La fraude, la fronde généralisée, le taux éliminatoire, le fichier électoral retardent la mise en branle des partis. Dans un statu quo général, des timides tentatives d'alliances et esquisses de préparatifs de l'échéance électorale suivante sont tant bien que mal opérées. L'échiquier politique, son échec et incapacité à représenter les larges pans des électeurs potentiels seront moins apparents, pour les locales que les législatives passées. Cependant, la «fraude massive» ayant marqué les législatives, selon le rapport de la Cnisel, sera-telle renouvelée lors de la prochaine échéance? Certains partis, à l'instar d'El Islah déclarent soutenir la recommandation de la Cnisel en évoquant la participation aux élections locales. Il s'agit d'écarter l'administration en «créant une instance mixte composée de partis et de magistrats pour surveiller et superviser les élections en écartant totalement l'administration». La création de cette instance «évitera l'échange d'accusations entre les partis et le pouvoir concernant la fraude lors des prochaines échéances électorales». En prévision de cette consultation, le secrétaire général d'El Islah invite le FJD de Abdallah Djaballah et le FC de Abdelmadjid Menasra, à rejoindre l'Alliance de l'Algérie verte (AAV) lors des prochaines échéances électorales, d'autant plus que ces formations politiques appartiennent à la même tendance politique». Mais il n'est pas aussi certain que ces partis islamistes dépasseront leurs divergences et la problématique du leadership pour présenter des listes communes aux élections locales prévues en octobre prochain. Cela sachant que Saâd Djaballah et l'ex-ministre de l'industrie, M.Menasra ont toujours été hostiles à l'ambiguïté dans la position ou l'entrisme du MSP. D'ailleurs, les députés de ces deux partis sont en train de former un groupe parlementaire en s'alliant au parti El Fedjr El Djadid de Tahar Benbaïbeche qui a obtenu 7 sièges aux législatives ainsi que deux autres micropartis. De son côté, Louisa Hanoune a indiqué que son parti s'attelait à réunir les conditions nécessaires pour participer aux prochaines élections locales. Le PT «a mis l'accent sur la poursuite de la mobilisation de la base populaire du parti et la préparation des candidats au prochain rendez-vous électoral», dit-elle. Cette formation, qui a opté pour la non- participation aux postes de responsabilité dans l'actuelle APN, a fait savoir par la voix de sa secrétaire générale, que le RND avait proposé au PT une alliance au sein de l'actuel Parlement, précisant que cette proposition était à l'examen. Considéré comme «un tour de passe-passe» derrière l'élimination d'un grand nombre de listes lors des législatives et le report de voix au plus fort, le taux éliminatoire où la caution électorale devrait être prise en compte par les partis pour éviter la surprise et le choc du 10 mai dernier en automne prochain. Ceci est d'autant plus capital que le taux passe de 5% aux législatives à 7% aux locales pour les listes électorales. Ce n'est pas tout, la révision du fichier électoral est une question soulevée également par les partis. Par ailleurs, au RND, secoué par une dissension interne, Ahmed Ouyahia veut préserver l'unité des rangs pour aborder les prochaines élections locales dans les meilleures conditions. Les frondeurs du RND souhaitent aller à la tenue d'un congrès extraordinaire urgent du parti avant les prochaines élections locales en vue d'élire une nouvelle direction du parti. C'est le même cas de figure pour le FLN, miné par une crise qui dure depuis plus de deux ans. Ce parti retarde encore la tenue de sa session du comité central (CC), réunion, qui devra avoir lieu au milieu du mois en cours, et qui sera certainement houleuse.