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Carte blanche pour une boucherie au Liban
COMPLICITE OCCIDENTALE ET IMPUISSANCE ARABE
Publié dans L'Expression le 20 - 07 - 2006

En faisant évacuer leurs ressortissants du sol libanais, les capitales occidentales font un clin d'oeil complice à Tel-Aviv.
Américains, Français et Britanniques évacuent le Liban et fuient le brasier des feux israéliens. Washington, Paris et Londres, qui coordonnent ces évacuations avec Tel-Aviv, pensent sérieusement que le conflit va s'étendre dans le temps et que le mieux serait de se tenir loin de la zone de conflit. Pendant ce temps, la Ligue arabe n'arrive même pas à avoir le quorum nécessaire pour tenir une réunion d'urgence. C'est-à-dire qu'à la complicité des premiers, répond en écho l'impuissance des seconds, donnant de ce fait, une carte blanche, inexplicable et inespérée à la fois, aux chefs de guerre israéliens pour mener à terme leurs objectifs qui dépassent, tout le monde l'aura remarqué, la seule récupération des deux soldats enlevés. C'est parce qu'ils ont eu un accord tacite de la part de l'Occident que les Israéliens ont décidé de poursuivre la guerre jusqu'au bout. L'ONU, neutralisée par les forces qui la dominent, les Etats-Unis notamment, propose un incertain envoi de Casques Bleus au Liban. L'opération mettra plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour prendre forme et se concrétiser, bien que cela reste très aléatoire.
Les responsables européens, à Bruxelles, ont accueilli avec prudence, l'idée du secrétaire général de l'ONU, d'envoyer au plus vite une force de stabilisation au Liban-Sud. «C'est une idée intéressante, mais elle soulève plus de questions que de réponses», soulignait l'entourage de Javier Solana, sur le départ pour le Proche-Orient, où il devait enfin rencontrer des responsables du gouvernement israélien.
«Certains dirigeants expriment des volontés, mais aucun travail pratique n'a encore été fait, aucune planification», constate l'équipe de Javier Solana, un peu surprise par les grandes envolées de Jacques Chirac et de Tony Blair, ce week-end, en marge du G8. «Tout déploiement d'une force internationale nécessite au préalable un cessez-le-feu et on n'y est pas encore», rappelle-t-on à Bruxelles. «Avant d'envoyer des soldats quelque part, il faut savoir ce qu'ils vont y faire. Et avec quels moyens», ajoute un responsable européen.
Kofi Annan, face à des impasses de toutes sortes, a revu ses objectifs à la baisse, et tente de proposer des solutions qui ne seront pas adoptées par tous, les Etats-Unis en premier. Ceux-ci continuent de vouloir impliquer coûte que coûte Damas et Téhéran pour compliquer encore plus la situation et lui donner une nature enchevêtrée, donc inextricable.
Face à cette impasse, se dresse haute, impassible et insolente la «compréhension» du G8 de la colère ‘'justifiée'', selon les responsables occidentaux, de Tel-Aviv et de son ‘'droit'' à récupérer ses ‘'deux'' soldats capturés. Washington pointe un doigt accusateur sur le Hezbollah et exige le désarmement de la branche armée du mouvement de Hassan Nasrallah. En termes clairs, tout est dit pour faire durer la guerre, en donnant une caution criminelle aux exactions des raids israéliens, qui ont fait hier, leur 340e victime, toutes des civils, pour libérer deux soldats.
Il serait tout à fait niais de penser que cette guerre prendra fin dans quelques jours, car autant pour Tel-Aviv que pour Washington, l'occasion est à saisir au vol. La théorie des dominos des Américains n'a pas fonctionné en Irak: il était écrit que Baghdad, une fois tombée, allait entraîner dans sa chute Damas et Téhéran. Ce ne fut pas le cas. Pire: l'axe Iran-Syrie prend forme de plus en plus et met autant les Etats-Unis qu'Israël en position inconfortable. C'est pour cette raison que l'occasion est aujourd'hui propice à une nouvelle tentative américano-israélienne pour relancer la reconfiguration des pays de la région, et c'est pour cela que les deux pays arabes sont abondamment cités dans le conflit libanais.
L'émergence des mouvements islamistes dans la région est aussi un autre motif de tensions pour la coalition américano-israélienne, et même si le Hamas, dans les territoires occupés, et le Hezbollah, au Liban, ont gagné haut la main dans des joutes électorales démocratiques, ils demeurent l'une des principales cibles du conflit présent. Ce qui va se passer c'est ce qui suit: la guerre prendra fin avec des résultats médiocres pour tous, les Américains comme les Israéliens vont encore alimenter la haine des groupes islamistes lesquels vont proliférer jusqu'à faire oublier Al Qaîda, la France aura terni son image de pays «proche» des Arabes, la Russie et la Chine renforceront leurs positions tant sur la scène internationale que vis-à-vis des Arabes, contribuant à faire passer les islamistes pour l'unique alternative et la seule riposte pour les peuples arabes, déçus par le «défaitisme» chronique de leurs dirigeants.
Déjà, on constate que Hassan Nasrallah s'installe dans son rôle de vedette du monde arabe. L'attaque téméraire lancée par le Hezbollah contre des soldats israéliens, puis sa riposte militaire sanglante contre l'Etat hébreu , laisse les Arabes entre admiration pour le chef du mouvement libanais et critique vis-à-vis de sa politique, bien que des capitales comme Riyad, et pour des raisons qui n'échappent à personne, n'ont pas très confiance en ce chef chiite. Le Hezbollah «est le maître de la résistance et la voix de la dignité arabe», dit l'éditorialiste égyptien Moustapha Bakri dans Al-Osbou' «Le Hezbollah agit comme un protecteur régional pour le peuple palestinien», ajoute-t-il.
Cette opinion trouve son écho dans de nombreuses publications arabes qui placent le chef du Hezbollah en haut du podium des personnalités les plus admirées actuellement dans le monde arabe. Dès qu'il déclara la «guerre ouverte» à l'Etat hébreu, des populations du vaste monde arabo-musulman semblent totalement acquises à la cause de Hassan Nasrallah.
Des manifestations ont ainsi été organisées au Koweït, en Irak, en Syrie et dans les territoires palestiniens pour chanter les louanges de celui qui a lancé des roquettes contre Israël. Au moins une quinzaine de morts, des infrastructures pétrolières touchées à Haïfa, un bâtiment de guerre endommagé au large de Beyrouth, plusieurs roquettes tombées sur Haïfa, Nahariya et Shavei Zion, une population angoissée par les tirs de Raad1 et Raad2, le tourisme largement compromis après les premiers départs de Tabariya, et les deux soldats enlevés, et à la source de la crise, pas toujours récupérés.
En tout état de cause voilà un bilan vraiment lourd en pertes humaines et dégâts matériels pour, soi-disant, la récupération de deux soldats capturés que des négociations auraient largement pu faire élargir.


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