Un véritable fossé sépare ces jeunes volontaires, ainsi que le monde associatif, des pouvoirs publics La bonne volonté de ces amoureux de l'Algérie se heurte toutefois à certains canards boiteux qui ne veulent pas changer leurs mauvaises habitudes, mais aussi une bureaucratie qui leur coupe les «ailes»... L'épidémie de choléra qui sévit actuellement dans le pays est-elle un mal pour un bien? Va-t-elle être l'électrochoc qui fera prendre conscience de l'urgence d'avoir une Algérie... propre? C'est ce que veulent en tout cas croire certains jeunes Algériens. Profitant de l'émoi et la peur qu'a suscités cette maladie, ils ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Dès que les premiers cas sont apparus, ils ont lancé des appels pour le nettoyage de nos quartiers, villages et villes. Les réseaux sociaux leur ont servi de relais pour ces actions qu'ils traduisent dans le virtuel. Certaines d'entre elles ont eu lieu le week-end dernier, comme le nettoyage des plages de la capitale. «On ne veut pas se morfondre et continuer à accuser les autres. C'est sale, on est tous responsables. On doit tous mettre la main à la pâte si on veut que cela change», soutient, Lamine, un jeune qui a participé au nettoyage de la plage des Canadiens à Aïn Taya (est d'Alger). Amine Merabti, un amoureux de l'environnement, a lui, fait la tournée des plages de l'ouest de l'Algérie pour organiser des actions de nettoyage et de sensibilisation envers les estivants. D'autres opérations sont prévues prochainement. L'Association de protection et d'orientation du consommateur (Apoce) a, quant à elle, appelé les citoyens à dénoncer les pollueurs. Des photos et des vidéos sont reçues chaque jour, dont les plus choquantes sont publiées sur les réseaux sociaux. Des actions en justice ont même été enclenchées par les juristes de cette association. De très belles initiatives oui, mais qui pourraient encore une fois faire «pschitt», car, il faut dire que ce sont des gouttes d'eau dans des océans... d'ordures. Si ces actions citoyennes sont médiatisées avec l'arrivée du choléra, elles ne sont cependant pas nouvelles. Des jeunes et moins jeunes se battent depuis des années pour une révolution contre la saleté. À l'exemple du collectif qui porte le nom très évocateur de «Algérie Propre». Des appels à volontariat sont lancés sur la page Facebook qu'ils ont créée pour la circonstance. Ces actions sont par la suite médiatisées sur ce réseau social pour attirer d'autres héros verts! «Initiative 100% citoyenne, menée par des jeunes qui n'ont qu'un seul but en tête... Une Algérie Propre» est la définition écrite sur ce groupe qui compte près de 244 000 membres. D'autres «soldats» de la propreté se mobilisent chaque année pour «sauver» le pays de la saleté. Toutefois, ils avouent tous leur «impuissance» devant ce monstre qui gangrène la société. «On nettoie le matin, le soir même c'est pire qu'avant...», pestent-ils désespérés. En fait, ces actions citoyennes restent lettre morte à cause de l'incivilité de certains citoyens. «Je pense que si chacun faisait un petit geste écolo'', par exemple: bien emballer des ordures, attendre les heures de passage des agents de nettoyage..... etc. les choses changeront... mais bon, c'est une culture que l'on n'a pas...», estime Selma en résumant la situation actuelle. Mais la bonne volonté de ces amoureux de l'Algérie ne se heurtent pas qu'aux comportements archaïques de certains de leurs compatriotes! La bureaucratie est un terrible frein qui les renvoie à la triste réalité. Un véritable fossé sépare ces jeunes volontaires, ainsi que le monde associatif, des pouvoirs publics. Même quand des responsables locaux sont armés de bonne volonté et veulent travailler avec eux, ils se heurtent à des obligations administratives ou des chefs de daïra ou walis à l'esprit des plus carrés. Au final, rien n'est fait! On reste devant des épiphénomènes qui n'arrivent pas à décoller! En fait, on ne sent pas une vraie volonté politique pour se débarrasser de ce fléau. Le nouveau Code communal, qui doit prochainement être adopté, laisse planer quelques espoirs, avec l'intronisation du concept de la démocratie participative prévue par la nouvelle Constitution de 2016. Les citoyens auront leur mot à dire dans la gestion de leurs communes. Plus de prérogatives pour les assemblées élues, mais surtout un droit de regard et de décision pour les administrés. Le travail associatif et l'environnement pourraient être les premiers bénéficiaires de cette loi. Allons-nous, alors, sortir de la gestion des déchets et les traiter de façon administrative? Wait and see... 56 cas confirmés, sur 161 cas hospitalisés Le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a fait savoir qu'à la date du 26 août, 56 cas de choléra ont été confirmés sur les 161 cas hospitalisés depuis le 7 août, a indiqué hier un communiqué du ministère. La répartition des cas par wilaya se présente comme suit: Bouira trois cas confirmés sur six cas suspects, Blida 30 cas confirmés sur 106 cas suspects, Tipasa 12 cas confirmés sur 19 cas suspects, Alger 10 cas confirmés sur 27 cas suspects, Médéa 1 cas confirmé et enfin Ain Defla 2 cas suspects, a précisé le communiqué. Le nombre hospitalisés «a significativement diminué» passant de 33 cas le 23 août à 4 cas le 26 août 2018, a affirmé le ministère, soulignant qu'aucun nouveau décès n'a été notifié, en dehors des deux décès enregistrés au niveau de la wilaya de Blida. Le ministère affirme, dans ce sens, que tous les malades sont pris en charge au niveau de l'EHS d'El Kettar et de l'EPH de Boufarik, et que 45 cas ont été mis sortants, assurant que les cas restant hospitalisés «évoluaient favorablement». Même si le nombre de cas hospitalisés a diminué, compte tenu de la période d'incubation qui peut aller jusqu'à une semaine, le dispositif de surveillance est maintenu à tous les niveaux, précise le ministère. A ce propos, le ministère de la Santé a rappelé les principales mesures pour arrêter et endiguer la propagation de la maladie. Il a rappelé également qu'en cas d'apparition de diarrhées et de vomissements, il est impératif de se présenter dans une structure de santé la plus proche.