Depuis 1996, pas moins de 1400 agents ont péri dans l'exercice de leurs fonctions, soit une moyenne annuelle de 120 morts. Etant un corps sécuritaire ayant consenti des sacrifices incommensurables durant les années où le terrorisme bombait le torse, la garde communale changera prochainement de statut. «Le projet de changement de statut de ce corps sera lancé à la fin de l'année en cours», a déclaré le directeur général des unités républicaines de la Sûreté nationale lors du 47e anniversaire de la police tenue à El Hamiz. A partir de cette date annoncée, la garde communale sera appelée la police communale. Evidemment, en changeant de statut, ils auront droit également à un nouvel uniforme. Quoique les préparatifs ayant trait au projet sont en net avancement, ils ont atteint 80%, beaucoup reste à faire. Comment mettre en application les conditions d'exercice qui accompagnent ce nouveau projet est, entre autres, l'une des questions qui demeurent sans réponse. Parmi ces conditions, il sera notamment exigé aux futurs policiers communaux un niveau d'instruction acceptable, un âge ne dépassant pas les 25 ans, la nationalité algérienne ainsi qu'un stage spécial à effectuer. Or, des effectifs des gardes communaux, ces critères réunis ne sont remplis que par une minorité. Ceux qui ont pris les armes pendant la tragédie nationale, l'ont fait par patriotisme. Aucune formation spéciale ne leur a été donnée. Répondant par l'affirmative à l'appel de la Patrie, les gardes communaux ont tout fait et ont largement contribué à sauver l'Algérie d'un naufrage certain. Leur soutien aux brigadiers verts, aux forces de l'ANP...et d'autres corps sécuritaires a été déterminant. Depuis 1996, pas moins de 1400 agents ont péri, soit une moyenne annuelle de 120 morts. 2500 autres ont été victimes de blessures plus au moins graves. Aujourd'hui, c'est ce sacrifice au péril de leur vie qui pousse les autorités à réfléchir au statut des gardes communaux. La suppression de ce corps constituerait une tare sociale et économique pour le pays. Cette suppression de postes d'emploi peut mener des agents au chômage. Et là, ce sont les souffrances quotidiennes qui se multiplient pour plusieurs familles. Dans cette optique, selon certaines sources, le nouveau projet mettra fin au problème de 94 agents. Notons également que le secteur de la garde communale sera placé, comme ultime étape, sous l'égide des P/APC, chacun selon ses compétences territoriales. Cependant, les maires accompliront cette tâche sous l'oeil attentif des walis qui seront représentés par des walis délégués de la garde communale, appelés eux aussi à devenir directeurs de wilayas au lieu de wali délégué. L'autre axe important de ce projet a trait aux indemnités qui concernent 94.000 agents de la garde communale. S'agissant des nouveautés, la plus remarquable concerne indubitablement l'intégration de la gent féminine dans ce qui sera appelé désormais la police communale. Ainsi, le corps sécuritaire sera renforcé au fil des années. Ayant déjà effectué un travail colossal dans ce sens, la police a montré l'exemple. On compte, aujourd'hui, plus de 9000 femmes en tenue bleue en Algérie. Elles sont également quelque 120 femmes cadres, occupant divers hauts niveaux de la hiérarchie policière au sein de la Sûreté nationale, et près de 3200 à y être employées, en tant que personnel assimilé.