Bouira veut briller Le square du centre-ville de Bouira fait partie du patrimoine de cette ville. La décision de le réhabiliter et de le remettre à niveau était plus que nécessaire, surtout que la wilaya, dans sa globalité, a vécu une phase où l'ensemble de ses vestiges séculaires a connu la démolition. Il en a été ainsi du Monument aux morts, détruit juste après l'indépendance, l'église transformée en institut de musique, la source d'Aïn Graoueche enterrée, l'actuel siège de la commune qui sera rattaché au théâtre Amar-Laskri, la dégradation sous des regards complaisants du CEM Ibn Khaldoun qui a célébré son centenaire depuis trois années, même constat révoltant pour le lycée Mira, ouvert en 1973 et qui était l'unique lycée de la ville, mais qui subit au quotidien les aléas de la nature et les méfaits de ses occupants... pour ne citer que ces quelques exemples qui illustrent la situation de non-défense et de non-préservation du patrimoine matériel d'une ville en particulier. Au niveau de la wilaya en général, les crimes contre le patrimoine sont plus flagrants avec l'abandon qui caractérise le tombeau de Takfarinas du côté de Maâmoura, le délaissement total des lieux de la mémoire: la bataille d'El Mokrani du coté de Soufflatte... On rappellera que la remise à niveau du square avait été imposée par une action de rue des citoyens après l'annonce de son affectation à la réserve foncière pour le transformer en parc de stationnement au profit de la direction des impôts. En fait, l'ancien wali de Bouira aujourd'hui à la tête de la wilaya de Tébessa, avait pensé rentabiliser les lieux qui n'étaient qu'un coin où proliféraient rats et autres animaux nocturnes. Les oiseaux communément appelés Pecos, y ont élu domicile et leurs excréments sont un véritable tracas pour les riverains, mais surtout pour les centaines d'élèves du CEM situé aux abords de ce jardin. Sans oublier les rivalités de clocher: les lieux étaient aussi un point de chute pour les ivrognes et les SDF depuis qu'un ancien exécutif communal avait cédé une partie des lieux à un cafetier avant que d'autres élus ne retirent l'autorisation à l'exploitant. Cependant, le projet de remise à niveau et de réhabilitation s'éternise et s'étend dans le temps; récemment la construction d'un sanitaire, établissement qui manque considérablement à travers les villes de la wilaya de Bouira, a fait monter la moutarde au nez de l'association des parents des élèves du CEM Ibn Khaldoun. A bon escient, les ouvertures d'aération de cette structure donnent directement sur les fenêtres d'une classe. Dans le cadre toujours de la remise à niveau des lieux, le fleuriste qui occupait un espace à côté de la pharmacie publique vient d'être déplacé devant l'accès du collège. Dans une précédente publication nous avons rapporté le souci des parents surtout que l'entrée du CEM donne directement sur la voie publique, une rue exiguë et fortement utilisée par les automobilistes. Nous avons même repris une proposition de solution et qui se résume au déplacement de la direction de l'enseignement à distance pour permettre aux élèves de rentrer et de sortir par cet accès qui sert de bureau à l'Office national de l'enseignement à distance. La situation est jugée comme urgente par les parents des élèves qui interpellent les responsables afin de mettre un terme à ce qu'ils considèrent comme une atteinte à un patrimoine public, le square mais surtout, le CEM Ibn Khaldoun qui a, durant un siècle, été un lieu de culture et de savoir.