Parmi les 21 courts métrages en compétition, celui projeté samedi matin à la cinémathèque d'Oran étonne et séduit. Il s'agit du film Le Moulin du Libanais Rami Kodeih dont c'est la deuxième participation au Fifao. Bien qu'en apparence, c'est une histoire simple, le second film de notre réalisateur se veut encore puissant du point de vue de la description. La montée psychologique de ces personnages, qui explose à la fin comme un volcan, est des plus palpable. Deux cousins, Ali et Kamal décident de se rendre dans un ancien moulin, dans la splendide région du sud du Liban. Ce voyage s'avère dangereux pour leur moral causant des conséquences fâcheuses. Se retrouver seul face à soi-même fait revivre parfois des souvenirs douloureux. Le Moulin est un film d'ambiance. Peu de paroles, juste quelques phrases aux relents existentialistes ornent le film. Au calme de la nature s'oppose l'envie de meurtre de chacun de nos protagonistes à l'apparence et au tempérament tranquilles et sans histoire. Le film met en exergue les séquelles psychologiques causées à cette nouvelle génération postguerre. «Celle-là est peut-être la pire», dira le réalisateur, Rami Kodeih qui interprète aussi le rôle d'un des deux cousins. Rehaussé de bruitage sonore appréciable, le film dévoile les obsessions de ces jeunes qui se laissent aller à des idées noires qui finissent par les dominer. La sérénité de certaines images contraste avec les désirs lugubres de ces deux personnages. La violence intériorisée finit par réagir et refaire un petit tour à nouveau. Il est trop tard...