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«On demande une concurrence loyale»
LE LIVRE ET LA LOI DE FINANCES EN DEBAT
Publié dans L'Expression le 19 - 11 - 2003

La librairie Chihab a abrité, lundi soir, une rencontre-débat autour de cet épineux sujet soulevé dans l'urgence par le Snel...
Alors que le Sénat se penchait, lundi soir, sur le projet de loi de finances 2004 (controversé), en passe d'être adopté par les sénateurs, ailleurs, à Bab El-Oued, la librairie Chihab Internationale abritait une rencontre autour, justement, de cette loi et son incidence sur l'industrie du livre en Algérie. Initiée par le Syndicat national des éditeurs du livre (Snel), c'est dire le caractère urgent de cette rencontre qui a relevé l'impact social, économique, culturel et politique qui sera induit par les dérives de cette loi relative à la franchise des droits et taxes à l'importation imposée aux livres universitaires et scolaires. «Débattre de la vie ou de la mort du livre en Algérie», révèle tout le malaise ambiant qui caractérise l'industrie du livre chez nous. Modérée par Bengerna Mohamed, la conférence est ouverte par Smaïl Ameziane, président du Snel et directeur de Casbah Edition qui soulignera l'aspect irréfléchi de cette loi. «Je ne peux pas comprendre qu'on exonère le manuel scolaire qui est homologué par le ministère de l'Education. Cette loi ne profite qu'à l'industrie étrangère du livre. Le ministre des Finances a charcuté la matière, il n'a gardé que l'importation du manuel scolaire. Est-ce de l'inconscience?» se demande-t-il. Pour M.Ameziane, cette loi conduira les industriels du livre à mettre la clé sous le paillasson. «Ils ne pourront pas concurrencer des industriels étrangers, des imprimeurs qui ne paient pas de taxes. Pourquoi aller imprimer à l'étranger? Je me pose cette question en tant que citoyen. Pourquoi pénaliser l'industrie algérienne?», renchérit-il.
En effet, il faut savoir que la taxe est estimée à 32% (15% pour le papier et 17% de TVA). Les étrangers, eux, ne paieront rien. Cela réduit à néant tous les efforts des éditeurs et imprimeurs nationaux pour investir dans ce secteur. Le directeur de Casbah Edition ne comprend pas, non plus, le mutisme des partis politiques qui ne réagissent pas contre ce projet de loi, qui, s'il vient à être adopté constituera un grave danger pour l'industrie du livre algérien. Le président du Snel prend pour exemple la Tunisie qui possède 6 rotatives. «On n'importe plus le livre en Tunisie et au Maroc. Ils ont mis en place des mécanismes pour que l'industrie du livre émerge.» Abordant le volet économique, M.Guerfi, éditeur à Chihab parlera également en sa qualité d'imprimeur. Il indiquera, à juste titre, que cette loi poussera les innombrables sociétés qui ont investi des milliards pour l'octroi de machines, à stopper net leur opération. «Ces projets vont être gelés. C'est grave. L'industrie du livre va être anéantie sans compter les retombées négatives en termes de création d'emplois». S'agissant du plan culturel, l'orateur dira que sans «l'édition scolaire, il ne peut y avoir d'édition littéraire (roman, nouvelles...), car c'est la moelle épinière de tout». L'impact de cette loi sur le livre est politiquement encore plus grand s'il arrive que notre pays rentre en conflit avec l'Union européenne par exemple. Etant entre les mains de pays étrangers, il ne sera plus imprimé là-bas. Le résultat est la mort certaine du livre. L'avenir de la fabrication du livre en Algérie est pour rappel, en débat actuellement au sénat. Abordant le volet social, M.Yahiaoui, DG de l'Enag avouera que le problème aujourd'hui est de savoir comment sauvegarder les emplois des travailleurs. Avec un effectif de 400 travailleurs, l'Enag a édité cette année 6 à 7 millions de livres scolaires. Une rotative était sur le point d'être acquise, cette loi remet tout en question. «On pensait recruter et former des gens à l'étranger. Ce n'est plus le cas. Le problème est non plus de créer des emplois mais comment faire pour les maintenir», confie M.Yahiaoui. Un enjeu économique de taille qu'il faut prendre en considération. Faisant allusion à la loi du plus fort, l'universitaire O.L. relèvera que le rôle du gouvernement est non seulement d'arbitrer mais aussi de défendre l'intérêt national.
«On a l'impression que le gouvernement n'a pas de stratégie», et d'ajouter «l'espoir est de construire une édition du livre puissante car c'est un facteur essentiel du développement de la culture». M.O.L. achèvera judicieusement: «C'est une loi d'importation du chômage.» N'étant pas très éclairée a priori sur les retombées de cette loi, Selma Hellal, la responsable des éditions Barzakh s'interrogera sur les raisons de déplorer cette loi en bloc voyant en elle plutôt un avantage pour le citoyen algérien de profiter d'un éventail large de livres, notamment l'ouvrage universitaire qui fait cruellement défaut chez nous. «Le danger que suscite cette loi, lui répond M.Ameziane, c'est qu'elle nous pousse obligatoirement à imprimer à l'étranger. Qu'on ne m'impose pas de me délocaliser et d'aller imprimer à l'étranger!» et M. Guerfi de renchérir: «cette loi a été faite pour les importateurs et les filiales étrangères. Elle va leur permettre de tout prendre alors qu'ils n'ont rien investi.» Evoquant l'évolution de la technologie, M.Guerfi dira qu'on pourra exporter. «Au niveau de la concurrence, on a de la qualité.» Prenant la parole, Mme Djennas, conseillère auprès de Khalida Toumi, ministre de la Culture et de la communication, déclare se battre pour le livre pour qu'il soit créateur d'emplois, notamment. «Cette loi m'a glacée, m'a fait perdre mes espoirs», avoue-t-elle. Elle exhortera l'assistance de lutter sur d'autres fronts en l'occurrence celui du piratage. «Le gros bénéficiaire du livre, ce sont ceux qui importent, donc ceux qui détiennent le marché du livre. Il faut diminuer la sortie des devises et développer l'exportation entre pays africains», et de proposer: «Si jamais la loi est maintenue, il faudra trouver des mécanismes pour pouvoir agir à l'intérieur.» Et de se demander: «A qui profite le crime? Au regard des éditeurs qui ont des capitaux et des siècles d'expériences, il faut maintenant trouver des solutions car le constat, on le connaît tous.»
Exonérer les intrants, suffit-il pour faire face aux concurrents étrangers?


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