Bougez, sortez de votre ghettos, informez, expliquez et impliquez-vous davantage... C'est ce que semble dire, à l'endroit des entreprises algériennes, le fondateur de la Convention France-Maghreb, Mohammed El Ouahdadi, président du cabinet de management et des ressources humaines, MRH. «Les entreprises algériennes sont passives, elles ne savent pas prospecter. Elles restent dans leur coin et attendent que des opportunités viennent vers elles. On a l'impression qu'il y a encore, chez les entrepreneurs algériens, une culture du secret alors que la marketing exige, plus de transparence et de présence sociale» a déclaré, dans la nuit d'avant-hier, M.El Ouahdadi, à l'hôtel Sofitel (Alger ), au cour d'une rencontre en prévision du lancement de la quatrième Convention France-Maghreb, qui se déroulera, les 27 et 28 janvier prochains, au Palais des Congrès à Paris. «C'est un constat que j'ai fait par rapport aux entreprises tunisiennes et marocaines qui elles, sont plus présentes et actives, en termes de recherche et de prospection» a ajouté le président de MRH. Pourtant, les opportunités ne manquent pas de l'autre côté de la rive méditerranéenne. Pour ne citer que cet exemple: «Plus de 150 bureaux d'études dirigés par des franco-algériens ne demandent que des interlocuteurs pour transférer leur savoir-faire» a encore indiqué M.El Ouahadi. La Convention France-Maghreb est une initiative qui encourage, l'intégration franco-maghrébine, à la fois, aux plans culturel et économique. Elle s'adresse essentiellement aux entreprises, aux associations professionnelles, et à toute la communauté d'affaires internationale, intéressée par le développement économique, de la région. 2700 professionnels de plusieurs pays, des centaines d'entreprises, de réseaux économiques et sociaux et plusieurs ministres et hauts fonctionnaires français et maghrébins, prendront part à cette manifestation devenue un rendez-vous annuel, après trois ans d'existence. La dernière édition en janvier 2003, qui a coïncidé avec les activités de l'année de l'Algérie en France, a vu la participation du ministre de l'Energie et des Mines, Chakib Khelil, aux côtés de ses homologue français, marocain, libyen et tunisien. «J'estime que cette rencontre est en mesure de jouer un rôle de promotion et catalyseur, autour des opportunités que l'ouverture économique au Maghreb offrent, notamment aux investisseurs et jeunes diplômés maghrébins» a alors souligné Chakib Khelil, dans son allocution. Cette initiative est aussi un moyen de mieux identifier les opportunités entre les deux rives. Ce faisant, l'ambition de M.El Ouahdadi va plus loin: «Nous voulons faire de cette quatrième édition de la convention France-Maghreb, le forum Davos, franco-maghrébin» Autrement dit, une sorte de lobbying maghrébin, pour faire face aux défis qui attendent cette communauté dans les années à venir. «Si on n'agit pas, on sera laminé par la diaspora asiatique qui gagne du terrain et se fabrique des clichés selon lesquels les Asiatiques sont plus travailleurs et disciplinés que les maghrébins» a averti le président de MRH. Dans ce sens, l'édition de cette année porte bien son slogan: «Agir ne pas subir»