Affable, réservé, à la limite pieux, ce n'est pas du tout le genre à faire «le chou gras de la presse». Car bien qu'il soit encore à son poste au Caire, il figure dans les manchettes de quelques représentants du «quarteron de journaux» pour une histoire montée de toutes pièces. Aux fins d'une cabale bien préméditée, celle-là! Avant de remonter au fait de cet épisode médiatique saugrenu, rappelons que ce monsieur est fils d'imam (Sid Ahmed Ben Youcef), Mustapha Chérif a été nourri aux plus purs principes de l'Islam. Adepte du dialogue entre les civilisations, il a toujours entretenu des relations avec les orientalistes. Recteur de l'Université de la formation continue, puis ministre de l'Enseignement supérieur sous le gouvernement Hamrouche. A quel dessein veut-on aujourd'hui, le soumettre par le biais d'une campagne destructrice, de la manière des plus intempestives qui soit? Notons d'abord que le procédé n'est pas nouveau: déjà, en 1994, sa nomination au Caire a fait l'objet d'une sarabande. Quoique en des termes moins haineux et moins tendancieux que ceux propres à celle qui vient d'avoir lieu. Ainsi, une certaine presse rapportait: «L'avocat, constitué par le cuisinier de la résidence de l'ambassadeur au Caire, affirme qu'une plainte datée du 11 août courant, a été déposée auprès du tribunal de Boumerdès contre le désormais ex-ambassadeur pour abus de pouvoir. (...) Il ajoutera qu'une requête a été adressée à la chambre administrative près le tribunal d'Alger contre le ministère des Affaires étrangères. (...) Me Mokrane Aït Larbi, nous avait affirmé qu'il avait saisi le même ministère pour réclamer la restitution du passeport du cuisinier plaignant Mokadem Abdelkader.» Sans même attendre et au préalable avoir la version de l'«ex-ambassadeur», quelque temps qu'ait pu prendre sa réaction. Une précaution qu'aurait prise tout organe de presse vis-à-vis du moins illustre de nos députés en pareil cas. Par exemple. Le coup sent vraiment la manipulation. Pourquoi? Premièrement, cette tentative de déstabilisation orchestrée contre la personne de Mustapha Chérif intervient à l'occasion de son rappel comme ambassadeur d'Algérie en Egypte. Rappel qui s'inscrit dans le cadre d'un mouvement normal du corps diplomatique. Ce commis de l'Etat aura servi sept ans en Egypte. Deuxièmement, le dénommé Mokadem Abdelkader n'a jamais été fonctionnaire des Affaires étrangères, ni contractuel permanent. Il s'est vu refusé, par l'administration centrale des Affaires étrangères, son recrutement à cause de ses antécédents judiciaires. Mieux: il n'a été admis qu'à la demande de l'ambassadeur, et à titre humanitaire, comme contractuel temporaire. Il a été mis fin, en octobre 2000 à la relation de travail avec ce ressortissant algérien pour négligence professionnelle, après accord de l'administration centrale concernée, dans le strict respect des règles en vigueur. A ce propos, M.Mustapha Chérif affirme: «Après la cessation de la relation de travail pour qu'il ne puisse y avoir aucune remise en cause, cette personne a signé et reconnu devant notaire officiel au Caire, en présence du chargé des affaires consulaires, de l'avocat conseil de l'ambassade et de son propre avocat, qu'il a pris toutes ses indemnités et a reconnu que toutes ses allégations contre l'ambassade et l'ambassadeur sont dénuées de tout fondement.» Troisièmement, cette pseudovictime aurait dû quitter le territoire égyptien, depuis la cessation de la relation de travail, il y a de cela près d'une année. Son titre de séjour obtenu par l'ambassade en dépendait. Il fut donc expulsé le 26 juin 2001, par les services compétents égyptiens pour situation irrégulière. Son passeport, confisqué par la police cairote, a été récupéré après intervention de l'ambassadeur. «Aveuglé par le désir de vengeance, après son renvoi et son expulsion d'Egypte, manipulé sans doute, cet individu profère des allégations mensongères reniant tout le bien que j'ai apporté à son existence», affirme Mustapha Chérif qui se réserve le droit de donner les suites judiciaires qui conviennent. Face à ces vérités et en faisant preuve du minimum d'esprit critique, on ne peut qu'entrevoir la manigance et le «coup foireux» à des fins qui restent encore inavouées.