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Ce qui donne de la vertu à l'impossible
ENTRETIEN AVEC ANYS MEZZAOUR AUTOUR DE SON OEUVRE TRILOGIQUE LE LIEN DES TEMPS
Publié dans L'Expression le 03 - 08 - 2016

Kaddour M'Hamsadji (à d.) et Anys Mezzaour (à g.) lors de l'inauguration de l'Opéra d'Alger, le mercredi 20 juillet 2016
Evidemment, c'est l'esprit pensant, créatif, artiste assez ingénieux pour nous enseigner par l'émerveillement la présence d'un irréel éducatif et instructif.
Sous l'intitulé général Le Lien des Temps, l'écrivain Anys Mezzaour, né le 6 novembre 1996 à Alger, aujourd'hui entrant en 3ème année de sciences politiques à l'Université Lumière de Lyon, a déjà puissamment impressionné ses lecteurs de tout âge. Et c'est effectivement avec la publication, à l'Enag, Alger, des deux premiers tomes «La Proie des Mondes» (2013) et «La Terreur des Mondes» (2015), titres à la fois claquants tel un coup de fouet magique incitateur pour éveiller et guider l'esprit engourdi de ceux qui ne lisent pas et de ceux qui savent lire... Dans ces deux romans, qu'il a dédicacés aux Salons d'Alger et de Paris, et dont la presse, la radio et la télévision ont fait longuement la présentation et l'éloge, et dans le prochain - L'Espérance des Mondes - Anys Mezzaour nous révèle des Mondes parallèles; il nous offre une «ceinture de volatilisation», semblable à celle de ses héros, (Bill, Alex, l'Algérien Symias,...) pour nous y plonger, y circuler et nous en sortir heureux et indemnes!
En attendant la sortie prochaine chez l'Enag Editions, du troisième tome, ayant pour titre «L'Espérance des Mondes», voici, pour les yeux prêts pour une simple rêverie et pour l'esprit des imaginatifs, une évocation d'une véritable image d'un romancier ouvert au monde qui tient une vérité de l'être humain.
Kaddour M'Hamsadji: Qui mieux que l'écrivain Anys Mezzaour peut expliquer ce qu'est le genre littéraire dit «fantasy»? J'imagine que les tout premiers lecteurs et les nombreux suivants, du roman «La Proie des Mondes» ont fait là une surprenante et agréable découverte...
Anys Mezzaour: La «fantasy» est un genre littéraire de l'imaginaire qui se caractérise par l'utilisation de la magie dans un univers totalement fictif et imaginé par l'auteur (c'est ce qui le distingue du fantastique où des éléments surnaturels ont lieu dans le monde réel). Mes deux romans (et la trilogie dans son ensemble) mélangent les genres de fantasy, de fantastique, de science-fiction ainsi que quelques caractéristiques du roman psychologique. Bien qu'elle ait apparu dès le XVIIIème siècle en Europe, la fantasy reste un genre assez inconnu et naissant en Algérie. Les lecteurs ont donc eu l'occasion de la découvrir à travers mes deux romans.
Après «La Proie des Mondes» (en 2013) et «La terreur des Mondes» (en 2015), voici bientôt l'édition de «L'Espérance des Mondes», le dernier tome de la trilogie qui est intitulée «Le Lien des Temps». Je souhaiterais de votre part - et, à l'évidence, est-ce difficile un très rapide résumé des deux premiers tomes pour permettre à nos lecteurs de comprendre ce qui est prévu dans le tome 3 dont le titre est assez suggestif de vos intentions.
Le premier tome, «La Proie des Mondes», que je conçois comme les fondations de la trilogie, retrace les péripéties complexes et haletantes de Bill Stuart, un adolescent de 16 ans, doté de pouvoirs magiques et vivant dans un univers parallèle qui est pris en chasse par l'ennemi public numéro un de son pays. Au fil de l'intrigue, il devra faire face à des vérités longtemps cachées et à des situations qu'il n'aurait jamais imaginé pouvoir vivre. Depuis son entrée à l'Académie de magie d'Elementia jusqu'à son séjour sur Terre en passant par les complots aux plus hauts sommets de l'Etat, Bill Stuart vivra une aventure extraordinaire à la frontière du réel. Le deuxième tome, «La Terreur des Mondes», fatal et mélancolique, reprend l'histoire deux ans après la fin du premier. Il représente l'édifice principal de la trilogie et en constitue le coeur. Le personnage principal est cette fois-ci, Alex White, le meilleur ami de Bill Stuart. Il se retrouve à son tour embarqué dans un complot visant le plus haut sommet de l'exécutif impérial. D'abord projeté dans le passé (où il devra assumer d'immenses responsabilités) puis sur Terre (où il pourra compter sur l'appui indéfectible de son ami algérien, Symias), il voit tout son monde s'écrouler autour de lui et la guerre reprendre de plus belle. Il devra faire preuve de courage et de ténacité pour mettre un terme à la terreur nouvellement instaurée et libérer les peuples de la Terre et d'Alïeda.
