII traitent des thèmes suivants: «La gouvernance des institutions financières islamiques», «Les défis de la finance islamique» et «L'arrivée de la finance islamique». Ces chapitres sont précédés d'une liste de «Termes se rapportant à la culture islamique utilisés dans ce livre» et suivis d'une substantielle bibliographie et, étonnamment, d'un index inexploitable, car les mots et les groupes de mots cités ne portent aucun numéro de page pour les retrouver dans l'ouvrage (omission?). Par contre, l'impressionnante «Liste des principales institutions financières islamiques» classées par pays, tire l'oeil et instruit.
Que conclure? Le travail de Lachemi Siagh sur Les Arcanes de la finance islamique est une importante réflexion sur le bien-fondé de l'existence et le développement de la finance islamique, non seulement dans les pays musulmans mais partout dans le monde. On remarquera l'excellent comportement de la finance islamique face à la crise financière dans le monde entre 2007 et 2008. Avec méthode, scrupule et naturel, l'auteur «a passé en revue les causes qui ont mené les banques conventionnelles dans la tourmente et expliqué pourquoi les banques islamiques y ont échappé.» Il a montré, à l'aide de références incontestables, les raisons de la réussite de la finance islamique, en particulier du fait que «les gestionnaires des banques islamiques se trouvent soumis à un système de double gouvernance: celle du conseil d'administration et celle de la Charia.». C'est ainsi que «la finance éthique à travers la finance islamique, écrit-il, est devenue très à la mode non seulement dans les régions que nous venons de mentionner [Moyen-Orient, Afrique du Nord, Asie du Sud-Est], mais également en Afrique de l'Ouest, en Europe et dans une certaine mesure en Amérique du Nord.»
Dans un monde tourmenté par la crise économique, Les Arcanes de la finance islamique expliqués par Lachemi Siagh constituent un exemple de gageure gagnée, et d'autant que l'on entend beaucoup en Europe se lamenter de se voir obligés «de brader une partie du sol de la Patrie» et de s'interroger en ces termes: «Le pire est ailleurs: dépouillée de toute transcendance la Civilisation occidentale a universalisé le culte du dieu argent. Est-il encore possible de parler de Civilisation (Pierre Jeanthon, chroniqueur)?»
(*) Les Arcanes de la finance islamique de Lachemi Siagh, Casbah-Editions, Alger, 2012, 142 pages.


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