«Furieux» était, vendredi dernier, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à l'annonce de l'imminence d'un accord entre le 5+1 et Téhéran. Ainsi, au moment où le monde entier se démène pour trouver une solution pacifique au contentieux du nucléaire iranien, il y a au moins un pays qui fait des pieds et des mains pour contrer ces efforts, incitant en revanche à recourir à la force contre l'Iran. Une attitude qui détonne dans un monde déjà marqué par trop de conflits pour en susciter d'autres de manière aussi contrefaite. Et la «menace existentielle» sur Israël n'explique pas tout. En effet, les réactions d'Israël sont autant abusives que stériles qui réduisent la paix et la sécurité de la planète à la seule sûreté de l'Etat hébreu. Depuis jeudi dernier, l'Iran et le groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) tentent d'aplanir les derniers obstacles pour parvenir à un accord entre les deux parties. Le monde a accueilli avec satisfaction cette avancée, sauf Israël. Ainsi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a-t-il mis en garde vendredi dernier contre un accord avec l'Iran, affirmant qu'il fera le «nécessaire» pour contrecarrer ce dessein. Netanyahu a donc affirmé vendredi qu'«Israël n'est pas tenu par cet accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple», lors d'un tête-à-tête avec le chef de la diplomatie américaine, John Kerry. Déjà, mercredi dernier, quand les choses ont commencé à bouger du côté de Genève, le chef du gouvernement israélien avait mis en garde les négociateurs occidentaux répétant qu'Israël «se réserve toujours le droit de se défendre lui-même, par ses propres moyens». En fait, Israël, seul pays du Moyen-Orient et du Golfe persique à disposer d'un arsenal nucléaire - estimé par les experts occidentaux entre 180 à 300 ogives atomiques - applique la doctrine Begin (ancien Premier ministre) selon laquelle «Israël ne s'accommoderait jamais d'une puissance nucléaire à ses côtés». Cette doctrine belliciste est associée à la devise du bourreau du peuple palestinien, le général Moshé Dayan, selon laquelle «Israël doit toujours apparaître comme un chien enragé, trop dangereux pour les autres». Ce que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'est efforcé de faire valoir dans une ridicule et théâtrale mise en scène, en octobre 2012 devant l'Assemblée générale de l'ONU, exigeant quasiment de la communauté des Nations de mettre au ban de la société internationale l'Iran et de lui signifier une «ligne rouge». La menace iranienne est-elle réelle? Les faits parlent d'eux-mêmes: l'Iran n'a jamais attaqué aucun pays voisin, n'en a menacé aucun et ne passe pas son temps à exhiber «sa force». En revanche, Israël a, à son actif, quatre guerres contre les Arabes, a fait de l'assassinat ciblé l'épine dorsale de sa politique de défense - Yasser Arafat semblerait avoir été l'une des victimes de ces assassinats ciblés - et considère que le monde arabo-musulman (de l'Atlantique au Pakistan) constitue son «ère de sécurité». En fait, du point de vue d'Israël, tous les pays de cette vaste région arabo-musulmane doivent être désarmés et démilitarisés, Cela revient à ne reconnaître aucun droit à près d'un milliard d'êtres humains face au minuscule Etat juif. De fait, Israël qui a détruit une centrale nucléaire en Irak en 1981 et agressé la Syrie en 2007 est de même prêt à frapper l'Iran quitte à commettre un génocide juste pour assouvir une vengeance ou prévenir une menace chimérique qui n'est brandie par l'Etat hébreu que pour légitimer l'arbitraire En réalité, il faut admette qu'Israël - dont le comportement est à tout le moins spécieux et inconcevable - a besoin de conflits, de sang et de guerres pour exister. Israël qui est surarmé et détient la plus puissante armée conventionnelle de la région, ne veut pas d'un voisinage doté de moyens de défense. Mais Israël semble être allé très, très loin dans son concept de «menace existentielle» pour sa survie, si l'on excipe du fait qu'outre les capitales arabes sur lesquelles seraient pointées des têtes nucléaires, cela serait également le cas - aussi surprenant que cela puisse paraître - sur certaines capitales européennes. Des armes nucléaires israéliennes pointées sur l'Europe? Israël, en fait, ne recule devant aucun forfait et serait ainsi prêt à provoquer une nouvelle Shoah. Cela explique la fureur du Premier ministre israélien face aux perspectives de paix avec l'Iran.