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Un invité bien spécial
LE RAMADAN EN KABYLIE
Publié dans L'Expression le 12 - 10 - 2005

Les familles se préparent des jours, voire des semaines à l'avance, afin d'accueillir le Ramadan dans des conditions agréables.
Le mois de Ramadan est bien particulier en Kabylie, principalement dans les villages où cet invité singulier est traité avec les égards dus à son rang. Ainsi, les familles se préparent des jours, voire des semaines à l'avance, afin d'accueillir le Ramadan dans des conditions agréables. Les femmes surtout tiennent à ce que le logis soit avenant et propre et que toute la nichée soit propre comme un sou neuf. Les hommes, eux, s'empressent de faire les provisions pour que le mois sacré se passe dans les conjonctures les plus douces pour tous. Les enfants seront gâtés avec les sucreries et le reste de la famille verra le menu amélioré et tous auront quelque chose afin que le Ramadan soit plus une fête qu'autre chose.
Les préparatifs
Avant même que la lune ne soit observée et environ deux à trois semaines avant la date prévue, les femmes dans les villages se réunissent et ensemble décident de laver généralement dans l'oued qui coule en contrebas du village les couvertures et autres linges que la maisonnée utilise durant l'hiver. Ce jour-là, les femmes du village se réunissent en groupe et très tôt le matin descendent vers l'oued, pour chacune dans un coin de la berge pour laver le linge de son foyer. Le savon en morceau reste le plus apprécié et la lessive en poudre est rarement employée. Les battoirs étant inconnus, c'est avec les pieds que les femmes battent leur linge. Toute la nichée et surtout les petits enfants sont là, seuls les grands garçons et les filles scolarisés ainsi que les adultes sont occupés ailleurs, qui aux champs, qui au travail, qui à l'école. Les mères de famille n'oublient pas de prévoir un en-cas pour les petits, car pour elles les choses ne sont pas importantes. Déjeuner est parmi les besoins les moins pressants, pour ces femmes qui donnent cette impression de ne vivre que pour les autres. D'autres femmes, généralement les plus jeunes, restent au village, non pas pour «flemmarder», mais parce qu'un autre travail bien plus difficile les attend. Généralement, c'est durant ce moment bien particulier de l'approche du Ramadan, que la maison a besoin d'un «toilettage général», et là, les femmes excellent. Elles mélangent généralement un peu d'argile blanche pour remplacer la chaux et une bonne dose d'huile de cade et le tour est joué. La maison, quelques jours après, est d'une beauté saisissante et surtout ornée avec goût et amour. C'est dire que les femmes des villages et bien avant les moyens modernes ont toujours su se préparer et préparer leur monde et leur maison pour le Ramadan. Ainsi et durant toute la période du mois de Chaâbane, les femmes briquent tout : la maison, le linge et aussi les enfants qui devront paraître les plus beaux lors du début du mois sacré. Les choses ne sont pas aussi simples et les citadins n'ont guère une vue sur les efforts des villageoises pour tenir le foyer dans une propreté impeccable. Surtout que les murs et le sol de la maison sont en terre battue. Certes, depuis, le ciment a remplacé la terre mais combien sont-ils ces gens qui regrettent la douceur du foyer du temps où c'était la terre battue qui recevait les couches des petits et des grands. D'ailleurs, tout le monde trouve que «la terre est plus douce que le ciment», entendre par là que le ciment est froid et glacial en hiver. Mais les préparatifs ne s'arrêtent pas là, bien au contraire car les femmes se doivent également de rouler le couscous nécessaire à toute la maisonnée durant le Ramadan et également songer à améliorer le menu avec des petits riens qui font que la table la moins garnie soit tout de même appétissante. Bref, la femme est au four et au moulin, et elle est en somme celle autour de laquelle tourne la nichée, telle des satellites. Avec son humour, elle s'efforce généralement de paraître égale et plutôt enjouée, elle rend la maisonnée encore plus agréable et c'est cette touche qui fait que la villageoise, peut-être plus que la citadine, une femme hors pair.
