Deux heures avant le f'tour, nous entamons une patrouille en compagnie du capitaine Aliouat et ses éléments. Deux accidents de la route nous prennent en otage sur la RN 5. Les gendarmes endurent mille et une difficultés pour dégager les gros tonnage qui ont dérapé et fluidifier la circulation. El Adhan brise le silence et des propriétaires de véhicules immatriculés à Tizi Ouzou, coincés dans la longue file, tendent des dattes et du pain aux gendarmes affairés dans les opérations de secours. Ce geste se multiplie dans les deux sens mettant en exergue une amélioration des rapports entre gendarmes et citoyens. 20 heures sonnantes, nous sommes conviés à un dîner chez Azzedine, le chef de brigade de la commune de Beni Amrane situé entre Souk El-Had et Lakhdaria. Apres avoir dégusté le copieux repas concocté à notre intention, nous entamons une patrouille nocturne à travers la région. Le capitaine Aliouat, ne nous quitte pas des yeux. Avant d'embarquer dans le véhicule blindé, il nous tend des gilets pare-balles. Nous apprenons qu'une opération antiterroriste devrait être entreprise vers 3h. Le convoi prend le départ après les ultimes vérifications. Le bruit à l'intérieur du véhicule blindé «Assia» est assourdissant et le capitaine garde l'oeil grand ouvert. Nous effectuons une halte au niveau d'un barrage combiné composé des éléments de l'armée, des gendarmes et des gardes communaux et situé à la sortie est de Si Mustapha plus exactement sur la RN 24 menant vers Zemouri. Nous nous arrêtons à hauteur de moult barrages dressés à des carrefours menant à des zones extrêmement infestées de terroristes telles que Legata, Bordj Menaiel, Bouzegza, Sahel Bouberak et Dellys. Après des échanges de renseignements brefs, nous poursuivons notre patrouille à travers les pistes et routes sinueuses. Le capitaine demeure en contact permanent avec les autres patrouilles. 0h15, nous prenons attache avec les éléments composant le barrage situé au carrefour du Pont Bleu. «R.A.S», lance le brigadier sur les lieux. «L'opération antiterroriste n'aura pas lieu, il faut décrocher», grésille le talkie-walkie. Nous rebroussons chemin avec l'impression d'avoir raté notre reportage. «Tous les accès ont sûrement été piégés», nous révéleront le colonel Abdaoui et le capitaine Aliouat. Vers 3h45, nous regagnons la brigade de Tidjelabine pour prendre un moment de répit. Yazid n'arrive pas à dormir, mais est satisfait d'avoir immortalisé en photo des moments forts durant la patrouille. Le lendemain la patrouille est entamée vers 10h. Lors de cette tournée, les éléments de la gendarmerie ont interpellé diverses personnes impliquées dans des affaires de droits communs. Après une longue virée qui nous mènera sur les hauteurs de Boumerdès, nous sommes invités à dîner chez le chef de brigade de Boumerdès Mahfoud. Nous terminons la soirée par une partie de dominos au foyer des officiers. Nous concédons la victoire aux gendarmes qui, malgré le bon jeu de «mon compagnon Yazid», ont réussi à nous battre. Apres cela, nos confrères, Fayçal et Tarak, nous récupérèrent après les salutations d'usage adressées au colonel Abdaoui et tous les officiers qui le secondent.