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Sacrée présomption d'innocence
TAYEB LOUH À EL TARF
Publié dans L'Expression le 16 - 01 - 2016

Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux
Mieux qu'à Mila, Aïn Témouchent et Sétif, Louh a forcé la dose à El Tarf. Un festival de concepts sur les valeurs.
Avec l'inauguration de la 46e cour du pays, il ne reste plus - après El Tarf, ouverte jeudi - que deux: Khenchela et Tissemsilt et les 48 cours seront enfin toutes opérationnelles. Cet important pan de la réforme de la justice est considéré par les cadres du ministère de la Justice, comme un événement de taille dans l'histoire de notre pays qui connaît des avancées concrètes.
C'est donc vers 18 heures que Tayeb Louh, ministre de la Justice, garde des Sceaux, était arrivé devant l'imposante bâtisse, la cour d'El Tarf, chef-lieu situé à 55 km de Annaba et à quelques encablures de la Tunisie voisine.
Flanqué de Tayeb Belhachem, Boudjemaâ Aït Aoudia, Salim Laâdaouri, Abdelhalim Akka, Mokhtar Lakhdari et Amina Haddad, respectivement inspecteur général, directeur des ressources humaines, directeur des finances et des moyens généraux, directeur de la modernisation, directeur des affaires judiciaires et directrice de la communication, le ministre a été accueilli par le président et le procureur général de la cour de Annaba ainsi que les walis de Annaba et d'El Tarf.
L'inauguration a eu lieu dans une liesse populaire digne de la joie des populations de la frontière nord-est du pays, car comme le souligne Me Nedjouaâ, le bâtonnier de Annaba, qui englobe outre El Tarf, Annaba Guelma, Souk Ahras et Tébessa, les justiciables de cette région remercient la réforme de la justice, dont un des fruits est le bris du casse-tête des nombreux et périlleux déplacements de la wilaya d'El Tarf sur la Coquette.
La visite de la nouvelle cour, un joyau, a permis à Louh de causer longtemps avec le personnel dont la majorité était étranglée par le trac...
La cérémonie d'installation de Nacéra Bouhadi, la nouvelle présidente de cour et Omar Guenaoui, le procureur général terminée, le ministre s'adressera aux cours du pays via la visioconférence avec un couac cependant: le nombre élevé de magistrats absents même si l'excuse des audiences, qui se tiennent au même moment, est mise en exergue. Il était 12h20 lorsque le ministre de la Justice, garde des Sceaux débuta son speech devenu une saine tradition lors de ses visites aux cours.
La garantie des droits du justiciable
Dix mots pour dire sa joue d'être dans cette région touchée par les instructions du président de la République, initiateur de la réforme du secteur prioritaire dans son programme qui voit ainsi neuf nouvelles cours programmées depuis longtemps.
Il a salué le gain de temps et de sueur pour les justiciables de Tindouf, Mila, par exemple.
«Je suis heureux de m'incliner devant le sacrifice des citoyens de cette région bénéficiaire du programme présidentiel d'une cour de justice...», a martelé le ministre qui a félicité Nacéra Bouhadi, une autre dame présidente après Ouardia Naït Kaci (Bouira), Zoubida Charaf Edine (Guelma), Hadjer Benyezar puis Houari Boumaza (Jijel), Fatiha Boukhorsa (Tipasa) et Chafia Maâlem-Abed (Mosta) ainsi que Djamila Zigha, la première procureure générale du pays et l'unique bâtonnière Ouafia Sidhoum (Bouira).
Avant d'entrer dans la garantie des droits du justiciable, Tayeb Louh entre dans l'avant-projet de la Constitution avec l'indépendance de la justice et réaffirme, avec force, que nul n'a le droit de s'ingérer dans le cours de la justice.
«La prochaine Constitution a renforcé cette interdiction!» a martelé Louh, qui a rappelé les devoirs du juge qui doit être irréprochable et au-dessus de tout soupçon pouvant ternir l'image de la magistrature.
Techniquement, Louh explique l'inamovibilité du juge du siège qui doit obéir à des considérations que seule la loi permet. Le citoyen sera mieux protégé désormais avec les nouvelles recommandations concernant la violation du domicile du citoyen et mieux: sa protection.
Passant à l'amélioration du juge, il recommande la formation continue, grâce à laquelle, le magistrat sera un pilier dans le système judiciaire, avant de marteler que quiconque touche à la vie privée des citoyens ne peut que constater le désespoir de ces mêmes citoyens qui se considèrent comme abandonnés. «Force reste à la loi et nul ne peut bouffer'' un plus faible, car il y va de la stabilité du pays.» «C'est là, l'Etat de droit et sa construction», ajoute-t-il et là aussi, avant qu'il ne répète, que si le citoyen se sent agressé sans que la loi n'intervienne, il oubliera son patriotisme.