Quand le mois sacré est là on le considère comme un invité spécial, un invité qui doit être considéré avec bien des égards. La maison proprette et les vêtements lavés, toute la famille se prépare au jeûne. Les petits s'essaient à faire comme les grands et c'est à qui jeûnera le premier. L'habitude veut que les filles commencent à jeûner avant les garçons et quand une mère fête le premier jour de jeûne de son enfant, c'est toute une fête dans son coeur. Ainsi et après son premier jour de Ramadan, l'enfant qui entre ainsi dans le monde des adultes est juché, le soir venu, sur le toit de la maison. Une bonne platée de couscous, un oeuf et un gros morceau de viande l'attendent. Rien que pour la magie de ce soir, les enfants se disputent pour être au nombre des jeûneurs. Les soirées se passent dans une ambiance bien chaude surtout en hiver. Autour du quanoun et du feu de racines de lentisques, les plus appréciées car leur feu est, disent les paysans, «franc et beau», c'est la grand-mère qui émerveille les enfants et souvent les adultes se prennent au jeu avec des histoires tirées généralement des légendes du terroir! Souvent et surtout quand le Ramadan tombe en hiver, les glands rôtis ou rissolés constituent des amuse-gueules très appréciés par tous. Les figues sèches sont également de la partie et pour les adultes le thé et le café sont des boissons très recherchées. Souvent les filles et surtout les adolescentes se regroupent chez quelque voisine, généralement une veuve ou encore celle ayant son mari absent, et alors les jeux spécifiques à la jeune fille sont très prisés. C'est là aussi que les jeunes filles échangent les recettes ayant trait à la tenue de la femme et à la beauté ainsi que pour les lycéennes, les nécessaires révisions des cours et leçons. Les femmes plus âgées se contentent, soit de la télévision le soir, soit des travaux encore et toujours à faire. C'est que dans un foyer, il y en a tant. Les hommes, eux, généralement, dès le repas avalé, sortent à la djemaâ, une façon de griller une cigarette ou encore de prendre un peu l'air tout en discutant de choses et d'autres.
Les moins âgés ont, dès le début du Ramadan, leur endroit fétiche : quelque café maure ou un établissement spécialement transformé en café pour le mois de Ramadan. Là, c'est le jeu de loto qui fait fureur, souvent jusqu'à l'aube. Des cartons avec des cases qu'il faut essayer de remplir en suivant la litanie du tireur de jetons. Des tireurs qui sont souvent recherchés pour leur bagout. Ces tireurs amusent la galerie avec leurs annonces: trois le roi, douze aguendouz, etc. Le bagout de ces tireurs attire souvent des gens de fort loin à la ronde. Les cafetiers et autres «patrons» de ces bouibouis en Kabylie, sont aux anges avec la délocalisation des brigades de gendarmerie, personne n'est là pour les déranger. Les «clients» qui sont là pour passer quelques instants cèdent sur le coup de minuit la place aux joueurs invétérés. Ceux-là sont alors là pour jouer et jouer gros. Les «places» ou plutôt ces garages ou locaux affectés pour le jeu de loto, se monnaient assez cher.
Les soirées en ville
En ville, comme à Tizi Ouzou par exemple, les choses semblent se mettre doucement en place. La Maison de la culture Mouloud-Mammeri a commencé par montrer la voie en organisant un cycle de galas avec des chanteurs du cru. En attendant la production d'Aït Menguellet qui est prévue pour les 15, 16 et 17 octobre, celle de Malika Domrane pour le 19, Massa Bouchafa pour le 20, Akli Yahiatène pour le 28, et Chaou pour le 30 octobre, c'est toute une pléiade de chanteurs comme Hassiba Amrouche, Ahcène Ahrès, Rabah Asma et Nora Aït Brahim qui enchanteront les nuits des mélomanes de Tizi Ouzou. Il faudra s'attendre à ce que d'autres endroits comme le Théâtre Kateb-Yacine, l'hôtel Amraoua ou encore le Jardin secret et aussi l'université rejoignent la Maison de la culture dans l'animation des nuits du Ramadan. En ville, les cafés attirent les foules de gens descendus des villages ou ceux de la ville venus prendre un bol d'air et les vitrines illuminées attirent pour leur part les familles qui souhaitent profiter des nuits de Ramadan peur faire les emplettes de l'Aïd. Certes, les visiteurs ne sont pas très nombreux, mais les choses se mettent d'ores et déjà en place et la sécurité étant ce qu'elle est, il faut penser que les choses passeront à la vitesse supérieure après cette première semaine. Dans les villes de l'intérieur, rien n'est encore prévu pour les soirées de Ramadan. Ainsi et à Boghni par exemple, cette ville qui a connu d'autres temps autrement plus gais, mis à part les cafés et le sempiternel loto, rien n'est venu pour égayer les soirées. Seuls les cybers vont essayer de rivaliser avec les cafés. Passe encore pour les hommes, les femmes, elles, sont généralement confinées chez elles avec la télé comme seule lucarne sur le monde. Comme tous les ans, le Ramadan est certes le mois des grosses dépenses et aussi celui des retrouvailles entre familles. L'on se redécouvre, l'on s'invite et l'on tisse des liens encore plus forts. Le Ramadan est un invité spécial qui a ses exigences, ses dépenses et aussi une période où l'on raffermit les liens familiaux que le temps émousse. A Tizi Ouzou comme ailleurs, les scènes de colère et d'énervement sont nombreuses dans la journée et surtout au marché mais il semble que c'est cela aussi le Ramadan!


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