Ces insectes ont été repérés en Turquie, en Chypre, en Israël et en Grèce. Dans la poursuite progressive de leurs pérégrinations, les criquets pèlerins atterrissent, de nouveau, dans les régions de l'extrême sud du pays. Des nuées considérables ont été signalées dans les wilayas de Tindouf, Béchar, Illizi. Il en est de même dans les régions du nord Sahara telles Naâma, El Bayadh, Djelfa et El Oued, où l'on a signalé quelques nuées de criquets. Néanmoins, les changements climatiques que connaissent les régions Nord du pays, tendant progressivement à la fraîcheur, font que les criquets en provenance des régions du Sahel ou du Maroc, s'arrêtent dans les wilayas de l'extrême sud du pays à l'exemple de Tamanrasset qui demeure, avec la chaleur que connaît la région, un lieu propice pour l'invasion acridienne. Les moyens mis en place pour lutter contre ces invasions, qui prennent de plus en plus d'ampleur, à la faveur de la prédominance de la chaleur dans le Sud, ont permis de traiter, jusqu'au 1er novembre, 80% des régions infestées notamment dans les régions de Bordj Badji Mokhtar, Adrar et Tamanrasset. Un dispositif de 31 avions est mobilisé pour renforcer cette lutte. Ce nombre augmentera graduellement pour atteindre les 48 aéronefs. Ce dispositif permettra, à coup sûr, de minimiser les dégâts qui découleront de ce phénomène. Depuis le début d'octobre, jusqu'au 30, la surface totale infestée et traitée est de 143 500 hectares alors que celle infestée est de 136 400 hectares. Une superficie de près de 1900 hectares est en cours de traitement au niveau du nord de Tébessa et au sud de Djelfa (1000 hectares environ). La capacité de traitement est passée quant à elle à 16.000 hectares/jour contre 12.000 hectares il y a quelques jours. On s'attend par ailleurs, à ce que des groupes plus ou moins importants de ces insectes passeront en Algérie via le Maroc. Les régions de Beni Ouenif, Tabelbala... sont des zones de passage. Ces infiltrations sont attendues malgré le travail gigantesque qui est en train de se faire au Maroc et en Mauritanie pour arriver à bout de ce phénomène dont les conséquences sont désastreuses sur les terres agricoles. M.Moumen a souligné que dans ce pays voisin, quelque 460.000 hectares sont infestés, dont 400.000 ont été traités et près de 60 000 hectares sont en cours de l'être. La moyenne de traitement, quant à elle, est de 30.000 hectares/jour. Chez nous, l'on s'attend, à la mi-novembre, à d'autres invasions en provenance du Maroc et du Nigeria. «Mais tous les dispositifs nécessaires sont mis en place pour parer cette invasion».