«Sachez que le président de la République tient à ces principes cardinaux qu'il suit de très près», s'écrie-t-il et de «cogner»: «Nos valeurs veulent que cela soit.»
Et de redoubler d'ardeur: «Cela dépasse de loin la politique.» Pour le ministre, la justice reste l'unique branche à laquelle s'accroche le citoyen, souvent perdu dans le flot des ragots. Passant à la liberté d'expression et celle de la presse, Louh dit que la Constitution va interdire l'incarcération des journalistes coupables de diffamation. «Mais je lance un appel solennel pour le respect de la déontologie.»
Les droits de l'Autre doivent être respectés.
La justice a le devoir de protéger la société et d'appliquer la loi dans toute sa rigueur, tout en rappelant le rôle de l'avocat dans toute sa dimension et l'avant-projet de la Constitution l'a consacré dans un de ses articles.
«Le principe de la présomption d'innocence doit primer et doit toucher toute la société!» a balancé Louh insatiable dans sa pédagogie.
Louh prend plaisir à rappeler un principe cardinal qui veut qu'«un criminel en liberté est mieux qu'un innocent en détention».
Et de regretter que de nos jours des noms de familles sont jetés en pâture alors que ces personnes ne sont pas poursuivies. Et puis hop! Immanquablement, Louh saute au cou du parquet qu'il responsabilise dans toute la largeur des épaules du procureur de la République, responsable de tout ce qui arrive dans son giron!
Aucune preuve palpable
Il recommande le respect de la culture de l'édification de l'Etat de droit, l'affaire de tous, à commencer par le ministère public. Nul n'a d'excuse pour effectuer son boulot. «Surveillez les droits du citoyen mieux que le lait sur le feu», recommande Louh en direction des parquetiers qui seront heureux du bonheur des justiciables ayant eu gain de cause dans le dossier engagé et ce, en vue d'édifier un Etat fort et juste.
L'abus de pouvoir aussi a été croqué avec calme par le ministre que l'assistance suivait religieusement, car convaincu de la bonne foi de ce ministre jovial, crédible, mesuré, sage même s'il lui reste beaucoup à faire dans le domaine de la marche de la justice modernisée: «Suivez quotidiennement tout ce qui se passe dans votre juridiction et les inspecteurs ont un rôle crucial dans le quotidien des magistrats», avant d'atterrir sur le «civil» et les droits des gens qui attendent, là aussi, beaucoup de magistrats qui sont tenus de suivre les conférences périodiques tenues par la visioconférence très utile dans le cadre de la formation continue. Louh recommande la coordination des magistrats avec les gens de la presse, en vue d'informer objectivement autour d'une affaire donnée souvent livrée à la rumeur, surtout lorsqu'il s'agit des kidnappings d'enfants.
«Il faut combattre le crime à tout moment et avec la plus grande rigueur!» a sifflé l'orateur qui sera «inspiré», encore une fois, par le concept: édification de l'Etat de droit. L'appel à introduire en criminelle aussi a été martelé et répété la prochaine application des réformes du Code de procédure pénale.
La comparution immédiate, la dissolution du mandat de dépôt d'entre les mains du parquet et à déplacer entre celles du juge du siège, ont poussé Louh à se féliciter des dispositions (déjà) prises par les cours en vue d'entrer dans ce nouvel univers d'après la nouvelle Constitution.
Alors que Sid-Ahmed Abdedaïm s'affairait à préparer l'accueil dans la salle polyvalente, à visiter juste avant celle du nouveau tribunal d'El Tarf, Louh reprenait les en-têtes cardinaux de son speech pour ce qui est de la déontologie, du respect des autres, le devoir de réserve des magistrats, qui empêche les dépassements et autres fléaux éclaboussant la robe noire, de la réaffirmation du droit de la défense authentique partenaire de la justice, l'effort soutenu de l'édification de l'Etat de droit et surtout l'appel lancé en direction de la presse nationale pour mieux expliquer les profondes réformes notées dans l'avant-projet de la Constitution, de l'obligation de ressasser les réformes entamées de fond en comble, le retour à l'attachement aux valeurs et surtout la fin du cauchemar qui voit le puissant «bouffer» le faible.
Louh venait de prononcer le plus important discours depuis son arrivée à El Biar, en septembre 2013, car il a brossé, en moins d'une heure, un tableau exhaustif de ce qu'attendent les justiciables, les magistrats et la justice avec la prochaine Constitution et la mise au frigo des auteurs de diffamation tous azimuts «salissant» les familles sans fournir aucune preuve palpable, faisant de leurs auteurs des gens bas, vils, mesquins et ignobles.


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