Après des mois de discussions diplomatiques, les Etats-Unis sont parvenus, cette semaine, à convaincre la Chine et la Russie - en plus de la France et la Grande-Bretagne - de soutenir le projet de résolution. Les efforts récompensés de l'administration Obama qui a obtenu un consensus des membres permanents du Conseil de sécurité pour infliger de nouvelles sanctions à l'Iran pourraient avoir peu d'effet sur la République islamique et ses ambitions nucléaires, selon des analystes. Après des mois de discussions diplomatiques, les Etats-Unis sont parvenus cette semaine à convaincre la Chine et la Russie - en plus de la France et la Grande-Bretagne - de soutenir le projet de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour un quatrième train de sanctions contre l'Iran. Les grandes puissances accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire. Téhéran nie, affirmant ne vouloir développer que sa puissance nucléaire civile. Le compromis trouvé avec les quatre autres pays membres permanents - disposant d'un droit de veto - a été d'autant plus spectaculaire qu'il est intervenu au lendemain de l'annonce d'un accord de Téhéran avec la Turquie et le Brésil pour échanger une partie de son uranium faiblement enrichi en Turquie. Téhéran a menacé samedi de revenir sur cet accord si les grandes puissances ne l'acceptaient pas dans sa totalité. «La bonne nouvelle, c'est que les Etats-Unis et les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité ont finalement réussi à se mettre d'accord sur une résolution», explique Richard Haas, président du Council on Foreign relation (CFR), un centre de réflexion de Washington. «La mauvaise nouvelle, c'est que rien ne montre dans l'histoire récente que des sanctions limitées, comme celles prévues, ont la capacité de détourner les responsables iraniens de leurs objectifs», a-t-il ajouté dans une note publiée sur le site Internet du CFR. M.Haas n'y voit pas pour autant un geste vain. En témoigne selon lui «le fait que l'Iran a passé la plus grande partie de la semaine à tenter de contrer le projet de sanctions en proposant un plan alternatif». «L'Iran ne veut pas voir cette résolution passer», estime le spécialiste. Il confirme ainsi les propos jeudi du secrétaire américain à la Défense, Robert Gates: «si la résolution n'avait vraiment aucun effet sur l'Iran, je ne vois pas pourquoi les Iraniens ont fait tant d'efforts pour empêcher son adoption». Si le nouveau train de sanctions est adopté par le Conseil de sécurité, il ouvrira la voie, selon les analystes, à d'autres mesures de rétorsion, bilatérales celles-ci, de la part des Etats-Unis et de certains pays de l'Union européenne. «Hélas, de telles sanctions risquent de ne pas atteindre leur objectif non plus», estime M.Haas. Pour lui, la communauté internationale va devoir décider si elle préfère vivre avec un Iran doté de l'arme atomique en pratiquant une politique de dissuasion, ou avec Israël ou les Etats-Unis bombardant les sites nucléaires iraniens. A moins, dit-il, que l'Iran ne «change d'avis» ou de gouvernement. «Je ne pense pas que qui que ce soit s'attende à ce que ces sanctions atteignent leur but et que l'Iran accepte des compromis contraignants sur le nucléaire», confirme Karim Sadjadpour, expert à la Carnegie Endowment for international peace, un autre centre de réflexion washingtonien. Pour lui, «ce n'est pas parce que Téhéran ne va pas en ressentir les effets», mais parce que «la République islamique a depuis longtemps montré qu'elle préférait soumettre sa population à la détresse économique plutôt que de faire des compromis sur ses objectifs politiques et idéologiques».