Le chef de la diplomatie algérienne procédera, entre autres, à l'élection des membres de la Commission des droits de l'homme et des peuples, ce qui en principe rend incontournable la question du Sahara occidental. La 29ème session de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement se tiendra les 3 et 4 juillet 2017. La délégation algérienne sera à pied d'oeuvre dès demain. «Abdelkader Messahel, ministre des Affaires Etrangères présidera la délégation algérienne aux travaux de la 31ème session du Conseil exécutif de l'Union africaine, qui se tiendra à Addis-Abeba les 30 juin et 1er juillet 2017», a indiqué, hier, un communiqué du MAE. Quels autres points figurent dans son agenda? «Les ministres des Affaires étrangères procèderont à l'élection de deux membres de la Commission de l'Union africaine et des membres du Conseil consultatif de l'union africaine sur la corruption et la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples», précise la même source. Ce qui en principe rend incontournable la question du Sahara occidental. Cela servira surtout à tester la bonne foi du Maroc, dernier membre à avoir adhéré à l'Union africaine à respecter son acte constitutif qu'il a ratifié. Une condition qui lui impose le respect des frontières héritées de la colonisation. Ce que le Maroc a transgressé en annexant les territoires sahraouis. Ce qui rend suspecte l'adhésion du Maroc à l'UA. Elle a tout l'air d'une manoeuvre sournoise. Rien n'a en effet changé pour qu'elle soit de bonne foi. La République sahraouie, membre fondateur de l'UA, est présente au sein de sa famille d'origine: l'Afrique. Alors que les responsables marocains ont démontré l'année dernière, au moins à deux reprises, qu'ils n'étaient pas prêts à siéger dans le même hémicycle que les représentants du peuple sahraoui. La première fois en se retirant du 4ème Sommet arabo-africain qui s'est tenu du 22 au 24 novembre à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale après avoir fait des pieds et des mains pour le saborder. «Un drapeau de l'entité fantoche (la République sahraouie, ndlr) a été installé à l'intérieur des salles de réunion», avait indiqué le ministère marocain des Affaires étrangères dans un communiqué pour justifier le boycott de cet événement. L'ex-présidente de la Commission de l'Union africaine avait réagi. «Nous continuerons à soutenir les peuples palestinien et sahraoui jusqu'à ce qu'ils recouvrent leurs droits nationaux», avait affirmé Dlamini-Zuma. «La République arabe sahraouie démocratique (Rasd) est un membre fondateur de l'Union africaine. Et aucune adhésion ne peut se faire au détriment du principe fondateur de l'Union africaine. Je crois que tout le monde a bien reçu le message et tout le monde doit bien en tirer les conséquences», avait souligné Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe à l'époque, qui avait représenté le chef de l'Etat à ce rendez-vous. La seconde fois, Mohammed VI avait écrit: «Il est, en effet, difficile d'admettre que le Royaume, nation pérenne et ancestrale, soit comparé à une entité (le Sahara occidental, ndlr) ne disposant d'aucun attribut de souveraineté, démunie de toute représentativité ou effectivité», pour justifier la sortie de son pays de l'OUA en 1984 avant d'annoncer son intention «de réintégrer sa famille institutionnelle africaine» le 30 juillet 2016 juste après le 27ème Sommet de l'Union africaine qui s'est tenu au mois de juillet à Kigali au Rwanda. Des déclarations qui attestent que le monarque alaouite ne renoncera pas à un seul pouce des territoires sahraouis annexés en 1975. Si l'occasion lui sera donnée cette fois-ci il n'hésitera pas à le faire savoir... dès demain.