Il est partout. A la télé, au cinéma et au théâtre. Mais sa tête est liée incontestablement à la caméra cachée. A ne citer que «Hakda Wala k'tar» de Belkacem Hadjadj (2005) qui l'inscrira pour toujours dans les annales de ce genre de création, dont est friand le public, d'autant plus durant le mois de Ramadhan. Pour l'heure c'est avec une pièce de théâtre que Mourad Khan revient cette année. Son nom? Miziria à la mode. Mourad Khan n'a pas encore fini de piéger les stars et de nous faire marrer... L'Expression: On vous a remarqué entre autres dans des longs métrages à l'instar de Mascarades de Lyès Salem et récemment dans Hors-la-loi où on vous confine souvent dans les rôles du méchant. Comment expliquez-vous cela? Mourad Khan: Je ne sais pas. Cela incombe au choix du réalisateur. C'est un profil qu'on me donne. Je ne peux pas le refuser avec des cinéastes pareils. Je ne peux pas dire non, fût-il pour un petit rôle. Je ne cesse d'apprendre. Personnellement, il est vrai que j'aime jouer des rôles négatifs. Je n'aime pas le rôle du mou et du gentil. J'aime adopter de vrais rôles de composition. J'apprends plus en interprétant le rôle du méchant. Pourriez-vous nous parler de la direction d'acteur dans les deux films cités ci-dessus? Commençons par Lyès Salem que j'ai connu, ici, lors du casting. Croyez-moi, c'est la première fois de ma vie que je travaille avec un réalisateur, qui est aussi comédien et qui sait diriger un comédien. Parce que la direction d'acteur dans un film c'est important. Sans elle on est fichu. J'ai trouvé que Lyès Salem est un gars extraordinaire. Maintenant, il est en train de préparer son deuxième film long métrage pour 2011 Inchallah. C'est un très bon comédien, très expressif. Il m'a très bien dirigé. Quant à tourner avec Rachid Bouchareb, j'en suis resté bouche bée. Je suis resté douze jours à Tunis. Comment vous dire? Quelle organisation! Cela m'a plu et touché à la fois. Car je me suis demandé: «Pourquoi ne sommes-nous pas capable de faire comme ça?». A moi seul j'avais cinq femmes qui s'occupaient de moi. C'était intimidant à la fin. Une repasse, une deuxième nettoie, une autre qui dépoussière et encore une qui te maquille, etc. Chacune a son travail. Une phrase que Rachid Bouchareb m'a dit et dont je suis fier est: «J'ai découvert un bon comédien algérien.» Dans ce film j'ai donné le meilleur de moi-même... Aujourd'hui, vous revenez aux planches puisque le théâtre c'est aussi votre dada.. Effectivement, j'ai à mon actif plusieurs rôles dans de nombreuses pièces de théâtre. J'ai déjà joué dans la pièce de Mohamed Elyazid, Point d'interrogation, une seconde pièce du théâtre régional de Béjaïa que dirige Hamida Aït El Hadj, Le Fleuve détourné de Rachid Mimouni adapté aux tréteaux par Hamida Aït El Hadj, une troisième pièce Rencontre avec...de la troupe El Afssa qui fut pour moi un échec, et enfin une quatrième... Tous les ans à peu près, je monte sur les planches car le 4e art ça façonne, aussi bien que le cinéma ou la télévision. On apprend beaucoup de choses. Je suis autodidacte donc c'est comme cela que je me forme. J'apprends de la scène y compris d'un réalisateur ne serait-ce qu'un mot en l'espace d'une journée bien remplie. A défaut d'avoir fait une quelconque académie c'est comme cela que je m'instruis. Alors, parlez-nous de cette nouvelle pièce de théâtre que vous donnez ce soir à la salle Ibn Zeydoun, Miziria à la mode... C'est une pièce tragi-comique. Elle est de Sid Ali Bouchafaâ. La réalisation est signée Djamel Guermi. L'interprétation est assurée par Mourad Khan, Louisa Nahar et Djaâfar Mechernan. C'est l'histoire d'une personne aisée qui pense lancer son parti pour arriver au Parlement. Cet homme commence à collecter les voix et à chaque fois qu'il fait le compte il constate qu'il lui en manque encore beaucoup. Il en devient obsédé. A un moment donné, alors qu'il est dehors, toujours noyé dans ses calculs, il rencontre une fille dans un jardin public. Commence alors un affrontement entre les deux. En fait, cette fille correspond à la conscience de cet homme qui commence à prendre de l'altitude et cette fille lui remet les pieds sur terre. C'est une très belle pièce, je l'avoue. Elle a fait l'objet d'une tournée récemment à Oum El Bouaghi, Khenchela, Batna, M'sila, Bordj Bou Arréridj, aujourd'hui Alger et demain Guelma et le 30 août prochain, elle fera l'ouverture de la semaine du monologue à Jijel. Je tiens à préciser que la pièce Miziria à la mode est l'oeuvre de ma compagnie théâtrale, à savoir la compagnie culturelle Ayamalek pour le théâtre et la vidéo et ce, en collaboration avec la direction de la jeunesse et des sports. Je souligne que Aya est le prénom de ma fille et Malek celui du réalisateur Djamel Guermi. On vous a surtout découvert à la télé en tant que spécialiste de la «caméra cachée». Que pensez-vous de celle qui passe actuellement à la télé? Je ne peux pas donner mon opinion, surtout moi! Cette question j'aimerais bien que vous la posiez au public. Quoique je dise, en bien ou en mal, on va me critiquer. Pour moi, c'est une «caméra cachée» ordinaire qui m'a plu. Le dernier mot revient au public, c'est lui le maître à bord. A lui de trancher. Et que pensez-vous du programme de la télé durant ce Ramadhan (Sourire gêné). Ça va, il est bien dans l'ensemble. Je dirais que je pourrais lui donner une note de sept sur dix. Je souhaiterais qu'il y ait plus de productions pour susciter la concurrence et l'émulation. Si on avait plusieurs chaînes, ça aurait été encore meilleur. On croit savoir que vous allez vous remettre de nouveau à la «caméra cachée»? Oui, c'est promis! Officiellement rien n'est encore sûr, mais je vais la faire probablement sur un plan international. On ira à la rencontre de la communauté algérienne installée à l'étranger, notamment la France, la Belgique, l'Espagne, la Hollande. Elle sera destinée aux Algériens. Elle est prévue, si Dieu le veut, pour le Ramadhan 2011. Après le Ramadhan, j'ai justement une réunion de travail avec le producteur de l'émission.