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Déjà la pierre ponce où votre nom s'inscrit
POUSSIÈRES ET GRAVATS
Publié dans L'Expression le 02 - 05 - 2016

«Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places Déjà le souvenir de vos amours s'efface, Déjà, vous n'êtes plus que pour avoir péri.» Aragon
La constitution d'une nation n'est pas seulement le résultat d'une lente et douloureuse gestation illustrée par de belliqueuses péripéties. Sa consolidation est le fruit d'un ensemble d'activités culturelles pratiquées par les communautés qui constituent la nation. Les rituels afférents aux douloureux moments traversés par la nation deviennent le ciment indispensable qui unit les membres de la communauté en augmentant les solidarités existant sur d'autres canaux. La guerre occupant une grande place dans l'Histoire, les monuments dédiés aux héros et martyrs de ces guerres deviennent les lieux géométriques où se rencontrent les citoyens pour célébrer, honorer et perpétuer la mémoire des hommes qui se sont distingués dans la vie tumultueuse de la nation. C'est la raison pour laquelle, les citoyens les plus conscients accordent une grande importance à ces lieux devenus sacrés comme l'est le sacrifice des hommes qui l'ont inspiré. Le monument aux morts devient l'objet de tous les soins et de toutes les sollicitudes (les hommes politiques avisés se contentant d'exploiter la fibre sentimentale de leurs électeurs en participant d'une manière théâtrale et souvent exagérée aux manifestations patriotiques qui unissent les citoyens de toutes sensibilités). La Première Guerre mondiale offrit à la France l'occasion de décorer chaque petit village d'un monument aux morts où se retrouvent fidèlement, tous les 11 Novembre les descendants des acteurs de cette grande boucherie que fut la guerre 1914-18. La République laïque a même créé un musée du souvenir à l'Ossuaire de Douaumont où sont entreposés les restes macabres des victimes de cette grande tragédie que fut la bataille de Verdun. Comment ne pas s'extasier devant la communauté australienne (jeune nation pourtant) qui envoie les arrière-petits-enfants des soldats tombés sur les lointains champs de bataille du nord de la France ou des Dardanelles rendre un émouvant hommage à des ancêtres qu'ils n'ont pas connus: un véritable pèlerinage! Comment ne pas apprécier l'obstination du lobby sioniste qui a réussi à bâtir sur des mythes une nation dont l'existence historique est des plus douteuses. Non seulement en gonflant d'une manière éhontée le chiffre des victimes, mais aussi en introduisant dans les guides touristiques européens la visite des camps de concentration de Birkenau jusqu'à Auschwitz. Qu'en est-il dans notre si beau pays? La réalité est tout autre: les différents scandales qui ont tiré de l'oubli des monuments négligés sont nombreux. Le dernier en date concerne le monument aux morts du sinistre camp de concentration de Boghari. Pour mémoire, il faut rappeler que ce camp était destiné aux PAM (détenus pris les armes à la main). Il était divisé en deux: les PAMX classés comme dangereux et qui étaient parqués dans l'aile baptisée le Camp Morand et les autres logés dans des baraquements qui ressemblent aux fameux stalag de sinistre réputation. L'un des plus célèbres pensionnaires de ce site fut Abdelhamid Benzine qui relata dans son poignant témoignage «Le Camp», ouvrage d'ailleurs illustré par le non moins célèbre Issiakhem et adapté dernièrement au cinéma par Nasredine Guenifi. Cette année, les survivants de cet enfer colonial n'ont pas pu célébrer la mémoire des internés disparus aussi bien durant leur internement, à la suite de séances de torture ou de corvées de bois, mais aussi celle des survivants qui disparaissent discrètement l'un après l'autre dans l'indifférence totale. La raison de ce manquement au fidèle rituel de commémoration est due à l'état de délabrement intolérable de ce monument conçu pour durer ce que dure la fidélité aux principes sacrés. Les intempéries et la négligence humaine ont eu raison de la volonté de la poignée de survivants de ce camp qui ont réussi à conjuguer les efforts du ministère des Anciens Moudjahidine et ceux de la wilaya de Médéa pour réaliser un monument destiné à être un repère plein de signification aux passants comme aux générations montantes.
Le tableau est démoralisant! Est-ce pour ceci que les hommes meurent! Les arceaux sur lesquels sont imprimées les illustrations de l'artiste-peintre manchot gisent par terre, brisés par la criminelle négligence humaine: un séisme de magnitude 7 n'aurait pas fait plus de dégâts. Les lettres d'or gravées sur la stèle centrale sont effacées et sont devenues presque illisibles. Où faut-il chercher les raisons de toutes les négligences qui ont fait qu'un monument qui a coûté des milliards ait résisté moins de temps aux intempéries que n'a résisté le message de Novembre aux assauts des prédateurs qui donnent chaque jour, une image humiliante de la patrie. Que doivent penser les chasseurs d'outardes en passant devant ces ruines modernes? A méditer sur l'état de la culture, du patrimoine et du devoir de mémoire. Nous ne sommes plus à un scandale près!


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