La Turquie espère lancer une opération conjointe avec l'Iran contre la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui livre une sanglante lutte contre Ankara depuis plus de 30 ans, a-t-elle annoncé, hier.»Si Dieu le veut, nous lancerons une opération avec l'Iran contre le PKK», a déclaré le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu dans un entretien avec l'agence de presse étatique Anadolu. «Mener une opération conjointe, c'est une proposition défendue de longue date par l'Etat turc (...) Nous essayons ensemble d'avancer sur cette question et il y a de nombreux échanges entre nos services de renseignement», a ajouté M. Soylu. Ce dernier n'a pas donné davantage de précisions, mais Ankara a plusieurs fois évoqué une opération militaire turco-iranienne contre les rebelles kurdes dans le nord de l'Irak. Le PKK et le Parti pour une vie libre au Kurdistan (PJAK), un parti kurde iranien qui lui est affilié, ont des bases arrière en Irak. En 2017, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré, après une visite du chef d'état-major iranien à Ankara, qu'une opération conjointe contre le PKK en Irak était à l'ordre du jour. La Turquie est en train de terminer la construction d'un «mur de sécurité» à sa frontière avec l'Iran pour empêcher les allées et venues des rebelles kurdes entre les deux pays. Le PKK livre une sanglante guérilla contre l'Etat turc depuis 1984. Plus de 40.000 personnes, dont de nombreux civils, ont été tués dans les affrontements entre les forces de sécurité et le PKK.