Evasif au sujet du nucléaire israélien, le responsable américain, M.Schulte, se contente de dire que les «Etats-Unis défendent un Moyen-Orient dénucléarisé». Pour le dénouement de l'épineuse crise du nucléaire iranien, les Etats-Unis sollicitent la médiation de l'Algérie. Le représentant permanent des Etats-Unis auprès de l'Agence internationale Aiea, Greg Schulte, affirme avoir longuement abordé ce dossier lundi, lors de son entretien avec le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères algérien. «La diplomatie algérienne s'est déjà impliquée dans ce dossier en envoyant plusieurs messages aux dirigeants iraniens. L'on estime, par ailleurs, qu'il serait souhaitable qu'elle continue ses efforts en vue de convaincre l'Iran de se soumettre à la légalité internationale et aux résolutions du Conseil de sécurité», souligne le représentant américain lors d'une conférence de presse tenue hier, à l'ambassade des Etats-Unis à Alger. Le conférencier ne voit aucune contradiction dans les positions des deux pays, l'Algérie et les Etats-Unis d'Amérique, au chapitre du nucléaire iranien: «J'ai eu des discussions très intéressantes avec les responsables algériens, lesquelles m'ont permis de tirer les conclusions suivantes: Nos deux pays partagent un but commun, celui d'encourager l'utilisation à des fins pacifiques de l'énergie nucléaire», et ajoute Schulte: «L'Algérie et les USA considèrent que l'Iran doit coopérer entièrement avec l'Aiea et l'ONU.» Ce rapprochement d'idées permet au représentant permanent des Etats-Unis auprès de l'Aiea, de nouer de forts espoirs sur la médiation algérienne. Par ailleurs, M.Schulte a laissé l'impression que les USA et l'Aiea n'accorderont aucune circonstance atténuante à l'Iran et qu'aucune concession ne lui sera faite: «De prime abord, ce pays a besoin de coopérer et respecter ses engagements. Enfin, l'Iran est appelé à signer le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).» Dans ce chapitre du TNP, M.Schulte a affirmé que les entretiens qu'il a eus avec les autorités algériennes lui permettent d'espérer que notre pays signera prochainement le protocole additionnel du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). «Cela servira d'exemple pour les pays voisins.» Revenant sur le dossier iranien, il a soutenu que les USA accompagnés de la Chine et de la Russie sont prêts à aider le programme nucléaire civil en Iran, si ce dernier se soumet à ces conditions. Dans le cas contraire, «l'Iran sera de plus en plus isolé et les sanctions ne tarderont pas à être mises en application», soutient le conférencier. «Le but de la troisième résolution qui sera adoptée par le Conseil de sécurité n'est pas de punir l'Iran. Loin s'en faut. Nous espérons, poursuit-il convaincre les leaders iraniens à coopérer avec la communauté internationale.» Les Etats-Unis persistent dans leur position en étant paradoxalement convaincus que «l'Iran ne possède pas d'armes nucléaires ni ne sont en cours de fabrication. Mais nous pensons que ce pays est en train de développer une technologie pour la fabrication, à l'avenir, d'une bombe atomique» En fait, ce qui intrigue le plus, c'est que «ce pays cache beaucoup de choses sur son programme.» «L'Aiea connaît parfaitement l'histoire du nucléaire iranien, mais on a peu d'informations sur l'avenir de ce programme.» Le conférencier a reconnu que le dernier rapport de M.Mohamed El-Baradeï, le directeur de l'Aiea, n'apporte aucune preuve des ambitions de l'Iran de posséder une arme nucléaire: «Les investigations menées par l'Aiea ne nous certifient pas que l'Iran développe un programme civil.» Peut-on sanctionner un pays sur la base de doutes? «L'Iran n'a qu'à collaborer avec l'Aiea s' il désire convaincre la communauté internationale de ses bonnes intentions.» Pourquoi cet «acharnement» contre l'Iran au moment où Israël refuse d'adhérer aux accords portant sur la non-prolifération des armes nucléaires? Evasif, M.Schulte se contente de dire que les «USA défendent un Moyen-Orient dénucléarisé». Cela exige inéluctablement deux conditions. La première a trait au retour de la paix et la résolution du conflit israélo-palestinien. «C'est d'ailleurs l'objectif de la conférence d'Annapolis.» La deuxième: «La communauté internationale doit travailler en étroite collaboration pour convaincre l'Iran à renoncer à son programme nucléaire».