«Le petit écran a étendu les frontières du village et du quartier à la dimension du globe.» Les dossiers de l'audiovisuel Hervé Bourges Le monsieur audiovisuel français, Hervé Bourges, continue à produire. Dans son dernier livre J'ai trop peu de temps à vivre pour perdre ce peu, s'inspirant d'une citation de Chateaubriand, il revient longuement sur ses années Algérie. Alors qu'il boucle ses 83 ans, Bourges garde entière sa tête. Ses jambes continuent de bien fonctionner, la voix de porter, écrit-il dans un livre passionnant où il revient sur ses relations avec Ben Bella et Bouteflika. La guerre d'Algérie fait également partie de ses engagements politiques éternels, il cite l'exécution du communiste algérien Fernand Iveton dont il dit: «Le président de la République René Coty refusera sa grâce avec l'accord du garde des Sceaux d'alors, François Mitterrand. Iveton sera le seul Européen parmi les 198 prisonniers politiques guillotinés pendant la guerre d'Algérie. Dans ce livre de souvenirs, il rappelle avec joie les multiples responsabilités qu'il assuma, alors qu'il n'était qu'un énarque de 27 ans, du cabinet d'Edmond Michelet, ministre gaulliste opposé à la torture, du premier président de l'Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, puis dans le secteur audiovisuel français. Journaliste, fondateur et directeur de la première école internationale de journalisme créée en Afrique, patron de chaînes de télévision et de radio, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel, président de la francophonie... Il a été acteur dans les principales aventures politiques et médiatiques des cinq dernières décennies. Hervé Bourges a occupé de nombreuses fonctions dans la presse écrite, l'audiovisuel et à l'Unesco. Il a été président de RFI, de TF1, de France télévisions et du CSA. Revenant à un pays qui lui tient à coeur, il réalisa un documentaire L'Algérie à l'épreuve du pouvoir et aura le plaisir d'interviewer Ben Bella avant sa mort. Son mentor, l'homme avec qui il travaillera au début de sa carrière, alors qu'il n'avait que 27 ans. Hervé Bourges sera salué pour cet excellent moment d'histoire sur la politique intérieure algérienne. Il a été invité par le ministre de la Communication de l'époque Mohamed Saïd, et on lui demanda éventuellement sa participation à une conférence sur la présentation du paysage audiovisuel algérien. Un passage politique obligé qui a déplu à l'énarque et monstre sacré de l'audiovisuel français qui s'est prêté au jeu comme sait le faire un bon communicant. Hervé Bourges reste l'un des plus importants hommes des médias et de l'audiovisuel en France et même en Europe, dommage qu'on n'a pas su capitaliser sa riche expérience. lecranlibre@lexpressiondz.com