L'envoyé spécial du secrétaire général de l'Organisation des nations unies pour le Sahara occidental a engagé des entretiens en vue de la tenue d'une seconde réunion informelle. Ban Ki-moon a exhorté les deux parties en conflit à «poursuivre le dialogue et les contacts avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en vue de garantir au peuple sahraoui le respect des droits de l'homme». Le président de la République sahraouie, à travers des correspondances régulières, a attiré à plusieurs reprises l'attention des instances internationales et en particulier celle de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara occidental. «La protection des habitants du Sahara occidental, qui demeure un territoire non autonome, est une responsabilité qui incombe aux Nations unies. A cet égard, nous attirons votre attention, Monsieur le Secrétaire Général, sur le fait que ses habitants ont grand besoin de votre aide face à une intention préméditée, dévoilée par ce dernier discours du roi du Maroc, de commettre des actes inconscients et irresponsables qui ne porteraient pas seulement atteinte à la liberté, à la sécurité et à l'intégrité des citoyens sahraouis, mais conduiraient également à des conséquences fâcheuses dans toute la région...», a expliqué Mohamed Abdelaziz dans une longue lettre adressée le 8 novembre 2009 au secrétaire général de l'Organisation des Nations unies. Le président de la Rasd venait de réagir au discours prononcé le 6 novembre à Ouarzazate, par Mohammed VI à l'occasion de la célébration du 34e anniversaire de la marche verte. «Le citoyen, ou il est marocain ou il ne l'est pas...ou il est nationaliste ou il est traître.» L'héritier du trône marocain s'adressait aux populations sahraouies qui vivent sous administration marocaine, depuis que les territoires du Sahara occidental sont sous son occupation, après le départ des Espagnols en 1975. Le secrétaire général de l'ONU semble avoir prêté une oreille attentive aux préoccupations du président de la Rasd. «Je vous remercie pour la correspondance que vous m'avez adressée et dans laquelle vous avez attiré l'attention sur les derniers développements au Sahara occidental. Face à ces développements, il devient impérieux d'oeuvrer dans le sens d'un règlement du conflit, c'est pourquoi mon envoyé personnel, M.Christopher Ross, oeuvre activement à trouver une issue sur la base de la décision 1871 du Conseil de sécurité», a écrit Ban Ki-moon dans une missive destinée à Mohamed Abdelaziz et qui a été rapportée par une dépêche de l'agence de presse officielle sahraouie, SPS. La résolution 1871 adoptée par le Conseil de sécurité le 30 avril 2009 appelle le Front Polisario et le Maroc à engager des négociations directes, de bonne foi et sans conditions préalables en vue d'aboutir à un règlement politique mutuellement acceptable à même de garantir le droit au peuple sahraoui à l'autodétermination. Dans la foulée, il fut organisé une première rencontre informelle sous l'arbitrage du successeur de Peter Van Walsum. A la sortie de ce conclave qui s'est tenu près de Vienne en Autriche, qui s'est étalé sur deux jours, du 10 au 11 août 2009, les représentants des deux délégations, marocaine et sahraouie, ont convenu de se retrouver le plus rapidement possible. «Les pourparlers ont eu lieu dans une atmosphère d'engagement sincère, de franchise et de respect mutuel», avait déclaré, visiblement satisfait, Christopher Ross, à l'issue de cette réunion restreinte. Depuis, le ciel s'est assombri et les futures négociations qui s'annoncent n'augurent pas d'une rencontre sous un climat serein. L'affaire des 7 militants sahraouis des droits de l'homme, arrêtés le 8 octobre à l'aéroport de Casablanca après leur retour d'une visite effectuée dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf par les autorités marocaines, et plus récemment l'expulsion de la militante des droits de l'homme, Aminatou Haïder, vers l'île de Lanzarote, archipel des Canaries, après son interpellation à l'aéroport d'El Ayoune, ont compliqué davantage la mission déjà très délicate de l'envoyé spécial de l'Organisation des Nations unies. Et si l'on ajoute à ces deux événements, qui semblent avoir tordu le cou un peu plus à un espoir de paix bien ténu, la sortie pour le moins autant énigmatique qu'inattendue de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui avait déclaré lors de sa visite au Maroc au début du mois de novembre 2009, que la position des Etats-Unis n'avait pas changé par rapport au conflit du Sahara occidental, autant dire que Christopher Ross s'avance en terrain plus que miné.