Le premier responsable a justifié son report par le refus des occupants à se soumettre à la loi. La rénovation de la ville de Bouira tarde à venir. Prévue depuis 1974, date de la promulgation du statut de wilaya, ce projet bute tantôt sur des entraves techniques, d'un déclassement par rapport à d'autres priorités, au laisser-aller de certains responsables qui se sont succédé à la tête de l'exécutif et d'autres paramètres difficiles à sérier dans le cadre d'un article de presse. Même si le fait a été exploité par certains pour redorer leur image de marque, il reste qu'aucun wali, hormis M.Maâzouz Hocine n'a fait un effort pour éradiquer une bidonvillisation qui n'honore point un chef-lieu de wilaya. En décidant de faire disparaître la cité Aigoune, l'ancien wali, actuellement à Témouchent, a réussi là où personne ne s'est aventuré. Son départ précipité sera fatal au reste de la cité Gouizi puisque la partie prévue ne sera pas démolie. Dans l'unique rencontre de la presse avec le wali actuel, Farssi Abdelkader, le premier responsable, a justifié le report de l'éradication de la cité Gouizi par le refus des occupants de se soumettre à la loi. Contactés, les responsables du comité de ce quartier s'opposent aux dires du wali. Selon eux, il n'est pas question d'aller vers des F2 quand on est plus de 10 personnes d'une même famille. Selon nos interlocuteurs, l'administration propose des F2 sans prendre en compte le nombre d'occupants du logement actuel. Du côté des responsables, le discours est tout autre puisque les F2 sont prévus en complément d'un autre logement plus spacieux! L'autre argument prôné par l'administration concerne le nombre de bénéficiaires qui est en augmentation. Ce fait sous-entend l'arrivée d'autres personnes au dernier moment pour pouvoir bénéficier de logements ! Les habitants de la cité Ouest, Gouizi Saïd, voient là une fuite des responsabilités puisque les listes établies ne contiennent aucun intrus. Le nombre est certes en augmentation par rapport au tout premier recensement puisque des ménages se sont agrandis avec le mariage de leurs enfants. Entre ces deux versions, la réalité est plus complexe. Le chef-lieu de wilaya regorge d'habitations précaires qui ternissent l'image de la ville. Est-il concevable, en 2002 de voir des personnes continuer à recourir aux toilettes publiques pour leurs besoins dans un chef-lieu de wilaya ? Quelle logique peut admettre la coexistence de citoyens avec des rats? Ni les impératifs économiques, ni un quelconque prétexte ne peuvent justifier une telle situation surtout que les quartiers vétustes se trouvent au milieu de zones urbanisées telles que le centre-ville. L'éradication de la cité Gouizi est une nécessité, si l'Etat veut parfaire son image de garant des intérêts des citoyens. La disponibilité des actuels occupants à discuter toutes les possibilités est un facteur positif pouvant résoudre le problème du citoyen mais aussi un moyen pour la commune d'acquérir un portefeuille foncier. Un geste réciproque et le dénouement sera proche.