Alors que sera «L'Espérance des Mondes»?
Ce troisième tome se concentre sur Symias Lob, l'ami terrien de Bill et d'Alex et avance la chronologie de plusieurs années. Alex a disparu et Symias se retrouve seul à faire un choix décisif pour le retour de la paix, mais au prix, de nombreux sacrifices.
Il reprendra le flambeau de la rébellion et tâchera de renverser Bauxite qui sombre dans la paranoïa tout en administrant de son mieux la Terre et ses milliards d'habitants. Lors de voyages spatio-temporels, depuis le «Tombeau de la Chrétienne» à Tipaza en Algérie à la Lune, accompagné de Tiberte et de Sam Stuart, la soeur et le frère adoptifs de Bill, il percera à jour le mystère de tous les événements qui surgissent depuis le début de la trilogie et mettra un point final au totalitarisme des forces supérieures qui les provoquent. Cette «Espérance des Mondes» est le tome le plus complexe et le plus philosophique de la trilogie.
D'où donc «Le Lien des Temps», le titre général de la trilogie, n'est-ce pas?
Le titre général de la trilogie, «Le Lien des Temps» fait référence à la fois aux voyages dans le temps des personnages qui vont et viennent entre passé, présent et futur sur Terre comme sur Alïeda, au décalage temporel existant entre les deux planètes (le temps ne passe pas aussi rapidement sur Terre que sur Alïeda), à la force du temps et aux séquelles qu'il engendre irrémédiablement sans que même la magie ne puisse rien y faire et enfin aux liens qui unissent les personnages principaux à travers les âges.
En définitive, et pour faire un peu de philosophie, qu'est-ce qui devrait nous étonner dans la lecture de vos trois tomes de la trilogie «Le Lien des Temps»?
Après la passion évoquée lors du deuxième tome comme puissant moteur qui meut les Hommes, l'espérance (plus forte que l'espoir) est ici vue comme une clé de la réflexion sur la vie et l'optimisme qu'elle engendre contraste avec le fatalisme de «La Terreur des Mondes» sur des thématiques comme l'union de l'humanité ou le temps qui passe.
Je me suis beaucoup inspiré de la philosophie et de la pensée du philosophe allemand Friedrich Nietzsche dont les concepts d'éternel retour, de surhomme et de volonté de puissance m'ont beaucoup marqué et font partie des références que j'emploie dans le troisième tome.
Peut-être, pour finir cet entretien, quelques idées pour susciter l'envie des jeunes à lire - les ados - qui détournent les yeux du livre et même les moins jeunes - les adultes, les vieux de notre temps - qui, indifférents à toute nouveauté, haussent les épaules et certains parmi eux, ayant perdu le goût de la lecture, donnent systématiquement le dos au Livre Algérien?
Je ne trouve pas que tous les jeunes se détournent du livre. J'en connais beaucoup qui lisent plus que moi et parfois écrivent aussi sans parvenir cependant à être édités. Je pense que le problème aujourd'hui est plus d'ordre structurel: on ne propose pas assez (au sens propre comme au sens figuré) une littérature algérienne divertissante, instructive et diversifiée. Je ne veux bien entendu pas jeter l'anathème sur les écrivains algériens, qui du reste font déjà un travail formidable, mais je pense que ce n'est toujours pas assez.
Mettons-nous en phase avec la modernité, osons le cosmopolitisme, diversifions les genres littéraires, appuyons-nous sur la traduction (de nos oeuvres comme celles des étrangers), distribuons notre littérature à l'étranger, elle en reviendra renforcée.
Une autre question se pose, mais Anys Mezzaour, elle ne vous est pas adressée, je la soumets à la réflexion générale, aux lecteurs du Temps de lire: «Comment former nos jeunes d'aujourd'hui?»


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