En provenance de la Libye, ces véhicules volés rentrent par Tébessa et Oued Souf, pour inonder ensuite le marché national du matériel roulant avec de faux documents. Les mises en garde des services de sécurité, quant aux activités douteuses de réseaux transnationaux dans le trafic de véhicules, renseignent sur l'ampleur de ce trafic, notamment aux frontières Sud-Est du pays, notamment les wilayas de Tébessa et de Oued Souf. Une situation qui impose à plus d'un titre un plan d'extrême vigilance, pour lutter contre ce trafic tentaculaire. Selon les précisions des services de sécurité, ces voitures touristiques et utilitaires sont le fait de réseaux organisés financièrement et administrativement qui ont la latitude de placer ces véhicules volés, sur le marché, avec de faux documents. Sont impliqués dans ce trafic transfrontalier et selon des rapports de la direction générale de la police judiciaire, il est fait état de l'implication de leaders de bandes organisées, spécialisées dans le transport de véhicules suspects, en recourant au mode de remorquage, avec des camions et des 4x4, équipées de moyens, pouvant remorquer les voitures en panne sans attirer l'attention. Ces véhicules sont orientés vers des ateliers, en dehors de leurs wilayas d'enregistrement, où ils subiront des opérations de transformations. Ils seront vendus avec de faux documents, après le changement du numéro de châssis, ou carrément démantelé et écoulés en pièces détachées. Outre la mise en vente sur le marché local, de dizaines de matériel roulant avec de faux documents, le réseau recourt à la vente sur Internet. Les membres de ces réseaux de trafic, entretiennent des sites électroniques commerciaux, pour la vente de carcasses et de pièces détachées. Pour faire face à cette activité illicite, les services de sécurité ont reçu des instructions, de renforcer le contrôle et l'élément de renseignement. La première cible a été un réseau national qui effectue des déplacements vers la Libye, depuis Tébessa et Oued Souf, dans le sud-est du pays. Activant depuis 2013 dans l'introduction frauduleuse des voitures volées, dans le nord du pays, les membres du réseau ont, depuis les 10 derniers mois de l'année en cours, intensifié leur activité, nous dit-on. «La forte baisse des prix des véhicules dans le pays voisin, la Libye en l'occurrence, et la flambée de leurs prix dans le marché parallèle en Algérie, est à l'origine de l'intensification du trafic des contrebandiers», nous ont expliqué des sources sécuritaires au fait de ce dossier. Selon les mêmes sources, il est fait état d'une liaison entre le réseau et des réseaux dits administratifs, activant à travers les wilayas de Blida et Chlef, ainsi qu' à l'ouest du pays, via Tébessa, Batna et Sétif. Ces réseaux seraient spécialisés dans l'établissement de cartes grises, pour les véhicules enregistrés en Libye. En témoignent les opérations des services de la police judiciaire, au cours du premier semestre de 2017, qui fait état de l'implication de dizaines d'individus, dont des administrateurs, agents administrateurs et employés de daïras Si la contrebande sous toutes ses formes est une atteinte directe à l'économie nationale, elle l'est également pour la sécurité de l'Etat. En effet, les revenus des activités de la contrebande, sont suspectés d'être transférés au compte de réseaux pouvant être en lien avec d'autres, activant dans le trafic d'armes et de drogue et donc du terrorisme. Plus grave encore, les services de sécurité, suspectent le transfert des rentes financières issues de ce trafic transfrontalier, au profit de réseaux hostiles à l'Algérie. Pour y faire face, les hautes sphères de la sécurité en Algérie, ont ordonné à leurs bases, établies sur tout le relief frontalier Est et sud-est du pays, de redoubler de vigilance et d'efforts pour l'assèchement des poches de financement issu de la contrebande, des véhicules notamment. Surtout que ces véhicules volés ou d'origine étrangère, ne peuvent être soumis à une analyse de données et de numéros minéralogiques, et ce en l'absence de données techniques authentiques, des voitures et camions étrangers, dans le fichier électronique du ministère de l'Intérieur. Les instructions sont également motivées par la crainte de l'utilisation de ces roulants issus de la contrebande, au transport de la drogue, mais surtout dans des opérations et d'actes criminels, pouvant peser sur la sécurité interne du pays. Aux dernières activités des services de sécurité à l'Est du pays, le démantèlement d'un réseau de voleurs de voitures à Karkra dans la wilaya de Skikda. Une opération survenue avant-hier, sur la base d'investigations menées par les éléments de la Bmpj, relevant de la sûreté de Skikda, apprend-on de source sécuritaire. Composé de 13 individus, spécialisés dans le vol et la falsification de dossiers de base, pour les voitures volées, le réseau se donnait à son activité criminelle dans un atelier, duquel, les voitures volées sortaient avec un dossier falsifié, pour être revendues dans d'autres wilayas de l'Est et du Centre du pays, a précisé la même source. Cette opération de qualité s'est soldée par la saisie d'un important matériel informatique, de faux dossiers de base pour voitures volées, des pièces détachées et des voitures volées. Agés entre 25 et 48 ans, les 13 mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt, par le magistrat instructeur, de la circonscription de compétence, qui a retenu à leur encontre les faits suivants: association de malfaiteurs, vol de voitures et falsification de documents administratifs officiels.